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Guillaume Soro au cours d’une conférence de presse à Paris : “Le débat sur le désarmement avant les élections est dépassé ”

En visite privée en France depuis quelques jours, le Premier ministre Guillaume Soro a profité d’une rencontre à Paris hier en fin d’après midi, avec le sous-secrétaire général des Nations unies, Edmond Mulet, pour s’entretenir avec la presse.

Devant un parterre de journalistes réunis dans l’enceinte de l’ambassade de Côte d’Ivoire à Paris, Guillaume Soro a largement fait le tour de l’actualité ivoirienne. Ce sont surtout les questions relatives au désarment, à l’enrôlement et à la tenue des élections qui ont été l’objet de larges commentaires. Sur la polémique suscitée par les multiples reports de l’élection présidentielle, Guillaume Soro a réaffirmé sa volonté de voir le scrutin se tenir en fin au cours de l’année 2009. Comme l’a souhaité encore récemment l’Organisation des Nations unies (ONU). Toutefois, il a indiqué que la date précise ne sera fixée que sur proposition de la Commission électorale indépendante (CEI), une instance autonome, dirigée par Robert Beugré Mambé et validée par le gouvernement. Pour lui, le plus important est de ne pas bâcler le processus en cours en donnant dans la précipitation. Dans ses explications, l’hôte de l’ambassadeur Pierre Kipré s’est montré gêné par ces reports successifs qu’il justifie par l’ampleur de la tâche à réaliser. « S’il s’agissait de faire dans la facilité, on aurait pu dans ce cas prendre les listings de l’année 2000, faire les modifications qui s’imposent et y ajouter les jeunes qui auront atteint l’âge de vote cette année. Mais on a voulu aller plus loin en procédant à une véritable opération d’identification et d’enrôlement pour permettre à tous les Ivoiriens d’avoir leurs pièces d’identité. La question de l’identité est à la base de la crise. La régler ne peut pas se faire en une semaine », a-t-il expliqué. Selon lui, le dernier report, a pour une fois, rencontré l’adhésion des principales formations politiques qui ont reconnu par ailleurs que le processus électoral a connu une nette évolution. Par contre, M. Soro s’est montré agacé face aux accusations récurrentes de fraude au cours des opérations d’enrôlement. « Si la technologie que nous avons choisie et que nous payons à coups de milliards, n’était pas fiable, tout le monde l’aurait dénoncé. Or, c’est une technologie de pointe, fiable, crédible, acceptée par tous les partis, qui est mise en œuvre. Je suis moi-même intervenu à plusieurs reprises pour dire qu’il est quasiment impossible de frauder à cette élection. Nous avons mis suffisamment d’éléments de vérification, de contrôle pour que les Ivoiriens soient rassurés et convaincus que la liste électorale qui sera produite est une liste propre et transparente pour aller aux élections», a-t-il martelé. A propos de la sempiternelle question du désarmement des combattants des Forces nouvelles avant l’organisation des élections, Soro Guillaume s’est montré intraitable. « C’est un débat dépassé », clame-t-il. Rappelant au passage que le désarmement des combattants ex-rebelles a bel et bien eu lieu et s’est déroulé en plusieurs phases sous l’égide des forces impartiales. Les objections du FPI (Front populaire ivoirien) et de son président Affi N’Guessan pourraient dès lors s’apparenter à du dilatoire. Tout comme la question de l’enrôlement dans le Nord du pays. Parler de zone sous contrôle de l’ex-rébellion serait incorrect, selon Guillaume Soro, car « ces zones ne sont plus contrôlées par un mouvement ou un autre. Puisque depuis l’année dernière 2007, nous avons redéployé le corps préfectoral partout au Nord. Tout le corps préfectoral, à savoir les préfets, les sous préfets sont sur l’ensemble du territoire. L’ensemble du territoire aujourd’hui est sous une seule administration qui est donc l’administration gouvernementale que je dirige avec le chef de l’Etat ». Le leader des Forces nouvelles qui dit attacher une importance primordiale à la réussite du processus se réjouit du bon déroulement de l’enrôlement qui est à sa phase terminale.

Au plan économique, le locataire de la primature a concédé les difficultés que connaît la Côte d’Ivoire, à l’instar des autres pays du monde, du fait de la crise actuelle. Cependant, des efforts se poursuivent pour une meilleure gestion des finances publiques. A ce titre, il a annoncé que «vendredi dernier, le dossier préliminaire de la Côte d’Ivoire est passé avec succès au Conseil d’administration de la Banque mondiale. Ce qui témoigne qu’un travail a été fait. La gestion des finances publiques est sous regard de la Banque mondiale et du FMI ».

Karim Wally

17.12.2008. 05:09

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