«Nos dirigeants sont des spectateurs du désespoir», regrette le reggaeman ivoirien Kajeem
L’un des célèbres chanteurs de reggae ivoirien Kajeem, de son vrai nom Guillaume Konan, a regretté, lors d’un entretien avec APA, mercredi, «l’extraordinaire passivité des chefs d’Etats africains, depuis qu’ils regardent les jeunes du continent se jeter à la mer, dans des embarcations de fortune, en quête d’une vie meilleure ».Pour Kajeem, «les politiciens africains n’ont d’autres visions que leurs intérêts personnels. Ils n’ont aucune sensibilité pour leur peule» qui, à leurs yeux, «ne représente rien ».
«Ce qui les caractérise, c’est leur manque de vision. Depuis près d’une vingtaine d’années, la jeunesse africaine se suicide dans le détroit de Gibraltar, en tentant de joindre l’Europe sur des radeaux. Nos dirigeants sont des spectateurs du désespoir. Ils ne font rien. Ils viennent là (au pouvoir ndlr), pour se servir », a-t-il ajouté.
«Pas un sommet, pas une réunion de concertation entre nous Africains», pour ouvrir ce dossier et lui trouver, ne serait-ce que des ébauches de solutions communes. Au contraire, chacun s’est empressé d’aller signer des accords secrets avec le pays d’accueil, sans aucune explication ou véritable proposition pour en finir, par nous-mêmes, avec ces milliers de suicides collectifs », se désole l’artiste ivoirien.
C’est pourquoi, avec dépit, Kajeem invite la jeunesse africaine «à ne plus se faire d’illusion et à prendre son destin en main, en ne comptant désormais que sur elle-même ».
«Les jeunes doivent comprendre que nul ne peut réaliser de bons projets pour eux. Ils doivent se battre pour cela et ne compter que sur eux-mêmes. Je ne crois pas que ce serait un politicien qui les sortira de la galère », a-t-il averti. . Les rastas disent que nul n’a créée de l’emploi pour le premier homme sur la terre, souligne Kajeen, estimant que les jeunes aujourd’hui ont « peut-être eu plus de chance » parce que « plus instruits » que les parents. Pour cette raison, il appelle les jeunes à se « battre »
« Je les appelle à la responsabilité, qu’ils continuent à se former parce que l’éducation, c’est la clé de la réussite. C’est en prenant leur sort entre leurs mains, qu’ils s’en sortiront », insiste l’artiste.
Le rappeur ivoirien dit avoir pris désormais ses distances avec les politiciens de tous bords. «J’ai toujours voulu prendre mes distances vis-à -vis de ces politiciens, parce que tout ce qu’ils font est calculé. Ils ne font rien de façon fortuite. Ils n’agissent que pour leur seul profit. C’est pourquoi, j’ai décidé de me battre seul, afin d’avoir mon indépendance. La liberté a certes un prix, mais c’est mieux », conclut-il.
Kajeem a confié à APA que l’Afrique de ses rêves, a besoin de « Chefs d’Etat à la dimension de Nelson Mandela », pour espérer sortir de la misère.
«Si on pouvait avoir une vingtaine de Mandela, l’Afrique irait mieux. Mais ce n’est pas avec les politiciens que nous avons maintenant, que l’Afrique s’en sortira », a-t-il estimé.
Auteur-compositeur, Kajeem compte à son actif cinq albums, dont le dernier intitulé «Qui a intérêt», est sur le marché depuis quelques semaines.
Ambassadeur du Comité international de la Croix rouge (CICR), Guillaume Konan a également travaillé avec le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR).
Homme de Lettres, il anime des ateliers d’écriture dans plusieurs pays africains et européens. A ce titre, il compte mettre prochainement, sur le marché du livre, « un recueil de nouvelles ».
BA/ib/APA
01.08.2008. 04:00
ruben_arca le 01.08.2008. 07:28
Je salue Kajeem qui est un artiste que j'admire très particulièrement. je suis d'avis avec lui et j'invite tous les jeunes à se battre pour son indépendance.En effet, même si l'on a des parents plein aux as, nous ne devons jamais compter sur eux. Aussi, les actuels dirigeants de l'Afrique ne feront jamais rien de concret pour sortir leurs pays de la pauvrété. Merci.










Ecrire un commentaire
* = mention obligatoire