Alpha Blondy * icône culturelle de la Côte d'Ivoire

Onuci & Facilitation Burkinabée en Côte d’Ivoire/ Brouille à l’horizon?

Depuis la signature de l’Accord politique de Ouagadougou, le 04 Mars 2007, la résolution de la crise ivoirienne échappe, en bien des points, à l’organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci).Elle est beaucoup plus de l’apanage du cabinet de la facilitation burkinabée du dialogue inter-ivoirien, sis au Plateau. Composée d’une dizaine de personnes, tous de hauts cadres burkinabés, cette équipe, gère au quotidien l’évolution du processus de paix. Mais, depuis quelques mois, face à la complexité de certains dossiers , elle a l’impression d’être laissée pour compte par les responsables de l’Onuci. C’est en tous cas, ce qui a transpiré d’un entretien qu’a bien voulu nous accorder, un haut responsable de la facilitation burkinabée en Côte d’Ivoire. Pour ce dernier, « Il est difficile d’expliquer l’attitude de l’Onuci. Je crois que de plus en plus, elle nous voit en structure concurrente, au lieu de s’investir un peu plus pour que nous travaillions ensemble » explique tout dépité ce cadre burkinabé. Il en veut pour preuves un certain nombre de faits. « Regardez, au niveau du règlement de certaines situations urgentes, l’Onuci croise les bras et nous regarde faire. Je puis vous dire que bien de fois, nous avons du recevoir les hommes politiques ivoiriens nuitamment pour leur demander de mettre balle à terre, dans l’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire.
Autre fait, c’est au niveau des moyens. Disons nous le tout net, l’Onuci ne nous appuie pas assez au niveau des moyens. Or, étant donné que nous poursuivons le même but, il y aurait du avoir une complémentarité d’actions et de moyens. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. » affirme t-il. Censée certifier les élections ivoiriennes, l’Onuci tire tout le sens de sa présence actuelle en Côte d’Ivoire sur cet état de fait.

Là dessus , le fonctionnaire burkinabé reste très critique à l’égard de l’Onuci. « Je suis d’accord avec vous, car les élections à venir en Côte d’Ivoire sont très importantes, et ont besoin d’être organisées dans toutes les normes démocratiques. Mais le hic avec l’Onuci, c’est qu’elle ne sait pas jusqu’à ce jour, sur quelles principes se baser, pour édicter les critères qui vont permettre de certifier les prochaines élections générales en Côte d’Ivoire.

A preuve, alors que les dates de présidentielles ont été deux ou trois fois annoncées, jamais l’on n’a su les données de certification pour lesdites élections. Cela peut engendrer des troubles graves, si les acteurs politiques ivoiriens ne savent pas en quoi s’en tenir, après une élection. » enfonce t-il. Pour beaucoup de citoyens ivoiriens, les actions de l’Onuci dans la sortie de crise sont peu visibles.

Un constat que partage notre interlocuteur, et qui préfigure selon lui de malsaines relations entre l’Onuci et la facilitation, si rien n’est fait. « Nous devons arriver à un stade d’uniformisation des actes et des engagements. Faute de quoi, la médiation burkinabé et l’Onuci risquent de prendre des initiatives contraires et cela entacherait la crédibilité des deux entités, en principe, censées ramener la paix en Côte d’Ivoire ». Eu égard au report de l’élection présidentielle, il importe que ces deux structures accordent leurs violons pour soutenir les efforts du gouvernement ivoirien et des acteurs politiques pour une sortie de crise réussie et une paix durable en Côte d’Ivoire.

Vincent BOTY

04.11.2008. 10:11

Aucun commentaire pour cet article. Soyez le premier a le commenter.

Ecrire un commentaire

* = mention obligatoire

:

:

:


6 + 9 =

Thématiques


Ble Goude
dechets toxiques abidjan Côte d'Ivoire
Laurent Gbagbo
Simone Gbagbo
Soro Guillaume

Commentaires

Syndication


pub spécialLa Presse ivoirienneLa filire caf cacao

Derniers Articles