Côte d’Ivoire: SORO REGNE SUR DEUX ARMEES
Si l’accord de Ouaga a permis de faire des avancées notables concernant le retour à la normale, le problème militaire demeure cependant une épineuse équation. A tel point que le secrétaire général des Forces nouvelles (mouvement qui a revendiqué l’attaque contre la Côte d’Ivoire), devenu Premier ministre règne sur deux armées.
La ligne qui matérialisait la division de la Côte d’Ivoire en deux a été supprimée. Ce qui permet de dire que le pays est réunifié. Une cérémonie dite de la flamme de la paix a été organisée. A l’occasion, le président de la République a proclamé solennellement la fin de la guerre. Et des armes qui ont servi pendant le conflit ont été brûlées. Désormais, théoriquement, les Ivoiriens qui étaient interdits d’accès dans la partie nord du pays peuvent circuler sur l’ensemble du territoire national. Le chef de l’Etat lui-même a effectué des visites d’Etat dans ces zones anciennement occupées par la rébellion. L’administration a été redéployée. En tout cas, tout bouge grâce à l’accord de Ouaga signé entre l’ex-rébellion et le camp présidentiel. Les choses bougent considérablement, à telle enseigne que la Côte d’Ivoire peut espérer une sortie de crise définitive par les élections. Mais il reste encore la question militaire à résoudre. Car la Côte d’Ivoire est désormais divisée entre deux armées.
Lundi 20 octobre 2008, un certain nombre de mesures ont été prises par le chef du gouvernement pour sécuriser les sites de l’opération d’enrôlement. La sécurité sera assurée de façon mixte selon le Premier ministre, comme s’il y avait deux armées en Côte d’Ivoire. De plus en plus, les Ivoiriens s’interrogent sur l’existence de l’armée des ex-rebelles quand l’administration normale a été redéployée et quand un centre de commandement intégré a été mise en place. Le chef du gouvernement semble se complaire dans cette situation qui apparaît comme une injure pour le peuple ivoirien qui a consenti d’énormes sacrifices pour pardonner, au nom de la paix, à des rebelles qui ont tué. La première Dame de Côte d’Ivoire elle-même a dit de vive voix que l’accord de Ouaga signé, la Côte d’Ivoire n’a plus besoin de commandant de zone ni de commandant de secteur. Aujourd’hui, l’opération d’identification a commencé, tout le mode se demande comment les choses vont se passer dans les zones encore sous le contrôle des rebelles.
Armand BOHUI
27.10.2008. 08:12
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