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Sortie de crise: Guillaume Soro à l’épreuve du terrain

C’est un Guillaume Soro, aux propos, à la fois empreints d’ire et de plaidoyer qui s’est présenté face au corps diplomatique accrédité en Côte d’Ivoire, mercredi après midi. C’était, à la salle des Pas perdus du Palais de la Culture de la Présidence. Recevant les ambassadeurs en poste en Côte d’Ivoire, Soro Guillaume, n’a pas caché son exaspération face à la récurrente préoccupation de ses hôtes, qu’est la fixation d’une date claire de l’élection présidentielle. « Nous ne faisons pas la paix pour l’extérieur. Le 04 Mars 2007, les Ivoiriens, toutes tendances confondues, se sont retrouvés, au delà de leurs clivages pour sortir leur pays de la situation difficile. Alors, nous voulons aller à notre rythme pour ne pas que vous soyez, encore à être sollicités, pour venir nous trouver des scénarios comme ceux du Kenya ou du Zimbabwe. D’ailleurs, dans le dernier pays cité, les choses achoppent toujours » a prévenu le Premier Ministre. Conscients du poids des diplomates en poste à Abidjan, dans leur capacité à booster le processus de paix en Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, leur a demandé d’analyser objectivement la situation qui prévaut, en vue d’apporter, chacun à son niveau, le soutien possible. Au cours de cette rencontre franche, le fait qui a marqué l’attention de certains observateurs avertis, est, à n’en point douter l’agacement qu’affichait le jeune Premier ministre, face à la nécessité, exprimée par les diplomates, de faire accélérer le processus de paix. Une attitude, qui surprend certains Ivoiriens. Parce que c’est une lapalissade, Guillaume Soro, avant d’être Premier ministre, a toujours été celui là même, qui, depuis la survenue de la crise a toujours clamé la lenteur dans la mise en œuvre des Accords. Un prétexte formulé urbi et orbi, à maintes reprises, qui lui a permis de se retirer avec ses hommes du gouvernement, bien de fois. Aujourd’hui, aux commandes de la mise en œuvre du processus de paix, Guillaume Soro, non seulement, insiste pour que l’on se défasse du « fétichisme des dates », mais il est allergique à toutes sortes de remarques tendant à faire croire qu’il avance à pas de tortue. C’est à peine qu’il n’est pas sorti de ses gonds face aux diplomates, lorsque ces derniers lui ont exigé une date précise des élections, à défaut une période probable. Surtout, invoquent ces derniers, que la pacification de certaines zones, notamment sous contrôle des Forces Nouvelles laisse dubitatif. Allusion faite à la récente attaque de Séguéla. Guillaume Soro, à l’épreuve du terrain, se rend bien compte, maintenant, que conduire un processus de sortie de crise, n’est point aisé et demande une synergie d’actions, au lieu d’entourloupes et actions contrariantes. Guillaume Soro, qui a longtemps bloqué, d’une manière ou d’une autre le processus de paix devrait, au poste qui est le sien maintenant, mesurer l’impact négatif qu’il a eu sur le processus de paix, à un moment donné. Il lui faut alors redoubler d’ardeur, pour conduire le pays au désarmement et aux élections. Dans tous les cas, l’échec du processus lui sera imputable. Le succès du processus également lui sera crédité.

V.BOTY

28.11.2008. 14:24

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