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Adjamé: Un sergent-chef des Fanci abattu dans son appartement

Abidjan, malgré des discours rassurant de certaines autorités, fait peur. Les scélérats « déversent » le malheur un peu partout. Ils sont inarrêtables. Les populations au quotidien, sont astreintes à subir la loi des malfaiteurs. Mais ces temps-ci, il y a vraiment de quoi désespérer, s’il se trouve que ceux-mêmes chargés de veiller sur notre sécurité, constituent les victimes de cette grande criminalité. C’est qu’en ces moments-ci, un mystérieux commando semble s’être donné la triste mission de semer le désarroi dans les rangs des forces de l’ordre. Précisément, au sein de l’Armée. Ce commando pénètre les domiciles des militaires, les tue et disparaît tranquillement. Cela s’est produit dans la nuit du jeudi dernier 11 décembre, dans la commune d’Adjamé. Précisément, à la « Cité Akan », essentiellement habitée par des éléments des forces de l’ordre, dans le grand périmètre dit « Cité Ran ». Et la grosse victime, est le sergent-chef Téhourou Gauzé Roger, en fonction au service « Fourrier », département s’occupant essentiellement des tenues vestimentaires des éléments des Fanci. De fait, selon les informations reçues, la nuit des faits, le militaire après une journée de travail bien remplie, regagne la cité où il réside à Adjamé. Il est environ 19h. Après s’être changé chez lui dans l’appartement 194, au 1er étage du bâtiment F, l’homme juge utile d’aller prendre un petit pot, dans le maquis situé juste à une cinquantaine de mètres de son domicile. C’est pour décompresser, et cela lui ferait un peu de bien. Mais nos sources notent que la tranquillité recherchée par le militaire, n’est pas du tout de mise. Aux alentours de 20h en effet, son cellulaire crépite. Au bout du fil, un interlocuteur anonyme qui demande à le rencontrer. Toujours à en croire les renseignements, l’interlocuteur « sans visage » persiste. Mais à chaque fois, le sergent-chef agacé, raccroche. Quelques minutes plus tard, il quitte le maquis pour son domicile où l’attendent son fils de 7 ans et son neveu Olivier. Et du fait de la chaleur, l’homme qui veut bénéficier d’un peu d’air frais, prend un petit matelas qu’il installe à son balcon. Là, il s’étend. Son téléphone sonne de nouveau. Le même interlocuteur inconnu. « Je ne vous connais pas et je ne sais pas de quoi vous parlez. Et je ne sortirais pas de chez moi ! », avance-t-il en colère. Cinq minutes seulement plus tard, des individus au nombre de trois, pénètrent l’appartement du militaire. A la vue du neveu dans la cuisine qui donne directement sur le salon, l’un des inconnus lance : « Ce n’est pas lui ! ». Aussitôt après, les quidams se dirigent au balcon, où ils trouvent l’élément des Fanci étendu sur le matelas. L’un d’eux sort alors un pistolet. Mais Téhourou Gauzé ne se laisse pas intimider par les intrus. Le courage et l’orgueil aidant, il se jette sur le bandit pointant l’arme à feu sur lui. Il s’engage une lutte. Le troisième criminel se tenant un peu en retrait pour assurer la couverture de ses comparses, lance cette terrible injonction à son acolyte qui assiste à la lutte dans laquelle, leur collègue est en difficulté. « Faut l’abattre ! ».

Règlement de comptes ?

L’autre n’hésite plus. Il fait feu. Le militaire atteint au cou, lâche prise et s’écroule. Les malfaiteurs à ce moment là, ne font plus rien d’autre. Ils quittent les lieux et disparaissent tranquillement. L’air d’avoir accompli une mission. Là, le pauvre neveu se met à hurler : « Au secours, on a tiré sur mon oncle ! ». Le fils du militaire, qui malgré son jeune âge comprend un peu ce qui se passe, se penche sur son géniteur mal en point, en sang. Et en pleurs, il lâche : « Papa ! Papa ! ». Les collègues et voisins de Téhourou Gauzé à cet instant précis, accourent. Eux assimilaient le coup de feu de l’instant, à un simple pétard. Vite, le blessé est embarqué à bord d’un véhicule qui prend la direction de la Polyclinique des 2 Plateaux. Mais hélas, en chemin, le sergent-chef rend son dernier soupir. Le véhicule le transportant, abandonne donc le chemin conduisant au centre hospitalier et s’ébranle plutôt en direction de la morgue de l’Hôpital militaire d’Abobo (HMA) où le corps sans vie, est conservé. Une triste nouvelle pour son garçonnet, qui vautré dans un coin de la maison, le menton calé entre les genoux, s’interroge certainement sur ce qu’il adviendra de lui désormais, sans son bien aimé géniteur. En tout cas, ce drame lui, est assimilé pour beaucoup, à un règlement de comptes. Avons-nous affaire à des individus qui veulent régler leurs comptes à des éléments des Fanci ? En tout cas, cette réflexion mérite d’être faite. Vu que dans la nuit du jeudi 4 décembre dernier, une scène similaire s’était déjà produite à Yopougon-nouveau quartier. Des quidams au nombre de trois, comme chez Téhourou Gauzé, s’étaient introduits au domicile du sergent Allou Koffi Germain, infirmier au bataillon du Génie. Ils l’ont abattu à coups de pistolet, avant de se retirer sans rien voler ( Cf Soir Info du samedi 6 au lundi 8 décembre 2008). Vivement qu’une enquête pointilleuse soit menée, pour permettre de cerner les contours de ces crimes qui semblent loin d’être innocents.

Ahou Nazaire KIKIE

17.12.2008. 05:13

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