Henri Amouzou démissionne
Le président de l’Anaproci(Association Nationale des Producteurs Café- Cacao), Henri Kassi Amouzou, a rendu sa démission le mercredi 24 octobre 2007. Cette démission a eu lieu en présence de quelques membres du comité des sagesM. Henri Kassi Amouzou a jeté l’éponge. Il n’entend plus être le président de l’Anaproci. Cette démission du président Amouzou intervient à un moment où le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, a instruit le Procureur de la République Raymond Tchimou, à l’effet de diligenter des enquêtes sur les nombreuses malversations qui ont eu lieu dans la filière café-cacao. Selon une source proche du Comité des sages, M. Amouzou a adressé une lettre à tous les membres du bureau de l’Anaproci avant sa comparution à la Police économique pour leur signifier que quelque soit la tournure que prendront les évènements, qu’il se considérait désormais comme démissionnaire. Cette lettre adressée aux membres de l’Anaproci n’a pas été considérée par ceux-ci comme une lettre de démission dans les règles de l’art. Aussi, l’ont-ils convoqué hier à 10H pour l’entendre. L’intéressé arguant d’une autre convocation ce même jeudi à la Police économique ne s’est pas présenté devant le bureau. A l’analyse, c’est un prétexte que M. Amouzou a trouvé pour mettre tout son monde devant le fait accompli. Le désormais ancien président de l’Anaproci est également président du Conseil d’Administration du FDPCC (Fonds de développement et café-cacao). C’est à ce titre que M. Henri Amouzou et certains autres responsables des structures de gestion de ladite filière sont, depuis la saisine du Procureur de la République, devant les enquêteurs de la Police économique. Le jour de sa démission, Amouzou venait de subir, selon des sources proches du dossier, un interrogatoire serré de plus de trois heures d’horloge à la Police économique. Le départ du président du conseil d’Administration de la tête de l’Anaproci a-t-il un lien avec l’enquête qui a cours ? Il faut bien le croire. L’on sait que l’Anaproci, qui a été mise sur pied par M. Henri Amouzou et quelques uns de ses camarades, a jeté une espèce d’Opa (Offre publique d’achat) sur toute la filière café-cacao, quand la Banque mondiale a arraché la libéralisation pour mettre fin au monopole de la commercialisation de ces deux produits d’exportation de la Côte d’Ivoire par l’ex-Caistab. Une noria de structures de gestion de cette filière a été mise en place pour prendre le relais de la Caistab. Fait remarquable, les principaux responsables des différentes structures et tous ceux qui ont pouvoir de décision sont membres de l’Anaproci. C’est à ce titre que M. Amouzou a occupé le poste de président du conseil d’Administration. Fonction qu’il a cumulée avec d’autres postes au sein des autres structures de gestion de la filière café-cacao et dans les conseils d’Administration de multiples sociétés rachetées pour le compte du FDPCC. Un producteur, qui n’est certainement pas de ses amis, a estimé que si M. Amouzou a démissionné de la présidence de l’Anaproci, alors que c’est en tant que délégué de cette association qu’il se trouve à la tête du FDPCC, la logique commanderait qu’il mette fin à ses autres fonctions. De sources proches de la présidence de la République, le chef de l’Etat a décidé d’immoler des boucs émissaires de poids, les sacrificateurs désignés étant, outre le Procureur de la République, Raymond Tchimou, le Général de police Lorougnon qui a entrepris de réunir tous les éléments à charge contre les responsables qui passeront sous la guillotine. Mais comme en Côte d’Ivoire, les enquêtes annoncées à grand renfort de publicité se terminent invariablement comme un ouragan dans un verre d’eau, attendons de voir la suite. Theodore Sinzé (24 heures)
27.10.2007. 23:58
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