Alpha Blondy * icône culturelle de la Côte d'Ivoire

Les enseignants bénévoles vont intégrer la fonction publique

Laurent Gbagbo a bouclé à Korhogo, une visite d’Etat très attendue dans la région des Savanes. Il a fait beaucoup de promesses. Je vais commencer cette allocution en m’adressant à la jeunesse parce que nous n’avons pas le droit de désespérer de notre jeunesse. Ceux qui sont étudiants et qui sont ici, je ne vous ai encore rien apporté ; mais je vous ai amené 2000 matelas. (…)Toujours dans le chapitre de la jeunesse, ceux là m’attendent depuis 3 jours. Ils m’attendent depuis 3 jours et depuis 3 jours ils me suivent partout avec leur banderole parce qu’ils ne sont pas sûrs que j’ai bien lu ce qui est écrit dessus. Chers amis, j’ai bien lu, je sais que vous êtes des enseignants volontaires. Et avant de venir ici , j’ai reçu votre porte parole avec qui nous avons parlé. Il sait ce que je vais dire. Ce que je vais dire c’est que tous ceux qui parmi vous ont la qualification nécessaire seront recrutés. J’en ai discuté avec le ministre de l’Education nationale, avec l’ancien ministre de l’Education nationale qui est aujourd’hui ministre de la Défense, avec le Premier ministre et avec votre délégué. Je vais vous dire que la République de Côte d’ivoire n’est pas ingrate. La République de Côte d’Ivoire ne peut pas utiliser des personnes pour former ses enfants et puis au bout du compte les jeter. Donc ceux parmi vous qui ont le niveau, ils seront recrutés et on connaît déjà le nombre, mais je ne suis pas autorisé à dire le nombre ici. Vous allez régler ça avec votre ministère. Toujours dans la même veine, j’avais promis au plus fort de la crise de faire un effort supplémentaire pour relever le niveau d’enseignement et d’éducation des jeunes filles. Le moment est venu de tenir cette promesse là. Nous allons prendre la décision dès que nous rentrerons et nous allons construire 3 lycées de jeunes filles. L’un à Bondoukou, l’autre à Korhogo et le troisième à Odienné parce que nous constatons que dans la région Nord, souvent les jeunes filles sont laissées à la maison et les jeunes garçons sont poussés à l’école. Il faut rattraper vite cette anomalie, cette injustice. Le lycée des jeunes filles de Bouaké qui est chargé d’histoire, qui est chargé de nostalgie, sera réhabilité. Enfin sur le chapitre de la jeunesse, je vais parler du service civique que le Premier ministre et moi avons décidé de mettre en mouvement d’ici un mois, un mois et demi. Il s’agit de ceux qui n’ont pas été loin à l’école, pour ceux qui n’ont pas de formation, pour ceux qui n’ont pas de métier de rentrer dans le service civique, d’être formés à un métier et de venir sur le marché du travail en étant désarmés, démobilisés. C’est ce que nous allons faire et nous allons le faire à partir de janvier. Les jeunes, je veux que vous ne soyez pas désespérés, je veux que vous sachiez que la Côte d’Ivoire vous tend les bras et qu’il vous suffit seulement de venir tomber dans les bras qui vous sont tendus. (…) On ne répondra pas à toutes les doléances. Je l’ai déjà dit à Boundiali, à Tengrela, à Ferkessédougou que arrivé à Abidjan, nous allons former avec les présidents des conseils généraux, les maires, sous la présidence du Premier ministre, en tant que Premier ministre mais en tant que fils de la région, un comité de suivi pour tous les problèmes qui ont été soulevés et nous allons les disséquer un à un pour leur trouver des solutions. Mais pour l’heure il y a certaines questions pour lesquelles on peut trouver des solutions. Sur l’axe Boundiali-Tengrela. Il n’est pas bitumé, les travaux vont démarrer en février 2008, c’est-à-dire dans 3 mois. L’axe Boundiali-Odienné que nous avons programmé pour être l’axe Boundiali-Kankan. J’ai donné des instructions au