Côte d’Ivoire, 2009 sera aussi économique
La sortie définitive de la crise militaro-politique, objectif majeur pour la Côte d’Ivoire en 2009, n’aura pas qu’une saveur politique, elle sera aussi économique ; il faut créer les conditions d’une reprise rapide.Si la tenue des élections générales focalisera l’attention au cours des douze prochains mois, elle ne sera pas la seule. Tout aussi importants que ce challenge politique seront les efforts pour donner de la consistance au relatif frémissement de l’économie. Et pour cause, comme on le reconnaît au Ministère de l’économie et des finances, « la croissance économique enregistrée durant quatre années consécutives, depuis 2005, reste à un niveau faible et largement insuffisant pour amorcer la lutte contre la pauvreté ». La crise, en sept ans, a creusé ses gouffres financiers et ses misères sociales. Il faut y faire face… concomitamment. Et les autorités ivoiriennes ont opté stratégiquement pour un couplage du programme politique de sortie de crise avec la réalisation d’un ensemble de réformes dans le cadre d’un programme d’assistance d’urgence post-conflit. Elles visent ainsi la création des conditions d’une reprise économique rapide de leur pays, avec pour prime une réchauffe de l’investissement.
Lourd fardeau
A l’échelle de l’Etat, l’ensemble des efforts convergeront vers un but ultime : conclure avec la communauté financière, menée par les institutions de Bretton Woods, le programme économique et financier soutenu par la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC). En jeu étant le recouvrement, à terme, d’une formidable capacité d’investissement public après que le très lourd fardeau de sa dette a été délesté substantiellement (entre 60 et 80% de son poids) dans le cadre de l’initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE).
Investissements
En attendant, le pays ne manque pas d’ambition. Notamment dans le secteur des mines et de l’énergie où il entend, plus que jamais, tenir un rang à la hauteur de ses potentialités. 2009 s’annonce une année d’investissement dans ces secteurs. Les entreprises sont déjà à pied d’œuvre, à cet effet. La Société nationale d’opérations pétrolières, la Petroci et la Société ivoirienne de raffinage (SIR) sont déjà engagées dans de grosses œuvres : la construction d’un oléoduc reliant Abidjan à Bouaké via Yamoussoukro, la construction d’une seconde raffinerie d’une capacité de 60 000 barils par jour, le développement de l’activité de distribution de produits pétroliers de laquelle tendent à se retirer progressivement les majors du secteur. Dans l’électricité, où l’exportation de cette ressource énergétique a rapporté au pays plus de 30 milliards de FCFA en 2007, l’heure est également à l’accroissement des capacités productives sous l’égide du groupe Bouygues et de la nouvelle venue Energie électrique ivoirienne (EEI), à capitaux majoritairement libyens.
Développement du secteur bancaire
Le secteur financier ne sera pas en reste. Non seulement divers fonds de capital investissement en constitution par, entre autres sociétés, Phoenix Capital Managment (PCM), Succes group… entreront en activité. Mais de grands groupes d’investisseurs extérieurs, tels que l’Agence française de développement (AFD), reviennent progressivement sur les bords de la lagune Ebrié. Une situation qui n’est pas sans donner de l’espoir au milieu d’affaires « d’accéder à des ressources longues à des taux modérés pour reconstituer l’outil de production, mettre à niveau nos entreprises, reconquérir des marchés perdus… »
Au niveau des établissements bancaires, comme 2008, 2009 sera rythmée par les renforcements de réseau d’agences. La Banque nationale d’investissement (BNI) vient d’ouvrir onze nouvelles agences, emboîtant le pas aux groupes Banque Atlantique, Ecobank, Société Générale. Et il est attendu des Nigérianes UBA et Access Bank qu’elles déploient véritablement leur arsenal de services divers. Des perspectives qui font espérer un niveau d’investissement nettement supérieur au 8,7% du PIB en 2007, trop faible pour impulser la dynamique de croissance économique, créatrice d’emplois et de bien-être, qui reste l’objectif du gouvernement pour 2009.
lesafriques
09.01.2009. 10:08
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