Soro a réussi (?) là où Gbagbo a échoué
"J'étais venu pour dissoudre le gouvernement cet après-midi, mais c'est le Premier ministre Soro qui m'en a dissuadé ", tels auraient été les premiers mots du Chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, en prenant place, hier(ndlr 20.07.08) dans la salle de réunion du Conseil des ministres au palais de la Présidence. Les Ivoiriens savent pourquoi un conseil des ministres extraordinaire s'est tenu ce dimanche 20 juillet 2008 sous la présence effective du Président Laurent Gbagbo. En effet, suite à une augmentation vertigineuse des coûts du carburant, plus de 44% pour le gasoil qui passait de 555f à 785f, des transporteurs et des associations de consommateurs d'abord, dès le lundi 14 juillet 2008, à qui la centrale des travailleurs UGTCI emboîte le pas à partir du jeudi 17 juillet, marquent leur désapprobation en cessant toute activité professionnelle. Un comité interministériel composé des ministres FPI, PDCI et RDR était chargé d'instruire le gouvernement sur les mesures pour juguler la crise. A ce Conseil des ministres, il semble que le chef de l'Etat a fait l'aveu de n'être pas au courant des mesures qui font tant de remous dans la société ivoirienne. Du moins le comité interministériel n'a pas daigné associer ou informer consommateurs et travailleurs aux prises de ces décisions "indistinctes, cruelles et impopulaires". Peut-on apporter du crédit à ce qu'un Président de la République soit surpris par une décision de portée nationale et d'une si grande importance ? En tout état de cause, en quoi la dissolution du gouvernement liée à la cherté de la vie peut-elle résoudre maintenant les problèmes auxquels les Ivoiriens sont confrontés ? Tout porte à croire que les raisons de cette dissolution sont bien ailleurs. Il nous revient de manière insistante que le comité central du FPI s'est réuni samedi nuit au domicile d’Affi à la Riviera pour analyser la situation sociopolitique à l'associant au processus de sortie de crise selon les Accords politiques de Ouagadougou. Le comité central du FPI, au cours de cette séance, aurait suggéré au chef de l'Etat la dissolution du gouvernement avec pour conséquence immédiate, la remise en cause du processus de sortie de crise. Ainsi donc, la tenue des élections en fin novembre 2008 sera-t-elle hypothéquée. Chose curieuse, un membre influent du RHDP, pas un des moindres et grand allié du PDCI-RDA se serait aligné sur la position du FPI pour la dissolution du gouvernement et, plus grave, pour la non tenue des élections en novembre 2008. Alors que, selon les informations qui nous parviennent, toutes les valises de la SAGEM sont prêtes à être embarquées sur l'avion pour les élections que tous les Ivoiriens appellent de leurs vœux depuis octobre 2005. Devant l'attitude du FPI, et surtout de ce parti non négligeable, de profiter de la détresse des Ivoiriens pour procéder à la dissolution du gouvernement, ce qui nous entraînerait vers le report sine die des élections, il y a lieu de poser les problèmes et de les analyser avec sérénité. Au prime abord, il nous parvient que la communauté internationale s'oppose à tout report des élections présidentielles fixées au 30 novembre 2008. La survie de notre patrie passe par ce processus électoral, sinon ce serait le chaos total. Un second point qui est à souligner est que Gbagbo Laurent vient d'échouer là où le Premier ministre réussit un grand coup. En s'opposant à ce que le retour à la normalité soit troublé par une dissolution quelconque, Soro Guillaume démontre à souhait qu'il a une haute conscience de la mission qui lui a été assignée à Ouagadougou. Au demeurant, il aura réussi à déjouer tous les traquenards du Chef de l'Etat qui voulait placer son porte-parole et Désiré Tagro au cœur des négociations avec les associations. Il n'est pas hasardeux d'affirmer que si la latitude avait été laissée à Tagro Désiré de négocier avec les travailleurs de l'UGTCI et autres transporteurs et consommateurs jusqu'au bout, on aurait eu des troubles qui engendreraient des obstacles à la tenue des élections. C'est ici que reviennent des questionnements fondamentaux : qui a intérêt à ce qu'il y ait dissolution du gouvernement qui, il faut le souligner, ne résout en rien le problème de la hausse astronomique des prix du carburant? -Qui a intérêt à ce qu'il y ait des troubles qui déboucheraient, par exemple, sur un coup d'Etat, synonyme de chaos et qui verrait à coup sûr la remise en cause des acquis actuels ? -Qui n'est pas prêt et à qui profite le report des élections ? -Pour notre part, nous croyons que tous les Ivoiriens, dans un même élan de sauvegarde de leur pays, doivent s'en tenir à ce qu'a dit le Premier ministre Guillaume Soro après le conseil des ministres extraordinaire du dimanche 20 juillet 2008, à savoir que rien, alors rien du tout, ne doit venir troubler la normalité actuelle qui doit conduire la Côte d'Ivoire aux élections de novembre 2008, consacrant ainsi la fin d'une crise qui n'aura que trop duré. A demain si Dieu le veut !Au café du Réveil Par Denis Kah Zion -
22.07.2008. 01:33









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