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Sortie de crise: De difficiles jours attendent Guillaume Soro

Le report, sine die, de l’élection présidentielle, qui devrait se tenir en principe, le 30 Novembre 2008, trouble le sommeil non seulement des responsables de la Commission Electorale Indépendante (CEI), mais surtout celui du Premier ministre, Guillaume Soro. Chargé en premier de la mise en œuvre des Accords de Ouagadougou, le jeune Premier ministre, tient à mettre un point d’honneur à sa crédibilité. C’est ainsi que depuis sa prise de fonction, à la maison blanche du Plateau, il a tenu à être à équidistance des chapelles politiques. Quitte pour lui, de mener à son terme le processus de sortie de crise, par la tenue d’élections propres, transparentes et équitables pour tous. De sorte à bénéficier d’une certaine image, auprès des populations. S’il est vrai que le premier ministre lui-même, n’aime pas que l’on s’accroche au fétichisme des dates, il n’en demeure pas moins qu’il souhaite aller le plus tôt possible, aux élections pour démêler l’écheveau de la crise ivoirienne, qui s’enlise au fil des semaines. Ajournée pour permettre de garantir une bonne opération d’identification et d’enrôlement des populations, le non tenu de l’élection présidentielle, montre à qui en doute, que Guillaume Soro, n’a pas tous les leviers de la sortie de crise en mains. Ce, d’autant plus que l’ensemble du processus doit être mis en œuvre avec les partis politiques. Après l’enrôlement et l’identification, place sera faite aux conditions concrètes et pratiques d’organisation des élections. Là dessus, des sources bien introduites, il nous revient que le Congrès National pour la Résistance et la Démocratie (CNRD), regroupant plusieurs partis, mouvements et associations politiques, réserve une surprise au Premier ministre. Constatant la non effectivité du désarmement, ce regroupement politique, qui est, en réalité le condensé de la mouvance présidentielle, entend brandir au Premier ministre, l’exigence de l’effectivité du désarmement pour éviter une parodie d’élections. Une menace, qui devrait donner à vivre des moments de vives tensions entre camp présidentiel et Forces Nouvelles. Mais en attendant cette éventualité, Guillaume Soro, sachant que le temps joue contre lui, multiplie les efforts pour booster le processus d’identification. Un processus qui entre, dans sa version grand format, à compter de ce jour. Sa prorogation dans le District d’Abidjan et son démarrage effectif, dans le reste du pays sont des signes encourageants d’un retour à la normalité. Mais, qui risquent d’être inhibés par la récurrente question de l’autorité de l’Etat dans les zones Forces Nouvelles. Une autorité étatique, nécessaire à tout processus électoral de grande envergure. C’est pourquoi, à la vérité, tant que le désarmement des combattants, l’unicité des caisses de l’Etat, et la réunification du pays ne seront pas des réalités, il est illusoire de croire que les élections se tiendront en Côte d’Ivoire. A ce sujet, Laurent Gbagbo avait d’ailleurs prévenu lors d’un de ses discours, au Palais de la Culture. « J’ai été élu par les Ivoiriens, qui m’ont confié 322 .463 km2.Tant qu’il y aura un seul mètre carré qui manque, je ne cèderai le pays à personne. Je dois rendre à mon successeur ce que les Ivoiriens m’ont donné, c'est-à-dire la Côte d’Ivoire Une, indivisible avec ses 322463 km2. ».Des propos qui devraient interpeller le premier ministre , et lui faire prendre conscience d’aller vite au désarmement, à l’unicité des caisses et à la réunification du pays. Seuls gages d’une confiance véritable, pour des élections apaisées, libres et transparentes.

V.B

01.12.2008. 09:56

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