Les gros soucis de Djédjé Mady
Le numéro deux du PDCI a de gros soucis. Son patron l'engage à un travail d'Hercule : faire basculer les bastions du parti présidentiel au PDCI, en vue de la future présidentielle.Il est à la recherche d'un bastion. Pour y arriver, Djédjé Mady fait feu de tout bois. Ce week-end encore comme il y a quelques semaines, le numéro deux du PDCI est retourné dans sa région natale. Et le meeting qu'il a animé à Zikiboué (Saïoua) en dit long sur son désir de prendre pied dans la zone. La raison : au Pdci, il est de plus en plus reproché à Djédjé Mady de rester scotché à Abidjan, laissant le champ libre au FPI dans cette zone. A en croire des indiscrétions, des voix s'élèvent dans l'ancien parti unique, pour faire remarquer que le secrétaire général n'a pas de fief électoral. Des piques qui finissent par entamer la crédibilité du collaborateur de Konan Bédié. Le ''Sphinx'' de Daoukro n'est pas en reste, qui met la pression sur l'ancien ministre. Le retour au bercail devient donc une exigence, et cela vaut bien, pour Djédjé Mady, de tordre le coup à l'histoire. Il déploie un trésor d'énergie et d'imagination, pour appâter les siens. Il est fortement contrarié dans ses ambitions par ses adversaires, présents eux sur le terrain. Sa pièce de rechange : l'intoxication. Djédjé Mady tente d'attribuer une virginité à sa famille politique. Il ''oublie'' la très longue présence du PDCI à la tête de l'Etat, pour demander aux populations de redonner une nouvelle chance à Bédié. Dans son envolée, l'ancien ministre de la Santé tente d'effacer de la mémoire collective son appartenance à des gouvernements, et sa place naguère enviée à la plus haute hiérarchie du parti unique d'alors, où tout se décidait, au plus fort du règne de Félix Houphouët-Boigny. Pince sans rire, Djédjé Mady verse timidement dans le donnant-donnant. «Faisons tout pour ramener le PDCI au pouvoir. Votez Bédié aux prochaines élections. Là , vous m'aurez aidé, et je pourrai davantage vous aider comme je l'avais fait », plaide-t-il, pour rallier à sa cause le bourg de Zikiboué et Saïoua en général. Et pourtant ici, l'on se souvient volontiers que très peu de projets de développement ont été élaborés sous le vieux parti. A contrario, les populations étalent aux yeux de Djédjé Mady des faits tangibles sous la gouvernance du FPI, malgré la crise armée. De nombreux villages, ressassent-on au secrétaire général du PDCI, bénéficient désormais de l'électricité et d'adduction d'eau potable. Le conseil général, ajoutent des sources, représente une lueur d'espoir. Ces réalisations sont l'œuvre du PDCI, selon Djédjé Mady, confrontés à de gros ennuis politiques. Il y va de ses surprenantes explications, entendues à maintes occasions : c'est la centrale d'Azito « réalisée par Bédié » qui permet dorénavant la distribution à outrance de l'électricité. Pour nombre d'observateurs, la justification est peu convainquante. De fait, Djédjé Mady sème la confusion des siens. Les réalisations gouvernementales de l'ère PDCI sont à dessein confondues aux investissements privés de Konan Bédié. Ceci dit, à en croire des indiscrétions, la mayonnaise a du mal à prendre. Mais le temps joue contre Djédjé Mady. Son maintien au secrétariat général du PDCI à la fin de son mandat, et même d'autres promotions sont liés au score de son patron dans sa localité. La consigne est claire au parti sis, Boulevard Thérèse Houphouët-Boigny (ex Boulevard de France) à Cocody. Face à la ruée des partisans de Konan Bédié vers le FPI, les cadres issus des bastions perdus sont mis à rude contribution. Leur survie politique passe par l'inversement de la tendance. Et à l'Ouest où les pontes du PDCI ont tourné casaque, Djédjé Mady est investi d'une mission périlleuse. De fait, Ipaud Lago, l'ex-M. Elections du PDCI, et haut dignitaire local (Issia) est rentré dans les rangs. La tendance est suivie dans le Haut Sassandra. C'est sûr, l'enjeu est de taille. Et la gestion scabreuse du PDCI n'est pas l'allié du professeur en médecine.
S: Le matin
20.11.2007. 16:53
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