Crise au sein de la Rébellion - Les mutins de Vavoua durcissent le ton
La guerre entre Guillaume Soro et les éléments de Koné Zackaria est loin de prendre fin. Invités à la table de négociation, les insurgés ont exigé le départ de Wattao, le retour des com'secteurs limogés et le payement de leur prime. Sale temps pour la hiérarchie militaire des Forces nouvelles. Les insurgés des Forces nouvelles qui maîtrisent encore la ville de Vavoua étaient, jusque hier, restés inflexibles tout le long de la médiation française. Alors que la Force Licorne tentait de dénouer le nœud gordien de la crise, la décision des hommes de Koné Zackaria, est restée sans appel. Refusant de souscrire au compromis de la médiation des hommes du Général Clément Bollet. Selon une source proche du secrétariat des Forces nouvelles, la Force Licorne s'est heurtée à l'intransigeance de la partie dissidente de la rébellion. Qui, ajoute notre source, a étalé, au cours des discussions, une série de revendications. Ce sont notamment, le départ sans condition de Wattao, nouvel homme fort de Vavoua et Séguéla, le payement de leur prime qui équivaut à 90.000 frs, le retour des chefs d'unité et enfin la présence continue des forces impartiales à l'effet d'assurer de jour comme de nuit, non seulement leur sécurité, mais également, celle de la population. Une situation qui ne manquera pas de susciter le courroux de la haute direction des Forces nouvelles surtout que le ministre Sidiki Konaté, porte- parole des Forces nouvelles ne s'est pas embarrassé de fioriture pour dire sa part de vérité aux insurgés. " Toutes les décisions prises au cours du conseil militaire à Bouaké demeurent inchangeables. Rappelons que c'est ce conseil militaire, alors présidé par le Chef d'Etat-Major des FAFN qui a suscité le changement de la chaîne de commandement à Vavoua et Séguéla. Pour Sidiki, ces décisions sont irrévocables tout comme les unités de sécurités nommées par le nouveau commandant de Vavoua et Séguéla sont irrévocables. Heureusement que les revendications des insurgés sont d'ordre existentielles, et c'est mieux ainsi ", a déclaré Sidiki Konaté, emboîtant ainsi le pas au nouvel homme fort de la zone 5. Selon Issiaka Wattao, toute la zone de Séguéla est bouclée, ajoutant que tous ceux qui sont contre l'accord politique de Ouaga vont perdre la bataille. Des positions diamétralement opposées qui, on peut le dire, présagent d'un lendemain sombre. D'ailleurs, indique notre source, des actions de déstabilisations du pouvoir de Guillaume Soro sont annoncées, les jours à venir, dans ces deux villes. De leur côté, les éléments de Zackaria Koné sont en alerte maximale et attendent qu'une action suscitée par le groupe de Wattao se déclenche pour réagir. Notons que la médiation de la Force Licorne a débuté depuis avant-hier et continuait jusqu'à hier. Au moment où nous mettions sous presse, aucune décision n'était encore sortie du conclave. Pis, la situation devenait de plus en plus difficile et la tension entre les deux factions du même mouvement militaire restait chacune sur sa position. Quant au Premier ministre Guillaume Soro, il s'est entretenu, à Bouaké, avec les diplomates André Janier, ambassadeur de France en Côte d'Ivoire, le représentant spécial du facilitateur dans la crise ivoirienne, Choi, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et les généraux des Forces impartiales. Il s'est agi, au cours de l'entretien de faire l'état des lieux à ces différents diplomates. Les négociations entamées hier, entre les mutins de Vavoua et le Chef d’Etat-Major des Forces nouvelles, Soumaïla Bakayoko, ont accouché d’une souris. Les deux parties ne sont pas tombées d’accord. Chacun est campé sur sa position. Par ailleurs, les négociations reprennent, aujourd’hui. Selon des informations en provenance de Bouaké, Guillaume Soro pourrait céder à la revendication des mutins relative au départ du commandant Wattao de Séguéla. En tout cas, la crise qui secoue l’ex-rébellion est loin d’être terminée.S: Le Temps
02.07.2008. 03:52
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