ministre des Infrastructures économiques pour qu’il reprenne les négociations là où nous les avons laissées et quand ces négociations seront avancées, je vous avertirai (…) Monsieur le Premier ministre pour le comité de suivi, il faut que la première tâche, la tâche la plus urgente soit consacrée à la mise à niveau des demeures et des lieux de travail des préfets et des sous préfets. Un préfet, c’est le substitut du président de la République dans un département. ; un sous- préfet, c’est le substitut du président de la République dans une sous- préfecture. Que voulez-vous que pense la population en venant voir le représentant du président de la République dans un village confiné dans une chambre où il n’a même pas sa femme ni ses enfants où il n’a même pas un bureau pour travailler ? Je vous demande de consacrer votre première tâche à l’amélioration des conditions d’existence et de travail de l’administration territoriale. Je les ai autorisés aussi pendant ce temps avant que tout le monde ne soit totalement redéployé, à prendre quelques contractuels pour les aider, à tenir le courrier, à faire les audiences. Pour la filère coton, c’est un drame, mais nous n’allons pas pleurer sur les bancs. Je vais seulement vous dire que nous allons payer les 9 milliards d’arriérés, ce que nous devons aux paysans. Nous négocions avec différentes institutions et organismes, nous avons déjà eu une partie des fonds. Mais ici comme je l’ai dit au ministre de l’Agriculture hier soir, le plus important c’est de regarder et de faire une étude sérieuse du sol. Nous allons réfléchir à lancer une nouvelle agriculture dans cette région de la Côte d’Ivoire. Je dis toujours depuis dix ans que ce pays là est un pays riche. Quand on se promène d’Odienné à Bouna, il tombe de l’eau. Il nous faut travailler pour garder l’eau et l’utiliser à bon escient. Monsieur le Ministre de l’Agriculture, vraiment j’attends avec impatience le début des travaux de prospection pour voir ce que nous pouvons faire ici. On a le coton, on a la canne à sucre, on a l’anacarde, mais ce n’est pas suffisant, il faut encore aller plus loin pour diversifier. Ah ! Le conflit éleveurs-paysans ! C’est un vieux conflit. Même quand j’étais dans l’opposition, je suis venu faire une semaine à Korhogo pour qu’on fasse un travail. J’ai toujours mal quand on soulève cette question. Monsieur le Ministre, proposez- nous des décisions, nous allons les prendre. Voilà pour les revendications qui ont été faites, quelques-unes ont trouvé des réponses. Mais aujourd’hui vous mêmes vous savez pourquoi je suis là. Je suis là pour la paix. Je suis là pour que les Ivoiriens sachent qu’on peut quitter Abidjan et venir à Korhogo en voiture, en avion ou en train et retourner tranquillement à Abidjan. Une fois que nous avons signé l’accord de paix de Ouagadougou, une fois que nous avons levé la zone de confiance le Premier ministre et moi-même, une fois que nous avons donné des instructions à toutes les armées de Côte d’Ivoire pour maintenir la paix sur le territoire ivoirien, il faut que les citoyens ivoiriens aillent chez eux. Je suis heureux de voir que Fologo est chez lui à Péguékaha, que Amadou Gon est chez lui à Korhogo, que N’Golo Coulibaly est chez lui à M’Bengué. La liberté de circuler se trouve en circulant, il y a plein d’Ivoiriens qui ne circulent pas. C’est uniquement les étrangers qui circulent. J’engage les Ivoiriens à aller chez eux. Chers amis je suis venu parler de paix avec vous. Que la paix soit avec vous et que la paix soit sur la Côte d’Ivoire. Oui j’ai écouté le Premier ministre, il a fait un discours de quelqu’un qui ne veut pas être injustement attaqué et je suis d’accord avec lui. On peut dire que nous sommes impatient donc allons vite. Mais on ne peut pas dire que depuis la signature