Le discours historique de Mamadou Koulibaly
"Il était prévu ce matin que je puisse vous annoncer une nouvelle, mais malheureusement, vous vous souvenez quand nous sommes allés voir le président de la république juste avant que je ne voyage, pour le financement des groupes parlementaires, il nous avait dit ce jour-là qu`en début janvier, il nous ferait le budget. Parce qu`il entend donner un signal fort sur le bon fonctionnement des institutions. L`année dernière, nous n`avons pas eu le budget, vous vous en êtes plaints. Il a expliqué aux députés qu`il en était conscient et que cette année le budget viendrait. Nous nous sommes vus il y a deux jours. Il m`a confirmé que le Conseil des ministres allait travailler sur le budget. Et que hier (jeudi) il avait le vœu de me demander l`ouverture d`une session extraordinaire pour étudier le budget. Donc théoriquement, aujourd`hui, on aurait fait la clôture et automatiquement ouvert une nouvelle séance. Tels étaient ses vœux hier encore. Malheureusement, après le Conseil des ministres d`hier et les différents contacts qu`il a pu prendre par rapport à nos créanciers et ceux auprès desquels il s`est engagé aussi, il m`a fait savoir que les délais qui lui sont impartis sont tellement limités qu`il ne veut pas demander au Parlement de recevoir un budget le 24, l`étudier le 29 ; 30 et de l`adopter le 1er pour qu`il soit à Washington le 2 janvier. Devant cette impossibilité, il m`a demandé de présenter ses excuses à mesdames et Messieurs les députés. Il aurait souhaité nous transmettre le budget mais malheureusement, les délais sont tels qu`il se voit obligé, encore une fois malgré lui, de prendre une ordonnance pour l`adoption du budget. Mais il entend bien, dès que ce sera possible, de nous faire parvenir tous les documents de ratification. Et puis toutes les lois du règlement pour que nous puissions faire le contrôle a posteriori conformément à la Constitution. C`est la nouvelle que je voulais vous porter. J`aurais été heureux d`ouvrir une nouvelle séance extraordinaire. Mais cela n`a pas été le cas. Et je vous présente toutes les excuses du président de la République à sa demande. (…) Le processus de paix en Cote d`Ivoire est en cours. Autant l`accord de Ouaga I était très insatisfaisant parce que faisant le black out complet sur le désarmement, autant l`accord de Ouaga II donne quelques réponses sur le désarmement qui d`ailleurs selon ce que m`a dit Amani il y a deux jours, devrait s`engager dès demain (aujourd`hui). Et il m`a d`ailleurs chargé d`inviter les députés qui le souhaitent de se rendre à Tiébissou. Il y aura deux cérémonies de désarmement. Une cérémonie du côté loyaliste qui se déroulera à Tiébissou qui verrait donc les fronts se dégarnir, nos soldats qui vont rejoindre les casernes, les zones ci. Et puis l`après midi, une autre cérémonie à Djébonoua qui verrait aussi les forces rebelles rejoindre leurs casernement à Bouaké et ailleurs. Après avoir démantelé la ligne de front, maintenant ce sont les fronts qui vont être démantélés. Donc le processus avance. Ce que moi j`aimerais souhaiter pour les députés, c`est que devant cette avancée du processus, nous allons vers les élections inéluctablement. Nous sommes tous des hommes politiques. Notre présence ici dans la salle n`est liée qu`à une chose, le fait d`avoir été élu par les populations. La chose la plus importante pour nous à partir de maintenant que la paix est en route, et que nous présumons que chacun des signataires remplira ses engagements, il ne nous reste plus qu`à préparer notre élection. C`est le moment où nous devons nous mettre en ordre de bataille quel que soit le parti politique. Il nous faut sortir des égoûts pour présenter des programmes face aux programmes alternatifs, des arguments face aux arguments alternatifs, arrêter les injures, la médisance, le mensonge, les intoxications, les malversations langagières pour rentrer dans un débat politique haut, élevé. C`est ce que les Ivoiriens attendent aujourd`hui après cinq ans d`épuisement, cinq ans de fatigue. Nous sommes tous membres des partis politiques bien organisés, avec des intelligences. Personne dans cette Assemblée n`est bête. Si nous sommes là , c`est parce que nous avons des intelligences. Nos parents nous ont fait confiance, nous ont élus. Nous n`avons pas le droit de retourner vers eux avec des " on dit, il parait que, des ragots ". Il nous faut retourner avec des programmes clairs et précis. Je le dis parce que moi-même je serai sur le terrain de Koumassi où j`entends briguer à la fois le poste législatif et le poste municipal. Donc il y a du travail à faire. Programmes contre programmes. N`écoutez pas tout ce qui se raconte. Les destinées individuelles des gens importent peu. Ce qui compte, c`est notre pays. Nous nous sommes amusés avec les mots, on a créé des mots, on s`est amusé avec, on a tous plaisanté et puis on s`est retrouvé en pleine guerre. On a joué avec les mots et nos parents sont dans la pauvreté. Nous-mêmes ici, une enquête récente a prouvé qu`au moins 70% des Ivoiriens