Visite de laurent Gbagbo dans le Guébié Ce qui fait courir le chef de l’Etat
Week-end chargé pour le chef de l’Etat. Il s’est rendu, samedi à Gnagbodougnoa et dimanche à Gnaliepa. Dans le premier village, qui constitue la ‘’capitale’’ du pays Guébié, Laurent Gbagbo a répondu à l’invitation des populations et dans le second, il a réhaussé de sa présence, l’intronisation du chef de ce village. Faut-il le rappeler, le chef de l’Etat a fait une partie de son enfance dans ce village où sa mère, dame Gado Marguerite s’est remariée. Si la présence de Gbagbo dans cette localité peut être assimilée à une réunion de famille, celle dans le canton Guébié avait des relents politiques. Et pour cause. Ce peuple est pour quelque chose dans l’ascension politique de Laurent Gbagbo. L’on se rappelle qu’en 1990, l’opposant qu’il était a bâti toute sa stratégie politique dans la région, autour des malheurs qui ont frappé ce peuple et qu’on a appelé les ‘’événements de 70’’. Selon ce que Gbagbo a fait savoir aux populations, il y a eu un massacre dans ce canton sous Houphouët-Boigny. Le Vieux aurait fait massacrer près de 4000 personnes parce que tout simplement un de leurs fils en l’occurrence, Kragbé Gnagbé, avait réclamé le multipartisme. Il n’en fallait pas plus pour que la mayonnaise prenne. Et que le canton Guébié devienne l’un des fiefs de l’opposant Laurent Gbagbo dont il a contribué à l’élection en 2000. Seulement voilà , depuis 1990, Gbagbo devenu entre temps président de la République n’y a plus mis les pieds. Il l’a confessé lui-même samedi dernier devant les populations : «Comme en 1990, je suis venu vous parler, je vous parle encore aujourd’hui : essuyez vos larmes. Je ne suis pas venu ici, pour que nous pleurions. Je ne suis pas venu pour que l’on remue le couteau dans la plaie. Je suis venu pour que nous nous levions tous avec l’ensemble de la Côte d’Ivoire, pour construire ensemble un avenir de bonheur. Ceux qui étaient là quand je suis arrivé ici en 1990, m’ont écouté. Je leur ai dit d’essuyer leurs larmes. Séchez vos larmes. Je ne serai jamais celui qui vient pour faire ruminer un passé, celui qui vient pour attiser les haines et les vengeances. Je vous remercie peuples de Gagnoa, parce que vous ne m’avez jamais donné de tels conseils pour qu’on se venge sur un tel ou un tel.». Vous avez bien lu. Il aura fallu 18 longues années pour que Gbagbo retourne dans le Guébié. Peut-être y est-il reparti dans d’autres circonstances, discrètement sûrement. En réalité, le chef de l’Etat s’est brusquement souvenu de ce canton parce que justement, les élections approchent à grands pas. Il est venu renouveler le contrat avec ce peuple. Il est venu leur reparler de leur passé. Leur indiquer leurs ennemis de toujours. Exactement comme en 1990. Mais, les temps ont changé. Les mentalités aussi. Et ce n’est pas si sûr que les Guébié acceptent de nouveau qu’on se souvienne d’eux à l’approche des joutes électorales. Même si entre temps, Gbagbo est devenu une biche qui marche…. lentement et donc a pu rallier Abidjan et Gnagbodougnoa après une marche qui a duré 18 ans.Le Patriote
17.12.2008. 05:03
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