Propositions concrètes
Arrivera-t-on, un jour, à régler définitivement la question des ordures dans le District d'Abidjan et celle de l'indiscipline généralisée des Ivoiriens dans le domaine de la propreté ? J'en doute fort. Mais à condition cependant que le système actuel de désignation des maires change. Pour une courte période. Autrement, tant que les maires élus auront en tête de se ménager pour un deuxième, un troisième voire d'autres mandats, rien ne changera et Abidjan sera toujours sale. C'est que, craignant d'être rejetés catégoriquement à la prochaine élection, les élus se croient dans l'obligation de ménager leurs concitoyens-électeurs. De sorte que toutes les dérives sociales ou les déviations sociétales sont pardonnées au détriment des bonnes manières qui fondent la vie en communauté. Pour y mettre fin et donner de l'espoir et de l'espérance aux Ivoiriens, il faut décider (ne sommes-nous pas sous le joug de l'article 48 ?) de surseoir à des élections municipales dans le District d'Abidjan. A la place des municipales, il faut permettre au premier magistrat de ce pays qui sera élu à la présidentielle prochaine, de désigner des Ivoiriens et des Ivoiriennes, honnêtes, travailleurs sur lesquels il ne pèsera aucun soupçon particulier. Il faut leur donner un mandat de deux ans pour nettoyer Abidjan, casser ce qu'il y a à casser, désengorger les caniveaux, libérer les trottoirs, détruire les maquis qui poussent partout sans aucun respect des normes, réglementer leur existence. Ils devront s'attaquer aussi à l'épineuse question des poubelles et des toilettes dont l'absence dans certains endroits encourage en rajoute à la salubrité chronique. Au bout de ces deux ans où ils ont une obligation de résultat, ils rendent le tablier. Abidjan redevenue propre et rangée, des élections municipales pourront être organisées. Les Ivoiriens auront alors les yeux ouverts sur le mandat de chaque maire à qui on remet un quartier flambant neuf. Mais une loi rigide devra les accompagner dans leurs nouveaux mandats pour qu'ils soient limogés s'ils commettent les mêmes fautes. Des amis à qui j'ai évoqué le sujet ont proposé que pendant ces deux ans, les communes d'Abidjan soient confiées à des militaires reconnus pour leur rigueur pour faire ce travail de titan. J'y ai adhéré aussi puisqu'il suffit aujourd'hui de voir la propreté dans laquelle baignent les villes de l'Ouest de la Côte d'Ivoire pour se convaincre de la nécessité des militaires à la tête du District d'Abidjan. Car, dépassés par les événements, les maires ne se retrouvent plus et empoisonnent notre existence. On ne peut plus continuer longtemps de les regarder sans rien faire.Abdoulaye Villard Sanogo
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