Pourquoi Koulibaly Mamadou prend ses distances
Koulibaly Mamadou serait-il en exil ? Y aurait-il une brouille entre le troisième vice-président du Front populaire ivoirien (FPI) et son parti ? Hier, nous avons tenté de comprendre pourquoi le président de l’Assemblée nationale prend ses distances vis-à -vis de son parti et du processus politique en cours. D’abord l’absence remarquée de Mamadou Koulibaly, à l’Assemblée nationale. Elle est, selon notre source, consécutive à la crise parlementaire de janvier 2006, sous l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny. L’on se souvient qu’après avoir dit oui et signé, avec leurs collègues du Front populaire ivoirien (FPI), le document relatif à la reconduction du mandat parlementaire après décembre 2005, les groupes parlementaire PDCI et UDPCI avaient, par la suite, renié leur signature pour dire qu’ils ne se sentaient pas concernés par cette décision de reconduction du mandat parlementaire. Une décision qui avait été prise par l’ensemble des députés, en présence du président de l’Assemblée nationale, qui s’était d’ailleurs chargé, par la suite, de le signifier au chef de l’Etat. Mamadou Koulibaly aurait vu, à travers le revirement spectaculaire des députés de l’opposition, une infantilisation de l’institution qu’il dirige, la plus importante après la présidence de la République. Le chef du parlement ivoirien, qui ne croit plus en la sincérité d’un bon nombre de députés, décide alors d’être de moins en moins présent à l’hémicycle. « Koulibaly ne supportait plus cette façon de faire des députés de l’opposition. C’est pourquoi il a pris ses distances. D’ailleurs, actuellement, le travail qui se fait à l’Assemblée nationale, ce sont les conventions, ce sont de petites lois. Ce que la première vice-présidente peut faire, sans que cela ne gêne le fonctionnement de l’Assemblée nationale. La vice-présidente peut officier des plénières, ce n’est pas seulement le président de l’Assemblée nationale qui peut le faire », indiquait, hier mardi, un député FPI, qui a requis l’anonymat, refusant d’en dire davantage sur ‘’l’affaire Koulibaly’’. En effet, si le président de l’Assemblée nationale peut se permettre de s’absenter aussi longtemps aux travaux parlementaires, c’est que la première vice-présidente, Madame Agoh Marthe, élue dans les mêmes conditions que le président de l’Assemblée nationale, peut constitutionnellement le remplacer aux travaux parlementaires. C’est que la constitution ivoirienne en vigueur a créé un poste de premier vice-président pour, justement, éviter de tomber dans un vide constitutionnel en l’absence du président du parlement. « Donc Madame la Première vice-présidente peut ouvrir et clôturer les sessions parlementaires sans problèmes », nous a-t-on dit. Silence intriguant S’agissant des absences de Koulibaly Mamadou, le 30 juillet dernier à la cérémonie de la flamme de la paix de Bouaké et dernièrement à la visite d’Etat du président Gbagbo dans le nord du pays, du 28 au 30 novembre 2007, il s’agirait là d’une simple stratégie des tenants du pouvoir, stratégie qui voudrait que le président de l’Assemblée nationale ne se retrouve pas au même endroit et au même moment, avec le chef de l’Etat. Surtout quand les déplacements du président de la République sont à risques tels que ceux de Bouaké et la visite d’Etat dans le nord du pays. « Qu’est-ce qui se serait passé si à Bouaké il y avait eu un problème avec chef de l’Etat, où que dans le nord, il y avait eu un crash ? Imaginez-vous que Gbagbo et Koulibaly soient ensemble dans un déplacement à risques, alors que notre constitution dit qu’en cas de problème avec le chef de l’Etat, c’est le président du parlement qui prend le pouvoir. Vous voyez, ce sont des choses qu’il faut prendre en compte dans un pays, surtout avec la situation que nous connaissons en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi Gbagbo ne se retrouve pas très souvent au même endroit que Koulibaly », explique une source parlementaire. Mais au fait, où se trouve aujourd’hui le chef du parlement ivoirien, annoncé par des confrères, tantôt aux Etats-Unis, tantôt au Ghana voisin ? Lorsque nous avons joint, hier après-midi, le secrétariat du président de l’Assemblée nationale, il nous a été indiqué que l’homme est, depuis plusieurs jours, à l’extérieur de la Côte d’Ivoire. Mais la dame que nous avons eue au bout du fil s’est refusée à nous en dire davantage. « Pourquoi voulez-vous savoir où il est parti. Sachez simplement qu’il est hors du pays. Voilà ! », nous a-t-on dit. Mais selon une autre source, non moins crédible, le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire serait au Ghana voisin, comme l’avait déjà annoncé un confrère. La raison de la présence de Koulibaly au pays de John Kufuor est simple : toute sa famille y vit, ses enfants résident dans ce pays depuis le déclenchement de la crise armée. « Koulibaly a rejoint toute sa famille qui vit au Ghana. Quand il n’a pas grand-chose à faire à Abidjan, il rejoint sa famille au Ghana. Les gens ne savent pas tout ça et ils disent des choses fausses », a relevé notre informateur. Qu’en est-il de l’idée qu’on lui prête de créer un parti politique en dehors du FPI ? « Koulibaly Mamadou est un homme libre dans la tête. Il n’a jamais exprimé la moindre volonté de quitter le FPI, parce que justement, il s’exprime librement au sein du FPI », fait remarquer une élue. Aujourd’hui troisième vice-président du FPI, Koulibaly Mamadou, serait, malgré les informations les plus fantaisistes sur son militantisme au FPI, en parfaite harmonie avec le parti présidentiel. Reste que son silence intrigue plus d’un en Eburnie.S: soir info
06.12.2007. 12:27
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