Jules ASSA : « Il faut arracher le pouvoir des mains de Laurent Gbagbo, un bobo politicien »
Jules ASSA n’est plus à présenter. C’est un des jeunes loups de la délégation générale du PDCI-France, dirigée par Léontine Howa. Comme un vieux baron du PDCI-RDA, Gilles Assa nous donne son point de vue sur son parti et la situation sociopolitique de son pays, la Côte d’Ivoire. Interview.Qui êtes-vous Jules Assa ?
Je suis Jules Assa, assistant en marketing de formation. Militant du PDCI-RDA depuis de nombreuses années, je suis aussi membre de la délégation PDCI France mais également membre du bureau de Mme Léontine Howa. Entre autres, j’appartiens à CREA, une cellule de réflexion, d’étude et d’action du parti, dont je suis le porte parole.
Comment se porte votre parti dans l’Hexagone?
Personnellement, je dirais que le parti se porte bien. Les militants sont aujourd’hui attentifs à tout ce qui se passe à Abidjan. Il est évident que la liesse des tournées du président Henri Konan Bédié, dans les régions visitées, nous rassure davantage sur la vitalité du parti. Parlant des activités du parti en France, c’est vraiment au ralenti. Car Mme Howa la déléguée générale qui à la limite devrait tirer le chariot semble s’essouffler. Et, comme personne ne peut engager d’activités sans elle, on a l’impression que le parti est mort en France. Au final, il se porte bien dans l’Hexagone.
Votre parti est un parti de masse. Comment expliquez-vous sa léthargie à Paris, plate-forme de tout parti politique africain ?
C’est vrai, au niveau des activités, le parti est dans une léthargie. Pas de manifestation mais au plan des idées, le PDCI a des militants attachés à la vie du parti. Cela étant, si nous avons aujourd’hui des élections vous verrez que les gens vont se mobiliser pour le PDCI. Les militants n’attendent que le mot d’ordre des dirigeants. Quant à moi, je suis sûr d’une chose, l’absence d’activité n’est pas forcément mauvais signe.Car les militants du PDCI sont les premiers à faire ce qu’ils ont à faire. Par conséquent, je pense que le PDCI –France fera mieux les choses pour la victoire d’Henri Konan Bédié. On devrait donc donner l’image d’un parti qui bouge à l’image de son illustre président. Paris qui est une plate-forme devrait donner l’exemple,
Que pensez-vous du nouveau report des élections ?
De mon point de vue, ce report est désolant. Parce que depuis 2005, les décideurs nous servent ce ballet. Permettez-moi de lancer un appel aux responsables politiques ivoiriens. Il y a ce qu’on appelle dans la vie la chaîne humaine : l’envie que doit avoir un homme. Est-il normal que depuis 2005 l’ONU reconduise Laurent Gbagbo ou que lui-même se pérennise à la tête du pays ? Je pense que cette disposition exaspérera un jour le peuple, qui se donnera les moyens d ‘aller aux élections. Je me demande si nos leaders ont une conscience. En même temps, je me demande si on aura vraiment des élections en Côte d’Ivoire dans un bref délai. Quand on dirige un pays d’une superficie de 322000 km2 et de 15 millions d’habitants, et que l’on n’éprouve aucune gêne, aucun courage politique pour décider « d’aller aux élections le 30 novembre » comme c’était indiqué, on ne doit plus se considérer comme président de la République. C’est sûr que le président Gbagbo ne veut pas qu’il y ait d’élections de peur d’être battu. Mais, malgré la beauté du cadavre, on l’enterre.
Quelle est votre analyse sur ce passage du discours du président Gbagbo qui disait à ses opposants notamment Henri Konan Bédié : « Je ferai le tyran avec les leaders politiques qui prétendent à un certain nombre de choses en Côte d’Ivoire dont je suis le garant… » Et pour cause, Laurent Gbagbo a bravé le danger, dit-il, pour rentrer d’Italie tandis que d’autres avaient fui le pays pendant que le peuple était en péril?
Ça me fait rire. Je pense que c’est un raisonnement qui n’a pas de sens, surtout venant d’un politique comme Laurent Gbagbo. Voilà déjà 8 ans que l’homme est au pouvoir. L’heure est venue de rendre compte au peuple. Pardi ! Laurent Gbagbo n’est-il pas au pouvoir grâce au coup d’Etat de feu général Robert Guéi ? En 8 ans de présidence, le messie de Mama (village natal de Gbagbo, ndlr) n’a pu réunifier ni pacifier le pays. C’est celui qu’il avait traité de tous les noms qui a été son sauveur. Un tel chef sans réelle assise peut-il être garant d’une nation fut –elle la Côte d’Ivoire. C’est une élucubration gbagboïste qui procède d’une stratégie populiste. Ce n’est pas à Gbagbo de poser des questions ; c’est le peuple qui lui demandera des comptes tout comme aux autres candidats. Mais en point de mire se trouvent les 8 ans de gestion de Gbagbo. Il est le candidat au pouvoir. Il doit faire son bilan aux braves populations. Je pense que c’est une bassesse politique que de demander des bilans à ceux qui ne sont pas aux affaires. De grâce, Laurent Gbagbo doit arrêter de distraire le peuple qui n’est pas dupe.
Le PDCI-France est-il une force pour le parti sur le plan national?
Bien sûr, le nombre d’Ivoiriens en France est important. Et, les militants du PDCI RDA constituent une vraie réserve pour le parti. C’est aussi vrai pour les autres pays européens où nous comptons de nombreux militants. Pour gagner les élections la victoire du président Bédié doit partir de la France. C’est pourquoi nous devons nous organiser ici, parce que la France est le centre du monde. Dès lors que nous sommes organisés et disciplinés en France, le PDCI gagnera les élections, Je crois qu’il faut d’abord gagner pour influencer le vote en Côte d’Ivoire. C’est pour cela que je pense que nous nous sommes une véritable force.
Qui finance vos activités ?
Il ne faut pas oublier que nous sommes dans l’opposition. Par conséquent, personne ne nous finance. Nous sommes des jeunes cadres, nous mettons la main à la poche pour financer nos activités. C’est notre façon de montrer que nous aimons notre parti, même si nos moyens ne sont pas suffisants.
Votre message final, Gilles Assa
Je demande à tous les militants du PDCI RDA de France, d’Europe, des USA et du pays de se rassembler, se réunir pour que le Président Henri Konan Bédié, le seul candidat que nous présentons gagne les élections. J’invite tous les électeurs de tous bords politiques à voter pour lui. Il faut arracher le pouvoir des mains de Laurent Gbagbo, un bobo politique.
Propos recueillis par Hervé Cohx
28.11.2008. 14:32
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