Préparation des élections Les deux stratégies de Guillaume Soro
La polémique actuelle sur la possibilité ou non de tenir les élections à la date du 30 novembre 2008, n’ébranle aucunement le chef du gouvernement Guillaume Soro, garant du processus de sortie de crise. Selon des sources bien introduites, le Premier ministre a ses stratégies pour réussir sa mission. Primo, il veut se donner du temps pour bien faire les choses. Conscient de la fragilité du processus qu’il conduit et de la lourde tâche qui est la sienne d’en assurer la bonne application, le jeune Premier ministre veut, au dire d’un proche, maîtriser tous les contours de la tâche. L’enjeu étant d’enlever tout doute aux acteurs politiques, en ce qui concerne la crédibilité, la justesse et la transparence tant recommandées pour le processus électoral, dernière ligne droite pour la sortie de crise. L’auteur de la formule ‘’ il faut sortir du fétichisme des dates ‘’, n’est donc pas pressé et ne veut aucunement se laisser embrouiller par la pression liée à la date du 30 novembre. Secundo, c’est que la date du 30 novembre fonctionne désormais comme un repère de travail pour les acteurs du processus de paix. Cette date doit permettre désormais de maintenir la pression sur les structures engagées dans le processus électoral, notamment la CEI, l’INS, la SAGEM, l’ONI, la CNSI, afin de boucler les différents chapitres. De fait, Guillaume Soro a mis la pression et atteint une vitesse de travail avec les structures du processus. On se souvient encore du week-end marathon de travail effectué à la mi-avril par le gouvernement et les structures techniques engagées dans le processus électoral. D’abord une réunion technique avec les CEI et les structures concernées, ensuite un conseil de gouvernement élargit aux structures techniques en charge des élections et enfin un conseil des ministres extraordinaire, qui ont permis de booster le processus. Soro a ainsi réussi à mettre cette pression qu’il souhaite maintenir afin de tenir son pari. Lequel pari n’est plus lié à la date du 30 novembre 2008 pour le scrutin, mais à la bonne exécution des chapitres du processus électoral en vue de l’organisation d’élections justes, équitables, transparentes et ouvertes à tous. En clair, selon nos sources, tous les acteurs savent que la date du 30 novembre est hypothéquée, mais personne ne veut prendre le courage de l’annoncer officiellement, au risque de casser le rythme de travail et faire tomber les structures dans une espèce de laxisme. C’est ce qui explique, selon nos sources, que les différents acteurs continuent de maintenir la date du 30 novembre 2008 pour la tenue du scrutin électoral. De cette façon, le Premier ministre est sûr de boucler le reste du processus dans un temps raisonnable et de façon acceptable.S: Fratmat
11.09.2008. 06:10
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