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ALAIN SAWAYA: “Abidjan me manque horriblement”

Il était l’un des arrangeurs les plus counnus d’Abidjan. Mais depuis quelques années, Alain Sawaya ne vit plus à Abidjan. Son studio d’enregistrement, Séquence, a même fermé. Il s’en explique.
Alain Sawaya est né à Bamako, au Mali, en 1964. C’est à 14 ans que sa famille s’installe en Côte d’Ivoire. En 1982, pendant ses années collèges, le jeune Alain monte le groupe Cool System avec des amis (plus tard, Cool System deviendra Parallèle 8). Quelques années plus tard, Alain Sawaya part pour des études au Canada d’où il reviendra avec une Licence en Marketing et publicité. Mais son amour pour la musique reprend très vite le dessus. En 1989, il ouvre son propre studio d’enregistrement, le Studio Séquence. Dès lors, il enchaîne les arrangements, avec plusieurs partenaires dont le mythique Marcellin Yacé. De 1991 à 2000, Alain Sawaya était devenu animateur radio sur Fréquence II. Mais ces dernières années, l’un des points saillants de sa carte de visite artistique en Côte d’Ivoire s’appelle Terre d’Ivoire. Une chanson composée par Stéphanie Farhat qu’Alain Sawaya a interprété avec talent. Ce titre qui aborde les thèmes des turbulences sociopolitiques en Côte d’Ivoire sera un gros succès médiatique…

• Quelles sont les raisons qui t’ont poussé à quitter Abidjan ?
- Je n’ai pas vraiment quitté Abidjan. C’est un concours de circonstances qui a fait que je suis resté au Liban.

• Ah bon ?
- Oui. Il y a environ 5 ans, j’étais venu au Liban pour la première communion de mon fils. Par le plus pur des hasards, j’ai rencontré, de par le biais d’une amie réalisatrice, un jeune chanteur libanais qui souhaitait enregistrer un album. Ce chanteur avait entendu parler de moi. Sur sa grande insistance, je suis donc resté 9 mois d’affilée. Des mois pendant lesquels j’ai composé, arrangé et enregistré 9 titres pour son compte.

• Sauf qu’à Abidjan, tu avais laissé un studio qui marchait plutôt bien ?
- Entre-temps, j’avais fait un crochet rapide à Abidjan, histoire de confier la gestion de mon studio (Séquence) a quelqu’un et suis retourné.
Et de fil en aiguille, ici au Liban, j’ai été approché par pas mal d’artistes locaux qui ont sollicité mon intervention en tant que ingénieur du son, arrangeur ou compositeur.

• …
- J’ai encore refait un crochet à Abidjan pour confier la gestion de Séquence à une autre personne, la première n’ayant pas donné de résultats. Puis, de retour, encore une fois, au Liban, j’ai continué à enchaîner les «prestations» pour des artistes de la place.

• Oui mais, le studio est fermé…
- Oui. Il a fermé parce qu’entre- temps, la gestion allait de mal en pis.
J’ai donc décidé de le fermer, vu que je ne pouvais pas être à deux endroits à la fois et que je n’avais trouvé personne à la hauteur. Le proverbe dit : «on n’est jamais mieux servi que par soi-même !»

• …
- Je me voyais mal abandonner les travaux que j’avais en cours au Liban et rentrer en Côte d’Ivoire. J’ai donc décidé de rester et de poursuivre mon «aventure» libanaise !
J’ai signé un contrat de distribution avec la major EMI, j’ai sorti un premier album ici, au Liban et suis en préparation du deuxième. Je travaille aussi, et entre autres, sur les productions de Stéphanie Farhat, le fameux auteur des paroles de «Terre d’Ivoire» qui a aussi signé avec EMI et que vous découvrirez très bientôt à Abidjan ! Mais je compte rentrer au pays très prochainement. Abidjan me manque horriblement !
Nous avons pour projet, Stéphanie Farhat et moi-même, de lancer une structure de production et d’organiser des séries de concerts et autres tournées.

• Autre chose : comment et pourquoi es-tu parti de Fréquence II où tu étais animateur ?
- C’est pendant les malheureux évènements de 2000 que j’ai arrêté d’animer à la radio. Il n’y avait quasiment plus d’émissions et j’avais commencé à voyager pour exécuter des travaux pour des clients hors de la Côte d’Ivoire. Puis, le temps faisant, je ne suis plus retourné à la radio.

•…
- Toutefois, j’ai gardé d’excellentes relations avec mes supérieurs.

• Dernièrement, on t’a vu à Paris, d’autres fois tu es au Liban, où vis-tu exactement ?
- En ce moment, donc, je vis et évolue au Liban. Je voyage aussi beaucoup. Mais continue de me présenter, à tous les partenaires que je rencontre, comme un Ivoirien d’appartenance ! Jamais, au grand jamais il ne pourra en être autrement ! Et je suis tellement fier de cette carte de visite que j’exhibe à tout vent ! Personne ni aucun pays ne m’a donné plus que la Côte d’Ivoire, et chaque pas que je fais, je le fais avec Elle !

• Comment gagnes-tu ta vie là-bas, au Liban ?
- Comme je l’ai dit plus haut, je compose, j’arrange et je mixe pour des artistes libanais qui vivent ici et certains qui vivent en Europe et aux USA/ Canada. J’ai aussi monté une petite structure spécialisée dans le contenu pour téléphones mobiles et la création de «Concepts» en tout genre avec Stéphanie Farhat. Nous sommes d’ailleurs à la recherche de partenaires ivoiriens pour certains des produits que l’on propose.

• Ta femme et tes enfants vivent où ?
- Je vis avec mes enfants. Quan à ma femme, nous avons, malheureusement, divorcé il y a environ 8 ans, mais nous sommes restés en de très bons termes.

S: Top Visages

04.08.2008. 12:48

ASHENN le 14.08.2008. 00:23

ALAIN, Sache aussi que tu nous manques horriblement.

nenebi le 15.08.2008. 14:49

Quel grand homme...vrai patriote est cet monsieur!!! courage la côte d'ivoire t'aime à jamais.BIBI

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