Gbagbo s'est brouillé avec Mamadou Koulibaly
La première raison, à l’origine de la déchirure entre Gbagbo Laurent et Mamadou Koulibaly est d’ordre politique. Aux dires de Dr Antoine Ahua Junior, la dissension entre les deux anciens compagnons du Front populaire ivoirien, parti au pouvoir sur les bords de la lagune Ebrié, vient de la gestion solitaire du pouvoir par le numéro 1 ivoirien, Laurent Gbagbo. « Mamadou Koulibay se sent inutile, car il n’est pas écouté par Gbagbo qui fait de petits calculs personnels avant de décider », confie-t-il avant de laisser transparaître plus loin, l’accointance actuelle de Laurent Gbagbo avec la rébellion des Forces nouvelles, de Soro Guillaume (l’actuel Premier ministre après les accords de Ouaga du 4 mars 2007) comme l’autre source de la dissension. Selon nos sources, proches de Mamadou Koulibaly, celui-ci n’a jamais accepté la co-gestion du pouvoir Fpi avec la rébellion. L’arrivée de Guillaume Soro à la Primature est mal perçue du N° 2 du régime. Ces raisons et bien d’autres ont creusé le fossé entre le chef de l’Etat et le président de l’Assemblée nationale. Mais, là où Dr Ahua Junior a véritablement fait preuve de langue de bois, c’est quand il a tenté d’expliquer les raisons morales à l’origine du divorce entre les deux têtes de l’Exécutif. Beaucoup d’Ivoiriens, s’interrogent sur ce qui a bien pu brouiller Gbagbo et son Koulibaly, certes habituellement reconnu comme un libre penseur mais jusqu’ici, toujours au même diapason que le chef du parti frontiste. Hélas, à ce niveau, les Ivoiriens ne seront guère avancés par les explications sybillines données par l’ex-conseiller spécial du président de l’Assemblée nationale. « …Ensuite il y a une raison d’ordre moral. Aux Etats Unis, par exemple, un écart de moralité de la part d’une personnalité politique conduit inévitablement à sa chute. En Côte d’Ivoire, la moralité est considérée comme une affaire personnelle. Ce qui n’est d’ailleurs pas vrai juridiquement pour le président de la République, en vertu de l’article 35 de notre Constitution. Un candidat à la présidence de la République doit avoir une bonne moralité. Tout le monde dans la classe politique ivoirienne sait qu’il y a un contentieux très sérieux de moralité entre Gbagbo et Mamadou Koulibaly, mais personne n’a rien vu et rien entendu. C’est un tabou. L’affaire éclatera un jour d’elle-même. Il s’agit d’un problème d’atteinte à l’honneur familial dont je m’impose le droit de réserve d’en dévoiler la teneur. De toutes les façons, ça passerait pour un fait divers pour la majorité des Ivoiriens. Mais pour un homme qui se respecte, c’est un motif de haine contre celui qui apporte cette bassesse dans sa cour. Pour tout vous dire, la déchirure est double, politique et interpersonnelle », martèle-t-il. Quel est ce contentieux très sérieux qui divise aujourd’hui les deux têtes de l’Exécutif ? Quel est cette affaire pudiquement mise sous le boiseau par tous les sachants ? Qu’est-ce que Gbagbo a bien pu faire pour porter atteinte à l’honneur familial de Koulibaly ? En tout cas, les Ivoiriens qui ont élu ces deux personnalités politiques aux hautes fonctions qu’elles occupent actuellement, ont le droit de savoir ce qui s’est réellement passé, surtout que déjà , Mamadou Koulibaly s’est fendu, le 4 août 2007, dans les colonnes de « Fraternité Matin » d’un long réquisitoire contre la « rebfondation » et « le silence coupable sur les violences faites à l’éthique intitulé : « Le Blues de la République ». La divergence sur la gestion du pouvoir politique par la refondation, depuis le déclenchement de la crise ne peut pas à elle seule expliquer le froid entre Gbagbo et Koulibaly ou du moins, la brouille qui serait aujourd’hui consommée. Pour l’heure, le président de l’Assemblée nationale est au Ghana en provenance des rives du Potomac où il a récemment séjourné.S: l'inter
05.12.2007. 11:28
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