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Condamnation du confrère Assé Alafé Wakili Les journalistes ivoiriens de France indignés

L’Union des Journalistes Ivoiriens de France – UJIF – se dit consternée par la peine d’emprisonnement de 18 mois injustement infligée au confrère Assé Alafé Wakili [Directeur général de la Sarl Socef-Ntic, société éditrice du quotidien indépendant L’intelligent d’Abidjan].
Une curieuse affaire qui remonte à un rendez-vous avec une autorité ivoirienne et non des moindres, en l’occurrence le ministre ivoirien de l’Intérieur. Il a été savamment interpellé suite à une dénonciation calomnieuse. On se croirait au temps de la Shoah où le régime nazi et ses organisations ont procédé à la persécution et à l’extermination de millions de juifs. Si le ridicule pouvait tuer, c’est au cours d’un show à la télévision nationale que le prévenu a été présenté par les autorités policières comme un vulgaire bandit ayant « fraudé sur la nationalité ivoirienne» (sic !) Un scénario prémédité et éhonté qui, à n’en point douter, ressemble de près à une intrigue montée de toute pièce. Naturellement, cette rocambolesque affaire soulève moult interrogations. D’abord, M. Assé Alafé Wakili est, jusqu’à preuve du contraire, citoyen ivoirien natif de la ville d’Agboville. Comment peut-il perdre, comme par enchantement, tous ses droits civiques ? Comment justifier le fait que pendant toutes ces années, le confrère âgé aujourd’hui de 37 ans, a toujours joui de sa citoyenneté ivoirienne sans être inquiété jusqu’au jour où la justice ivoirienne décide de la lui dénier, faisant du coup de lui une énième victime de l’ivoirité (…) ? Défenseur et acteur émérite de la cause du journalisme en Côte d’Ivoire et de sa professionnalisation, sa brillante carrière a été remarquablement couronnée. Le Prix Panafricain « ICS du Meilleur Patron de la Presse Privée écrite de l`Afrique de l`Ouest » édition 2007 – 2008 n’a-t-il pas été remporté par la Côte d’Ivoire ? Et le lauréat de ce prestigieux prix n’est rien d’autre que celui qui est présenté aujourd’hui à l’opinion publique ivoirienne et internationale comme un «fraudeur». Comment expliquer ce passage de cet Ivoirien fièrement célébré hier par toute la presse à cet autre citoyen devenu curieusement apatride ? Loin s’en faut si ce n’est qu’une cabale orchestrée dont le but est de museler, de réduire au silence un journaliste indépendant, qui s’est courageusement engagé à dénoncer les travers de la société ivoirienne. On est loin des délits de presse classiques bien connus : « Injure, diffamation ou outrage à…» La nouvelle trouvaille sous nos tropiques, est de bafouer les droits fondamentaux des journalistes en leur prescrivant des accusations farfelues et imaginaires. Souvenons-nous du chef d’accusation de « complicité d’atteinte à l’intégrité du territoire national pour entente avec la rébellion nigérienne » porté contre notre confrère de Rfi, Moussa Kaka. Qui a retrouvé la liberté provisoire après un an et dix- sept jours passés dans les geôles. Aujourd’hui un autre journaliste africain est à son tour victime des manigances et des bassesses des petites gens tapies dans l’ombre, ennemies d’une presse ivoirienne qui cherche désespérément à s’affranchir et retrouver sa totale liberté d’expression plurielle. A l’heure où l’humanité célèbre la victoire de Barack Obama et l’universalité des valeurs citoyennes, la xénophobie est-elle en train de renaître de ses cendres en Côte d’Ivoire ? Une régression préoccupante et inquiétante qui devrait interpeller plus d’un au moment où ce pays est en train de panser les plaies d’une guerre civile, qui pourtant, s’est nourrie de la sève de l’injustice, des problèmes liés à la citoyenneté, de la cristallisation des frustrations et des ressentiments. Nous demandons aux autorités politiques et judiciaires ivoiriennes de faire preuve de magnanimité et de tolérance pour que notre confrère Assé Alafé Wakili retrouve au plus vite la liberté afin de sauver une entreprise de presse et des emplois.
Fait à Paris, le lundi 10 novembre 2008 Le Président de l’UJIF
ClémentYAO

11.11.2008. 03:17

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