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De gros intérêts divisent Gbagbo et Soro

La 4ème réunion du Comité d’évaluation et d’accompagnement (CEA), ouverte dimanche 18 novembre dernier, s’est achevée en queue de poisson. Du reste, certains confrères se sont fait l’écho, dans leurs parutions d’hier vendredi, d’un ‘’clash à Ouaga’’. C’est que des divergences sur la SAGEM (Société d’applications générales électriques et mécaniques), l’opérateur technique chargé de la confection des cartes d’identité, des documents électoraux et cartographiques, ont mis fin, plutôt que prévu, à cette 4ème réunion du CEA. Une rencontre qui était censée conclure un accord complémentaire à celui de Ouaga I, assorti d’un nouveau chronogramme d’exécution devant permettre de relancer le processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire. Mais finalement, au bout de quatre jours de discussions en terre burkinabé, les deux délégations ivoiriennes, signataires de l’Accord politique de Ouagadougou (APO), ne sont pas parvenues à un modus vivendi sur l’accord complémentaire. Un accord qui devait être signé, en principe, jeudi dernier 22 novembre, par les parties ivoiriennes concernées, en présence de représentants du facilitateur. Et c’est, contre toute attente que le ministre de l’Intérieur, Désiré Tagro Asségnini, négociateur en chef du président Gbagbo, a demandé à quitter la réunion, refusant de parapher le texte sur l’Accord complémentaire. Un texte qui porte essentiellement sur la désignation de la SAGEM et les prérogatives devant être dévolues à cette société française chargée de conduire le processus d’identification en Côte d’Ivoire. Mais sur ce contrat conclu avec la SAGEM, il y a que de gros intérêts divisent le président Gbagbo et son Premier ministre Guillaume Soro qui, par délégations interposées à Ouaga, ont étalé certaines de leurs divergences au grand jour. En effet, Désiré Tagro et tous les autres membres de la délégation présidentielle ont quitté la capitale burkinabé pour, selon des sources, protester contre les représentants des Forces nouvelles (l’autre signataire de l’Accord de Ouaga), qui voudraient arracher au ministre de l’Intérieur, ‘’son’’ processus d’identification. Une affaire de commissions En sa qualité de chef l’administration du territoire, Désiré Tagro a estimé qu’il reste le principal acteur de la mise en œuvre du processus d’identification. A ce titre donc, le ministre de l’Intérieur voudrait être l’interlocuteur principal chargé de négocier directement avec la société française SAGEM. Ce à quoi se sont opposés les représentants des Forces nouvelles qui ont soutenu, pour leur part, que l’Accord politique de Ouagadougou confie la conduite de l’ensemble du processus de sortie de crise au Premier ministre Guillaume Soro. Mais au-delà de qui apparaît comme des questions de forme et purement administratives dans le contrat de la SAGEM, il y a, au fond, des intérêts financiers en jeu. De fait, une affaire de commissions sur le contrat de l’opérateur technique, au terme de sa signature définitif, est également à l’origine du clash Camp présidentiel- Forces nouvelles à Ouaga. Selon nos informations, c’est la bagatelle de 10 milliards de francs CFA que la société française SAGEM, spécialisée dans les secteurs des télécommunications et de l’électronique de défense et de sécurité, devait distribuer à la partie présidentielle, à la Primature ainsi qu’à d’autres personnes qui, à divers niveaux, ont favorisé la conclusion du contrat dont le montant global reste un mystère. Ainsi, le Président Gbagbo et le Premier ministre Soro doivent recevoir 3 milliards chacun comme commissions, quand le ministre Désiré Tagro, lui, devrait empocher 2 milliards de nos francs. Il nous est également revenu que M. Adama Bictogo, pour avoir participé au choix de la SAGEM au moment où il était conseiller du Premier ministre Banny, pourrait s’en tirer avec la somme de 500 millions de Francs CFA. Reste les 4 milliards et demie pour les autres personnes impliquées dans les négociations du contrat. Mais ce partage des commissions n’aurait pas eu l’assentiment des envoyés de Guillaume Soro à Ouaga. C’est du reste, cette question de commissions qui aurait aussi contribué à bloquer et à retarder la 4ème réunion du CEA, à Ouaga. D’ailleurs, aux dernières nouvelles, la société française aurait refusé de débourser les 10 milliards en question, attendant de voir clair dans l’affaire. Chargé de l’évaluation périodique de la mise en œuvre des mesures prévues dans l’Accord politique de Ouagadougou, le Comité d’évaluation et d’accompagnement, lors de sa dernière réunion à Ouaga, a planché sur les questions de l’identification, de l’accord complémentaire sur le SAGEM, du désarmement, du service civique, des grades des Fafn, du regroupement des ex-combattants. Des questions qui ont été débattues en présence du président Blaise Compaoré ou de son représentant, le ministre Djibril B assolé. Le CEA se réunit au moins une fois par mois en session ordinaire et, en cas de besoin, en session extraordinaire, sur convocation de son président. Aux fins de l’exécution de sa mission, le CEA rend compte au CPC (Cadre permanent de concertation) de la mise en œuvre de l’Accord.
Soir info

24.11.2007. 03:38

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