La Côte d'Ivoire renoue avec les investisseurs français
Rien de tel que des partenariats économiques pour effacer la crise politique. Charles Koffy Diby, ministre des Finances de Côte d'Ivoire, a achevé la semaine dernière une visite en France dans le but affiché de séduire les investisseurs français. Et les convaincre de revenir travailler en masse dans son pays. Le calendrier est propice. Un an après les accords de Ouagadougou, qui ont marqué l'ouverture du dialogue entre le président Bagbo et son adversaire Guillaume Soro, le pays est revenu en grâce auprès de ses bailleurs de fonds. Après un premier don de 100 millions de dollars, accordé par la Banque mondiale et le FMI, et un deuxième, proche de 45 millions d'euros, la Côte d'Ivoire est désormais susceptible d'obtenir un allègement de sa dette, qui représente un quart du budget du pays.Pour consolider une économie fragile - la croissance ne devrait pas dépasser 1,5 % cette année -, il est donc urgent d'accélérer le retour des investisseurs étrangers. A commencer par ceux de la France : avec une part de marché de près de 20 % et des échanges en hausse de 17 % en 2007, l'Hexagone demeure le premier partenaire commercial du pays. Sa présence a toutefois sérieusement reculé depuis la crise provoquée par la rébellion du début des années 2000. Avec 500 implantations, elle est loin du millier d'entreprises recensées avant les années 2000. « Regardez la Côte d'Ivoire : si vous ne le faites pas, d'autres le feront », avertit Charles Koffi Diby, qui a multiplié les rencontres avec les milieux d'affaires français la semaine dernière (Ubifrance, Medef, Chambre de commerce de Bordeaux...). Les entrepreneurs français doivent s'intéresser non seulement à l'agroalimentaire, mais aussi au tourisme, à l'énergie et à la grande distribution, précise-t-il.
Les premiers investisseurs sont déjà gagnants : selon une enquête réalisée par le Conseil français des investisseurs en Afrique, neuf entreprises françaises sur 10 anticipent une progression de leur activité cette année.
Un pays coupé en deux La situation reste pourtant difficile. « Les choses s'améliorent, mais à petits pas », explique le responsable local d'un grand groupe agroalimentaire français, qui rappelle que le pays reste coupé en deux, et qu'au Nord il n'y a souvent ni administration ni appui bancaire. Sans oublier les incertitudes liées aux futures élections présidentielles. Annoncées pour juin, elles pourraient être retardées de plusieurs mois pour des raisons techniques, liées à la reconstitution des registres électoraux. Cet éventuel report, qui risque de provoquer l'attentisme des investisseurs, n'inquiète pas Charles Koffi Diby. « L'essentiel est de tenir les élections pour cette année, tout le monde est d'accord et je reste confiant », indique-t-il.
S: Les Echos
28.03.2008. 05:40
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