En prélude à l’élection présidentielle/ Le RDR à l’épreuve du bon ton
Il est vrai que la campagne présidentielle n’est pas encore déclarée, surtout qu’on ne connait même pas encore la date de sa tenue, mais c’est déjà la veillée d’armes dans les différents états majors des formations politiques les plus representatives. Ainsi, donc, aucune occasion pour capter l’attention de l’ensemble de l’électorat n’est négligée. Si ce ne sont pas les différents lieutenants des candidats déjà déclarés qui s’expriment, ce sont les trois ténors (Gbagbo, Bédié , Ouattara) qui, eux –mêmes donnent leur position sur la vie de la nation. Le constat que l’on a pu faire depuis peu, est la constance du Rassemblement des Républicains (Rdr) dans son style modéré , et élégant vis-à -vis de l’ensemble de la classe politique, singulièrement à l’endroit de Laurent Gbagbo. Une rupture d’avec le style guerrier et presque anarchiste auquel le parti fondé par Feu Djéni Kobina nous avait habitués. Il est clair que cette nouvelle attitude n’est pas fortuite, elle découle d’une stratégie plus attrayante pour se faire une belle et nouvelle image au sein de l’opinion nationale. Dont une bonne partie de sa composante appréhende bien souvent sous des prismes déformants le parti installé à la Rue Lepic.Pour l’instant, cette stratégie, qui est le mot d’ordre du parti jusqu’à la fin des élections semble payer. De nouvelles adhésions, dont la plus récente et la plus fracassante est celle de Joël N’Guessan, ex N°2 du MFA viennent d’être enregistrées. En se gardant d’attaquer frontalement Laurent Gbagbo, comme le fait Henry Konan Bédié , Allassane Ouattara et les siens évitent de s’attaquer à l’adversaire le plus redoutable , en termes d’arguments et de moyens. Le faisant, le Front Populaire Ivoirien (FPI) le lui rend bien, car jusque là , en dépit des discours de pré -campagne, rien de fâcheux n’est encore venu pourrir les rapports entre les deux partis. Pour beaucoup de personnes, ce « deal » entre Gbagbo et Ouattara a été noué à l’issue d’une rencontre à huis clos entre les deux hommes , au Palais présidentiel en Juillet 2008.Au cours de cette rencontre, on se le rappelle, dont rien n’a filtré pour la presse, sauf qu’elle était censée être « des retrouvailles entre deux frères », les deux hommes se sont parlé et se sont fait des promesses réciproques dans le sens d’un jeu politique correct. Pour l’instant, le pacte tient bon et les deux hommes se livrent un combat politique sain. Puisque ce ne sont pas les occasions qui ont manqué pour qu’ils se pourfendent verbalement. Au plus fort des troubles sociaux en juillet 2008, Allassane Ouattara a apporté un soutien de poids à Laurent Gbagbo, en affirmant que « l’Etat de Côte d’Ivoire n’y était pour rien dans la survenue de la hausse des cours du pétrole ».Plus récemment, lors d’une interview accordée à notre confrère « Jeune Afrique », il a évité , comme l’y ont poussé insidieusement les journalistes de dénigrer le pouvoir de Gbagbo.Se contentant de lancer aux journalistes que « Laurent Gbagbo est le président de la République, et en tant que tel , je lui dois du respect ».Cette attitude qui ne passe pas inaperçue, pourrait, non seulement , bien conforter le gentlemen-agrement entre les deux hommes politiques , mais surtout amener au Rdr de nombreux ivoiriens , qui n’attendaient que de voir ce parti être plus modéré et loin des carcans tribaux. Si l’on peut se réjouir fortement de ce bon ton du Rdr, il est cependant bon de se demander jusqu’à quand cela continuera, surtout que pendant la véritable campagne électorale, les philippiques et attaques de toutes sortes fuseront de toutes parts. Attendons de voir.Vincent BOTY
17.11.2008. 05:15
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