Accord de Ouaga présidentielle : Les réserves de Wodié
Le président du parti Ivoirien des travailleurs s’est prononcé sur le prossessus de paix au terme de la réunion du comité central... Ivoiriennes, Ivoiriens, responsables politiques, membres de la société civile, opérateurs économiques, la concertation nationale élargie ou le dialogue national reste le chemin court et le plus sûr pour aller à une paix durable en toute confiance. C’est ce que tous les Ivoiriens attendent depuis longtemps». Cette idée, défendue depuis l’instauration du multipartisme en 1990, par le Parti ivoirien des travailleurs (Pit), a été réitérée, hier, par son président, Pr Francis Wodié. C’était au terme de la réunion du comité central du parti qu’il a présidée, à l’hôtel du district d’Abidjan Plateau. Cette sortie vise, selon lui, à rompre le silence, parce que la situation est d’une extrême gravité et inspire de réelles inquiétudes. Et le moment n’est pas fortuit. Il coïncide avec la date initialement définie pour la tenue de l’élection présidentielle, c’est-à -dire le 30 novembre 2008. Le président Wodié se dit d’autant plus choqué qu’aucun signataire de l’Accord politique de Ouagadougou ou membre du Cadre permanent de concertation ne dit mot. Pire, les principaux sujets que cet accord était censé régler ne l’ont pas été et nul ne sait quand aura lieu, en définitive, la présidentielle et qui en décidera : le Chef de l’Etat seul, après proposition de la Commission électorale indépendante, ou avec tout le monde ? Ces sujets sont l’identification générale des populations et du recensement électoral, la préparation des élections, les questions militaires, l’unicité des caisses de l’Etat. Autant de problèmes qui font subsister l’idée d’un pays encore divisé en deux. Le président du Pit en déduit donc un échec de l’Accord politique et donne un délai précis à l’exécutif. «Le Pit souligne que nous devons agir ensemble. Il nous revient de gérer, en toute responsabilité, et le présent et l’avenir. Le Pit a proposé qu’un délai de 4 mois soit accordé à l’actuelle équipe dirigeante pour organiser la prochaine élection présidentielle. C’est un dernier sursis. Si, au terme de ce délai, l’élection présidentielle ne se tient pas, il ne faut pas continuer à tergiverser ; nous devons sortir résolument de l’impasse dans laquelle nous a entraînés le dialogue direct-indirect. L’Accord politique de Ouagadougou doit être considéré comme une étape qui a atteint ses limites. On peut même parler d’échec», a-t-il déclaré. Avant ces quatre mois, devrait se tenir, en trois semaines au plus, la concertation nationale pour régler tous les problèmes auxquels sont confrontés les Ivoiriens. Tant au plan politique, social, que économique…Il estime que, aujourd’hui, personne ne fait confiance à l’autre car chacun pense que seules ses idées sont les meilleures, sans compter les calculs politiques que font certains. Pour qui «l’organisation des élections est un risque parce qu’ils ne sont pas certains de les remporter». Et puisqu’ils profitent de la crise actuelle, ils ont intérêt à ce que le statu quo perdure. C’est donc une opportunité, selon lui, de ramener la confiance, de «combattre le mensonge» (faisant allusion aux propos du Chef de l’Etat). Interrogé sur ce qu’il propose au cas où il n’y aurait pas d’élection en fin mars, il a affirmé qu’il aurait utilisé la force, s’il en avait les moyens, mais son véritable et unique remède reste la concertation. Toutefois, il a averti que «les rébellions et les soulèvements» qui ont cours sont souvent la conséquence d’une méprise des dirigeants vis-à -vis d’idées nobles. Aussi, son souhait serait que les uns et les autres en prennent conscience pour ne pas que le pays ait à regretter d’autres mésaventures comme la guerre. Francis Wodié qui a exhorté la presse à œuvrer en vue de convaincre les populations à adhérer à son idée, a indiqué les démarches engagées. Notamment les échanges qu’il a eus avec le Premier ministre Guillaume Soro qui, a-t-il dit, y a accordé un intérêt réel, avec la direction du Rdr et de l’Udpci. Mais aussi avec la société civile déjà très engagée à travers la Convention de la société civile, les religieux…Une démarche que le parti entend poursuivre. En réaction à la réticence du Chef de l’Etat Laurent Gbagbo qui garde encore en mémoire l’échec du Forum pour la réconciliation nationale qu’il a organisé en 2001 et qui n’a pas empêché la guerre, le conférencier a expliqué que cet échec était dû au fait que «les gens avaient parlé mais qu’ils ne s’étaient pas parlé». Or, dans la concertation nationale qu’il réclame, il s’agit de permettre aux Ivoiriens, dans leur diversité et leur représentativité, de se parler et de mettre en commun leurs idées et solutions pour une sortie de crise définitive. Sans recourir à l’aide extérieure. C’est à partir de là , selon lui, que l’on décidera si l’équipe actuelle, le duo Gbagbo- Soro, peut continuer ou arrêter et dans quel délai. Les échanges entre le président du Pit et la presse se sont déroulés en présence du comité central.Paulin N. Zobo
01.12.2008. 09:40
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