Élections - d'accord pour fin juin 2008
Le Président Laurent Gbagbo et son Premier ministre Soro Guillaume ont signé hier à Ouaga un accord fixant la date des élections présidentielle et législatives «au plus tard» à la fin du mois de juin 2008.Ils ont regagné la Côte d'Ivoire, Yamoussoukro, dans la soirée. Les délégations qui négocient vont signer ce matin l'accord complémentaire avant de rentrer à leur tour au pays. Le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso qui a fait cette déclaration à la presse fait remarquer que les parties signataires envisagent la tenue des élections pour fin premier semestre 2008.
Cette disposition de l'accord reprend à son compte l'une des résolutions qui avait sanctionné la première réunion du comité d'évaluation et d'accompagnement de l'accord de Ouaga qui s'était tenue à Yamoussoukro.
Cette date qui est proposée est beaucoup plus optimiste que celle initialement envisagée par la Commission électorale indépendante, qui avait indiqué la période de fin octobre 2008 pour la tenue de la présidentielle, si le processus d'identification et les audiences commençaient à temps.
Constitutionnellement, c'est cette commission qui propose au gouvernement les dates des élections, qui les entérine par un décret du Président de la République.
Il faut dire qu'avec la possibilité d'organiser les élections présidentielle et législatives fin juin 2008, l'Accord complémentaire de Ouaga fait tomber un tant soit peu la tension qui avait commencé à monter autour de la date de la tenue de la présidentielle. L'opposition avait fini par penser que le Premier ministre en charge du processus de paix qui doit déboucher sur des élections transparentes et justes usait de subterfuges en dénonçant le fétichisme des dates pour prolonger son séjour à la Primature. On avait même fini de se faire à l'idée qu'il était manipulé par le Président de la République qui, ne voulant pas quitter le pouvoir avant 2010, faisait du dilatoire.
On le voit, le consensus semble se dégager autour de la période des consultations générales de 2008.
Il urge maintenant de s'attaquer aux chantiers qui jalonnent le chemin conduisant aux élections. Les audiences foraines qui ont commencé avec 25 équipes là où il en faut 111 ont besoin de financement. 6,4 milliards sur les 8 milliards que doivent coûter cette opération ont été déjà utilisés, alors que la Primature a envisagé de mettre en route 86 nouvelles équipes. Les bailleurs de fonds et les partenaires au développement en sont encore au stade des intentions. Mieux, ils semblent indiquer aux Ivoiriens qu'ils doivent en premier compter sur leurs propres moyens. Ils attendent non seulement que le Premier ministre fasse des miracles avant de délier la bourse, mais ils viennent par le biais du Fonds monétaire international, de dire aux autorités ivoiriennes: vous êtes en crise comme la RDC, mais vous n'êtes pas un pays comme la RDC. Vous êtes un Etat fort qui a fait face aux charges de fonctionnement de l'Etat, donc trouvez vous-mêmes les moyens de financer votre programme de sortie de crise. Le FMI recommande maintenant à la Côte d'Ivoire de mobiliser les recettes fiscales de l'Etat dans les zones CNO au profit de ses caisses. Et pour cela, il exige le redéploiement fiscal, donc le retour des régies financières dans les zones centre, nord et ouest. C'est une bonne recommandation qui participe de la restauration de l'autorité de l'Etat sur tout le territoire et scelle aussi la réconciliation, mais il faut que cela se fasse dans la persuasion et dans la confiance. Cela demande du temps et pourtant, le temps par rapport à la tenue des élections ne suspendra pas son envol. Il faut donc savoir raison garder et faire les choses avec beaucoup de tact. Il n'y aura plus d'un côté le Premier ministre et le gouvernement et de l'autre l'opposition qui attendra que des comptes lui soient faits. Il faudra que tout le monde, intelligemment, concoure au respect de ce délai.
S: Fratmat
28.11.2007. 07:35
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