de l’accord de Ouagadougou, rien n’est fait. Le dire, c’est se tromper, ce qui n’est pas grave, mais c’est tromper les autres, c’est qui est plus grave. Je suis à mon même poste et j’observe. En 8 mois, il a été fait plus de progrès qu’en 4 ans. J’observe. Cela ne veut pas dire que ceux qui étaient là avant Soro ne valaient rien et étaient incapables mais ça veut dire que la condition dans laquelle ils étaient ne leur permettait pas de faire les progrès que nous avons réalisés et celui qui pouvait nous aider à faire des progrès, c’est lui qui est là aujourd’hui. Donc au lieu de l’attaquer puisqu’il n’est pas candidat aux élections, aidons-le, poussons-le à aller de l’avant. Mais les Africains ont une conscience tragique et c’est une conscience de tragédie. Dès qu’un problème se pose à eux ; ils veulent tout de suite dégainer. Non, on ne dégaine pas à tout moment. Il y a des moments où il vaut mieux aller lentement pour aller sûrement. Donc nous allons aux élections, mais il n’est pas juste de dire que rien n’a été fait. Beaucoup de choses ont été faites. On peut dire Monsieur le Premier ministre allez plus vite, on peut dire Monsieur le Président allez plus vite. Il ne faut pas être injuste en disant que ce qui est fait, ce sont des actes symboliques. Moi quand je me lève pour aller à Bouaké et qu’on me dit qu’on va m’assassiner et que je me lève et j’y vais quand même, on ne peut dire que c’est un acte symbolique ! Ah non ! je refuse de regarder ma vie comme un acte de symbole.(…) ce sont des actes réels que nous posons pour montrer qu’il faut aller au-delà des rumeurs, il faut aller au-delà des bruits et il faut aller dans la position de la paix. Je suis venu vous tendre la main pour la paix, je suis venu vous dire que la paix est possible en Côte d’ivoire qu’il y a des hommes de bonne volonté qui se lèvent de partout en Côte d’ivoire et qu’ils bâtissent avec nous la paix. C’est le message que je suis venu vous apporter. Reconnaître au moins une fois que son adversaire a bien fait c’est bon ! On peut faire la politique sans être de mauvaise foi. Je suis venu vous dire que la guerre est derrière nous. La guerre est finie ! la guerre est terminée ! Maintenant nous rentrons dans la dernière phase de la sortie de crise qui est la phase de préparation des élections. Nous allons préparer les élections. D’abord, les audiences foraines ont cours, elles se font conformément à la loi mais si nous continuons à mettre en rapport uniquement les audiences foraines et l’identification avec les élections, nous risquons de mal travailler. (…) Maintenant que nous avons choisi le deuxième opérateur, parce qu’il y a deux opérateurs, il y a l’Ins et un opérateur privé qui vient d’être choisi en la personne de Sagem. Nous allons demander d’établir les pièces d’identité pour les distribuer déjà aux Ivoiriens. On a cinq millions d’Ivoiriens qui peuvent d’ores et déjà recevoir leurs pièces. On va commencer avec eux pendant ce temps, on s’active à terminer les audiences foraines ailleurs. Donc nous avançons et les élections auront lieu. Il ne faut pas croire qu’il y en a qui veulent partir vite aux élections et les autres non. Ce pays est un pays de Dieu, c’est un pays où nous sommes nombreux, où nous sommes divers. Nous avons intérêt, nous plus que les autres, à nous approprier la démocratie parce qu’elle règle ce que nous allons choisir pour parvenir au pouvoir. La règle Sénoufo, la règle Baoulé, la règle Bété, la règle Malinké, la règle Kroumen ou quelle règle ? C’est pourquoi il est bon pour nous de nous approprier la démocratie qui met tout le monde d’accord. Un homme, une voix. Il faut le faire dans la clarté, il faut le faire dans la sincérité (…)

S: Nordsud

03.12.2007. 07:22

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