Suppression des commandants de zone/Premier vrai test de l’Accord complémentaire de Ouaga
La Côte d’Ivoire a les yeux rivés sur la date du 15 janvier 2009.Elle marque la passation de commandement entre les commandants de zones et les autorités préfectorales, dans les zones centre, Nord et ouest. Cette étape du processus de paix, inscrite dans le quatrième accord complémentaire de Ouagadougou, est un véritable test quant à la volonté des parties en présence, à aller à la paix. Le Chef d’Etat major des Forces Nouvelles, le Général Soumaïla Bakayoko , conscient de ce que cette phase du processus est délicate , a entrepris récemment une tournée de sensibilisation et d’explication auprès des commandants de zone. Il s’agit pour lui, de leur faire entendre raison, et les exhorter à placer l’intérêt de la nation au dessus de toutes considérations partisanes. La tâche, à moins d’une action providentielle, sera très difficile à appliquer pour les faiseurs de paix. C’est que, après six ans de règne, la rébellion ivoirienne, singulièrement, ces commandants de zone, se sont littéralement embourgeoisés, au détriment des populations et du pays. D’ailleurs, le récent document de réduction stratégique de la pauvreté (Dsrp) est révélateur de ce fait. D’autant que les zones Forces Nouvelles, ont les taux les plus exorbitants de pauvreté. Ces seigneurs de guerre, qui ne semblent pas toujours convaincus des gages d’amnistie à eux donnés par tous les accords de paix signés, ont la phobie de se retrouver livrés à eux –mêmes dès le 15 Janvier 2009.Date, marquant leur retraite anticipée. Or, il faut à la Côte d’Ivoire, réussir ce transfert de pouvoir, pour entretenir la dynamique de paix en cours. La réussite de la passation de pouvoir signifiera que l’on est en droit de clamer la restauration effective de l’autorité de l’Etat, la mise en œuvre de l’unicité des caisses de l’Etat, et surtout la vraie réunification du pays. Un pas important, qui permettra d’envisager avec moins de passion, le délicat débat du désarmement. Surtout qu’en ce moment, la classe politique est divisée sur la tenue des élections avant le désarmement. La Côte d’Ivoire, qui veut vaille que vaille organiser les élections générales en 2009, n’a plus droit à l’erreur. Chaque étape doit être bien négociée et exécutée si les principaux responsables de la mise en œuvre du programme de sortie, veulent encore donner de l’espoir au peuple, et se donner un peu de crédit. L’on croise donc les doigts pour qu’enfin l’autorité de l’Etat soit rétablie en zones ex-assiégées.Vincent BOTY
12.01.2009. 11:43
Aucun commentaire pour cet article. Soyez le premier a le commenter.










Ecrire un commentaire
* = mention obligatoire