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Crise Ivoirienne/ La question du désarmement resurgit

Doit-on aller aux élections avec ou sans le désarmement ? Peut-on se permettre d’aller aux élections sans désarment ? Voilà deux questions majeures qui circulent sur les lèvres des Ivoiriens, depuis la dernière attaque de Séguéla. Ce, d’autant plus que cette incursion « d’assaillants » vient montrer la friabilité du processus de réunifications du pays. Les Accords de Ouagadougou, qui mettent un point d’honneur sur la question du désarmement, condition sine qua none d’une unité retrouvée en Côte d’Ivoire, semblent pour l’instant, n’avoir pas donné de signes satisfaisants. Sauf quelques cérémonies solennelles de brûlure d’armes, jugées par une bonne frange de la population de poudre aux yeux du peuple. Aujourd’hui, plus que jamais, la question du désarmement des troupes en armes, de façon illégale, s’impose. Au sud, contre vents et marées, le Général Philippe Mangou, semble assainir le milieu, en démantelant les milices. S’il est vrai que plusieurs groupes d’auto-défense et des milices sont encore en possession d’armes, il est heureux de savoir que le processus de démantèlement de leurs bases, ainsi que leur désarmement est irreversible.La télévision ivoirienne relaie des communiqués, à cet effet. Si la dynamique enclenchée, depuis quelques semaines est maintenue, l’on devrait aboutir, à un démantèlement et un désarmement des troupes irrégulièrement constituées, au sud du pays, avant la fin du premier trimestre 2009. Un fait encourageant, pour la pacification du pays. S’il est une zone où l’instabilité risque de gangréner le processus de paix en cours, c’est bien celle sous contrôle des Forces Armées des Forces Nouvelles (Fafn).Etablie sur plus de la moitié du territoire, du Nord à l’ouest, en passant par le centre, cette armée a perdu de sa superbe et est déliquescence. A l’instar de la grande entité que sont les Forces Nouvelles. L’embourgeoisement des responsables, la lassitude de vivre une situation de ni paix et ni guerre, la guerre des clans et des chefs, l’amenuisement des sources de financement, l’incertitude du lendemain, et enfin la non atteinte des objectifs de départ ont fini par diviser profondément les uns et les autres, au niveau des Forces Nouvelles. Les uns, toujours partisans d’une solution militaire pour « chasser » Gbagbo du pouvoir, et les autres convaincus que l’issue de la crise passe par le processus actuel. Cette guerre « d’idéologies », a fini par faire des zones Forces Nouvelles, une sorte de pétaudière. Où il n’y a ni ordre, ni chef. Difficile à ce jour de dire que Guillaume Soro a une emprise totale sur ses hommes au point d’être maitre d’un quelconque processus de désarmement. Ce qui fait qu’en attendant cette étape cruciale, des clans s’affrontent pour contrôler certaines zones. Or, le désarmement s’avère aujourd’hui comme une nécessité absolue pour mettre tout le monde en confiance, et aller à des élections sans peur, ni crainte de réentendre le crépitement des armes. Si le désarmement continue d’être marginalisé, il va sans dire que la Côte d’Ivoire n’est pas à l’abri de toute surprise désagréable. Toute chose qui pourrait en 2009, plomber le processus de paix, puisqu’indubitablement, certains hommes politiques exigeront le désarmement avant toutes sortes d’élections.

V .B

27.11.2008. 08:05

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