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Un père de famille lynché par la foule

Il y avait foule samedi dernier au carrefour Ajavon à Koumassi. Et pour cause, un individu qui passait paisiblement son chemin au bras de ses trois enfants a été pris pour un ‘’coupeur de tête’’. Conséquence, il a été lynché sans ménagement avant que la police ne vole à sa rescousse. Un crime est un crime. Un crime sans sanction judiciaire est un crime doublement commis. Et la victime l’aura doublement subi aussi. C’est pourquoi, après l’assassinat du petit Kondé Oumar à Koumassi Nord-Est, jeudi dernier, la police est à pied d’œuvre pour retrouver ceux qui lui ont ôté la vie d’une façon aussi cruelle. En attendant des résultats, la population, elle de son côté, est sur le qui-vive en ayant l’œil sur tout mouvement suspect. C’est dans cette disposition d’esprit qu’un honnête citoyen qui passait son chemin, samedi avec ses enfants, a failli payer de sa vie. Il a été lynché par une foule en furie qui l’a considéré comme étant un voleur d’enfant. Avec le corps lacéré comme une proie sortie des griffes d’une bête fauve, Serges Gnaoré (puisque c’est de lui qu’il s’agit), s’est rendu hier à notre Rédaction pour nous confier sa misère. ‘’Très tôt ce samedi vers 9 heures, j’ai quitté mon quartier de SICOGI pour rendre visite à ma cousine répondant au nom de Bakéï au quartier Bia-Sud. Son fils David, âgé seulement de deux ans et un autre enfant d’une amie à ma cousine, ont voulu voir mon fils Christian (1an 6 mois) qui est leur ami. J’ai pris un taxi et tous trois nous avons embarqué pour le carrefour Ajavon. De là, nous nous sommes rendus, à pied, au grand marché de Koumassi où mon fils se trouve avec sa tante vendeuse. A quatre, nous avions amorcé le chemin du retour à la maison quand une fille que je ne connais jusque-là ni d’Adam, ni d’Eve, a surgi pour donner l’alerte en disant que je venais de voler ces enfants pour les sacrifier. Les badauds ne se sont pas fait prier pour se ruer sur moi comme un essaim d’abeilles pour me lyncher jusqu’à perdre connaissance. Quand j’ai émergé du coma, j’étais tout nu dans la cour de mes beaux parents à Bia-Sud. Après coup, des éléments de la CRS sont venus me chercher pour me déposer au commissariat du 6ème arrondissement de police’’, a raconté la victime qui a affirmé avoir eu la vie sauve que par le coma dans lequel il a été abandonné. Ces bourreaux ayant considéré qu’il était bien mort. Il faut noter que le commissariat du 6ème arrondissement dans lequel Serges Gnaoré a été déposé par la CRS a, ensuite, été assailli pendant plusieurs heures par la population lorsque la rumeur publique a laissé circuler que l’assassin du petit Kondo Oumar venait d’être mis aux arrêts par la police. Les policiers ont dû user de stratégie pour persuader la foule de curieux qu’il n’en était rien. Pour ce grand tort qui a failli lui coûter la vie, Serges Gnaoré a pris la loi à témoin en portant plainte contre x.
S: L'inter

30.10.2007. 12:46

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