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Wodié répond à Gbagbo « L’Etat doit réduire son train de vie »

Le Parti ivoirien des travailleurs (Pit) a apporté son soutien aux femmes de Côte d’Ivoire qui sont descendues dans la rue il y a une dizaine de jours pour dénoncer la flambée des prix des denrées de première nécessité. Cette motion de soutien a été prononcée par le président de ce parti, au cours de la conférence de presse marquant le 18ème anniversaire du Pit, qu’il a animée à l’Hôtel du district au Plateau hier. « Le Pit dit très clairement, ici, sa solidarité avec les manifestants dont il soutient les revendications légitimes, salue la mémoire des deux victimes et s’associe à la douleur des familles, rappelle que la solution n’a jamais été dans la répression mais dans la concertation que le Pit n’a pas cessé de proposer à la Côte d’Ivoire », soutiendra-t-il. C’est un Wodié relaxe, vêtu d’un costume sombre assorti d’une paire de lunette fumée, qui a dépeint sans sourciller le sombre tableau économique qu’affiche la Côte d’Ivoire, depuis peu, marqué par l’appauvrissement généralisé des couches socioprofessionnelles, une situation d’impunité généralisée avec son corollaire c’est-à-dire le développement des économies parallèles tant en zone centre, nord, ouest qu’en zone gouvernementale. Le conférencier s’est également préoccupé de voir les forces de l’ordre en rajouter à la misère des Ivoiriens, en se détournant de leur mission qui est d’assurer la sécurité des personnes et des biens, par des actes d’indiscipline. Le président Francis Vangah Wodié sur un ton tantôt magistral tantôt badin, s’est offusqué de l’impuissance affichée par le chef de l’Etat face à l’inflation généralisée qui s’est emparée du pays, là où la population attend des actions concrètes. « Nous n’avons plus de solution face à une telle situation, s’entend-on dire (...) Certes le gouvernement vient de prendre des mesures pour agir sur les taxes (...). Le Pit note que les actions ponctuelles et limitées dans le temps (3 mois) ne peuvent régler, définitivement et durablement, les problèmes graves auxquels les Ivoiriens sont quotidiennement confrontés ». Pour le professeur Wodié, l’Etat doit jouer son rôle régalien de régulateur de l‘économie. Autrement dit, « L’Etat doit veiller au bon fonctionnement de l’économie nationale, c’est-à-dire veiller à une meilleure répartition de la production sur le territoire national. L’Etat le peut, l’Etat le doit, en réduisant son train de vie, en sortant des pratiques claniques et familiales », a martelé le conférencier. Abordant le chapitre de la politique nationale, le défenseur de la troisième voie, a ironisé que depuis 2002 à 2007, quelque 11 accords-principaux ou complémentaires ont été conclus, soit un accord et demi par an. Or , note-il, « la situation pour s’être améliorée quelque peu, n’a pas fondamentalement changé, et les élections prévues pour se dérouler en 2005 n’ont jamais pu être organisées, reportées en 2005, en 2006, en 2007, et le doute demeure sur l’organisation des élections en 2008 ». C’est donc dans cette ambiance où les rivalités préélectorales font le lit à la suspicion et à la mauvaise foi que le Pit a décidé de rompre le silence pour exprimer ses inquiétudes. Cela d’autant plus que « ceux-là mêmes qui sont chargés d’appliquer cet accord politique de Ouagadougou, posent souvent des actes qui sont loin de ramener la paix ; personne n’a confiance en personne ». Wodié est d’autant plus inquiet que, « alors qu’on n’arrive pas à installer et faire fonctionner les administrations qui existent, de nouvelles entités sont créées, des dizaines de départements et des centaines de sous-préfectures et communes ». Déroulant son chapelet de récriminations, le leader du Pit a mis en garde contre une instrumentalisation de la Cei, qui a outrepassé sa mission première à savoir garantir la bonne organisation des élections, en élaborant de façon unilatérale et en faisant adopter par le gouvernement une ordonnance portant modification du Code électoral sans associer les autres acteurs politiques. Le Pit par la voix de son premier responsable, s’est aussi levé contre certaines campagnes propagandistes qui ont cours au moment où les préalables pour aller aux élections n’ont tous pas été levés, c’est-à-dire les questions relatives au recensement électoral, à l’identification, au désarmement etc. « Le Pit invite à décréter, en ce moment un embargo sur toutes les activités et manifestations de propagande électorale, avant terme, en interdisant dans cette période, aux médias de les couvrir, afin de ne pas détourner les efforts nécessaires du processus (...) ». Sous les ovations de la jeunesse militante qui a ponctué quelquefois ses interventions par des ovations, Wodié a encore une fois opté par l’organisation d’un dialogue national. Il a préconisé qu’à cette occasion, soient jetées les bases de la nouvelle Côte d’Ivoire, la Troisième République. Tout en rappelant que son parti a proposé octobre 2008 pour l’organisation des élections générales, Wodié a suggéré que les élections présidentielles soient jumelés aux législatives pour faire encore une fois barrage à la fraude rampante.
Soir info

09.04.2008. 03:45

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