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Les contrevérités du Premier ministre Soro à Paris Les faits qui contredisent le chef du gouvernement ivoirien

Le chef du gouvernement ivoirien, en voyage à Paris, depuis quelques jours, a entretenu, avant-hier lundi, les journalistes français sur la situation en Côte d’Ivoire. Guillaume Soro a fait un tour d’horizon de l’évolution du processus de paix et a abordé divers sujets dont celui de la réunification du territoire ivoirien et la restauration de l’autorité de l’Etat. Deux préoccupations majeures, qui, il y a quelques jours déjà, ont fait l’objet d’une vive polémique entre le Front populaire ivoirien (FPI) et les Forces nouvelles. Le Premier ministre Soro, par ailleurs secrétaire général des Forces nouvelles, continue encore d’alimenter cette polémique par les positions qu’il a affichées dans la capitale française sur ces questions. Estimant le débat sur le désarmement des ex-combattants dépassé, Guillaume Soro soutient même que cette opération est close. Il va plus loin pour faire admettre à son auditoire qu’il n’existe plus de zone sous contrôle des Forces nouvelles sur le territoire ivoirien. « Ces zones, a dit le chef du gouvernement ivoirien, ne sont plus contrôlées par un mouvement ou un autre. Puisque, depuis l’année dernière (2007), nous avons redéployé le corps préfectoral partout au nord. Tout le corps préfectoral, à savoir les préfets, les sous-préfets, est sur l’ensemble du territoire. L’ensemble du territoire, aujourd’hui, est sous une seule administration gouvernementale que je dirige avec le chef de l’Etat ». Partir de tels arguments pour dire qu’il n’existe plus de zone forces nouvelles sur le territoire ivoirien, aujourd’hui, ne saurait convaincre le plus petit observateur de la situation en Côte d’Ivoire. Peut-on se limiter au seul fait des préfets et sous-préfets à leurs postes de travail pour clamer que le territoire ivoirien est totalement réunifié ? Où met-on alors les autres agrégats de la nation ? Que fait-on des deux armées en présence, qui répondent à deux commandements différents ? C’est, hélas, la triste réalité que le Premier ministre et secrétaire général des Forces nouvelles ne doit pas cacher à ceux qui sont susceptibles d’aider la Côte d’Ivoire à trouver une solution définitive à ses problèmes. Il est vrai, l’administration préfectorale a repris position dans les territoires du nord. Mais, Dieu seul sait quel pouvoir ces préfets et sous-préfets ont vis-à-vis des commandants de zone (Comzones) et commandants de secteur (Comsecteurs), qui restent et demeurent les vrais maîtres des portions de territoire placées sous leur autorité. Les vrais représentants de l’Etat n’exerçant qu’une petite part de leur pouvoir relativement à la sortie de crise, depuis le déroulement des audiences foraines dont ils devaient donner leur caution morale jusqu’aux opérations d’identification et d’enrôlement précédées de la délivrance des actes de naissance et de la reconstitution des registres de l’Etat civil. A part ces missions ponctuelles qui les occupent, le vrai pouvoir sur le terrain, l’on ne peut se le cacher, est l’apanage des ‘’comzones’’ et des ‘’comsecteurs’’, chef de la sécurité et des forces en présence, qui devaient normalement répondre des préfets et des sous-préfets. L’existence continue des comzones et des comsecteurs dans la partie centre-nord-ouest (CNO) de la Côte d’Ivoire, le Premier ministre le sait bien, marque la pérennisation de l’administration des Forces nouvelles, qui maintient son organisation sociale et économique et continue même de percevoir les impôts. L’unicité des caisses de l’Etat n’ayant pas encore abouti. Pour qu’on ne parle plus de territoire sous contrôle des Forces nouvelles, il faut d’abord que disparaisse l’entité ‘’Forces nouvelles’’ avec toute son organisation en place, qui dirige une partie du pays. Dès lors, il y aura une seule armée sous les ordres d’un seul chef (en l’occurrence le chef de l’Etat) qui se déploie sur l’ensemble du territoire, en plus de l’administration judiciaire, qui doit également être présente dans toutes les zones avec un corps préfectoral véritablement maître du territoire et ayant pleine autorité sur les forces de sécurité qui répondent de ses ordres. Il ne s’agit pas d’avoir des préfets et sous-préfets exerçant la peur au ventre quelques missions en deçà des pouvoirs classiques à eux dévolus pour clamer haut que la Côte d’Ivoire est totalement réunifiée et pacifiée. Les zones Forces nouvelles existent bel et bien encore, et ce n’est point le Premier ministre Soro, qui dira le contraire. Lui, qui n’hésite pas, à chaque fois qu’il y a eu des soubresauts, à s’y retrancher, voire à monter au créneau en tant que premier chef, leader Forces nouvelles, pour rétablir l’ordre.

Félix D.BONY

17.12.2008. 05:07

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