aujourd`hui ne font plus qu`un seul repas par jour. Ce n`est pas digne de notre pays. Un seul repas par jour pour nous qui en faisons deux, trois, quatre, cinq et en grande quantité, copieusement, nous devrions avoir honte de savoir qu`il y en a d`autres qui n`en font qu`un par jour. Il est de notre responsabilité d`abandonner les futilités et de rentrer droit dans les élections pour nous faire réélire et nous retrouver ici, voter les lois, modifier ce qu`il y a à modifier pour que notre pays retrouve sa place dans la sous région. Je pense que c`est ce que tous les pays voisins attendent de nous. C`est ce que nos populations attendent de nous. C`est ce que nous-mêmes-nous attendons de nous en tant qu`hommes politiques. Pour terminer sur le même point, j`ai juste envie de signaler un élément important dans tout le brouhaha qui a eu lieu. J`ai souvent vu les animateurs de presse écrire que le président de l`Assemblée Nationale est le dauphin constitutionnel du président de la République. C`est une erreur très grave. Il n`y a pas de dauphinat en Côte d`Ivoire. Dans la Constitution, il n`y a pas de dauphin. Dans l`ancienne Constitution, il y avait un dauphin. Le dauphin, c`est le président de l`Assemblée nationale qui, à l`époque en cas de vacances de pouvoir, devrait succéder au président de la république, prendre les pleins pouvoirs. Il pouvait modifier la Constitution, modifier le gouvernement, changer de premier ministre. Il avait les pleins pouvoirs qu`il exerçait comme un président de la République et il terminait le mandat du président de la République. C`était le dauphin. Dans la nouvelle Constitution, il n`y a plus de dauphin. Le président de l`Assemblée nationale, en cas de vacances du pouvoir, n`a ni le droit de changer le gouvernement, ni le droit de remplacer le premier ministre, ni le droit de modifier la Constitution, ni le droit d`utiliser les pleins pouvoirs du président de la République. Et en plus, il n`a le droit de terminer le mandat du président. Il a au maximum 90 jours pour organiser les élections auxquelles il peut participer si ça l`intéresse. Et céder le pouvoir au président élu. Alors ce n`est pas correct d`écrire le dauphinat. Normalement les animateurs des pages politiques des organes de presse devraient le savoir. Je me suis permis de le signaler parce qu`à mon avis, c`était le point le plus important de tout ce qu`on a entendu. Le reste étant de peu d`importance. Voilà Mesdames et Messieurs, ce que je voulais vous dire en vous souhaitant à tous et à toutes tous mes vœux. D`abord pour vous féliciter parce qu`on est passé par des périodes très difficiles dans cette institution. Elles continuent ces périodes difficiles. Je sais toutes les frustrations que vous pouvez ressentir devant le refus des ministres de venir en séance d`information présenter des lois. Mais aujourd`hui aucune de nos institutions de la République ne fonctionne correctement. C`est pour cela d`ailleurs qu`il nous faut aller vite aux élections et en finir avec la situation exceptionnelle. Mes félicitations pour votre patience. Félicitations pour l`intelligence que vous avez de participer aux travaux malgré les difficultés de participer aux débats et de montrer aux Ivoiriens que quelles que soient les difficultés, vous restez à vos postes, vous respectez vos engagements, vous discutez de tous les textes qu`on vous envoie . Vous votez les lois et quels que soient les textes qu`on vous enverrait, vous serez prêts. Vous étiez même prêts à accepter l`ouverture d`une session extraordinaire. Tous mes vœux pour Noël, tous mes vœux pour 2008. Nous avons souffert de beaucoup de décès pendant cette législature. Il faut prier le Seigneur que la nouvelle législature ne soit pas aussi désastreuse pour nous. Que nous puissions tous terminer 2008 en pleine santé de la même façon que nos familles respectives. Et que nous soyons tous réélus pour ceux qui le méritent dans leur circonscription. Je le dis parce que les élections étant prévues pour juin, c`est probablement l`avant dernière session ordinaire que nous avons. Si nous n`avons pas de session extraordinaire, nous aurons une session ordinaire en avril et ce sera pendant cette session que les élections vont probablement se dérouler. Je formule mes vœux maintenant pour chacun d`entre vous. Joyeux Noël à tous. Je vous souhaite de bonnes vacances, bonnes fêtes à tous et que Dieu vous protège."
Le nouveau réveil
22.12.2007. 03:24
Christian le 23.12.2007. 09:48
Cet homme doit vraisemblablement etre notre prochain president. Son motto reste la politique pour la politique et son patriotisme est objectif.
Vivement Koulibaly !
Camille Tohouri le 25.12.2007. 01:57
L'histoire de la libération de la Côte d'Ivoire retiendra trois grands hommes politiques: Felix Houpouet Boigny, Koudou Laurent Gbagbo et Mamadou Koulibaly.
Le premier l'a libérée du joug colonial. Le second est en train d'ouvrir les yeux des ivoiriens. Le dernier conduira le pays au modernisme.
Camille Tohouri










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