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Primature Tout sur le voyage manqué de Soro aux Usa…

Les patriotes et autres ultra Gbagbo ont jubilé lorsque le Chef de l’Etat, a pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir , pris part à une Assemblée générale de l’ONU et pris la parole pour défendre la sortie de crise. Mais ce qu’ils ignorent à ce jour est que c’est plutôt le Premier ministre Guillaume Soro qui devait être au pupitre des Nations Unies ce jour là. Des tractations de dernière minute au sommet de l’Etat ont eu raison des ambitions de Soro… Le porte-parole de la Primature a lors de sa première conférence de presse hebdomadaire indiqué pour répondre à ceux qui pensent que le secrétaire général des Forces Nouvelles veut s’éterniser à la Primature que Soro n’a pas pris les armes pour ‘’un poste de Premier ministre’’. Mieux il a mis en exergue le caractère ambitieux de son patron. Effectivement, Guillaume Soro est un homme aux dents longues qui subtilement est en train de troquer la tunique de chef de guerre à celle d’homme d’Etat. Déjà chef de guerre, il a parcouru de nombreuses capitales africaines et hexagonales. Ministre d’Etat hier et Premier ministre aujourd’hui, il n’y a plus qu’ un pas à franchir pour atteindre la magistrature suprême. Pour ce faire, Guillaume Soro se fait un réel plaisir de représenter à l’extérieur le Président Gbagbo depuis la signature de l’Accord de Ouaga. Le Président ivoirien qui multiplie les gestes de bonne volonté envers son Premier ministre n’avait jamais imaginé un seul instant que Soro caresserait le désir de le suppléer à une tribune aussi prestigieuse que celle des Nations Unies. Or selon toute vraisemblance, le locataire de la ‘’case du Plateau’’ n’attendait seulement qu’un désistement confirmé de Laurent Gbagbo pour réaliser ce qui allait constituer une rampe de lancement inestimable pour lui. Après Tunis, Nouakchott, Bamako et Abuja etc qui ont servi de ‘’training’’ diplomatique à Soro, le Premier ministre aurait envisagé de se rendre à New York à l’occasion de la dernière assemblée générale des Nations Unies. Ce désir de se rendre à la maison de verre n’a certes pas été divulgué par la maison Soro en ce sens qu’il fallait à tout prix éviter de heurter les susceptibilités au sein du camp présidentiel. Pour ne pas vexer Gbagbo et les ultra de son sérail, l’ambition était partagée par des happy few. Cependant, l’espoir d’effectuer ce voyage était grand dans la mesure où Laurent Gbagbo était encore hésitant à se rendre à New York. Le Chef de l’Etat ne voyait jusque là pas la nécessité pour lui de se rendre dans un lieu où des ‘’mines étaient posées partout’’ dit-on. Aussi tarde t-il à se décider alors que Robert Bourgi n’en finissait pas de lui faire miroiter les retombées d’une poignée de main avec Nicolas Sarkozy. Cette poignée de main était pour Bourgi ‘’l’affaire du siècle’’ en raison des divergences idéologiques des deux hommes. Dans les coulisses, les agitateurs d’idées proches de Soro misaient beaucoup sur ‘’l’intransigeance du résistant Gbagbo’’. Les ‘’spins doctors’’ des Forces Nouvelles ont donc trouver l’ingénieuse idée de propager dans la main courante l’argument selon lequel le chef du gouvernement ivoirien aurait été une sorte de curiosité qui aurait attiré l’attention et faire sensation aux yeux des médias et des observateurs internationaux. A les en croire, la Côte d’ivoire aurait engranger plus de lauriers de la présence de Soro que celle de Laurent Gbagbo.Et même si la reserve de la France et du Président Sarkozy à l’égard de Gbagbo et de l’accord de Ouaga est pareille et que rien ne prouve aussi que le Premier ministre est mieux en cours auprès de l’Elysée( Cf. les échanges à Bamako avec Kouchner), les collaborateurs du Premier ministre espéraient que leur patron aurait obtenu plus qu’une poignée de main avec Sarkozy. La finalité pour Soro était de rentrer dans ‘’la cour des grands’’ par la grande porte en effaçant de sa mémoire ses incessantes allées et venues dans les couloirs de la Maison de verre sans jamais avoir accès aux décideurs. L’activisme des hommes de Soro a été tel que des fuites ont en lieu. Autour du Chef de l’Etat, l’on a commencé dès lors à appuyer les bons offices de Robert Bourgi. Pour les ultra, il était hors de question que ‘’Gbagbo déroule un tapis à Soro afin qu’il s’exprime au nom de la Côte d’ivoire à l’ONU’’. Les patriotes et autres faucons qui ont été pratiquement forcé à faire la paix avec Soro allaient difficilement avaler cette couleuvre. Une cellule de crise est alors formée pour débattre de la question et analyser tous les contours du voyage à l’ONU. Selon des sources dignes de foi, la thèse de l’ouverture sur l’extérieur en expliquant la crise ivoirienne sans en attendre grande chose a pris le pas sur la politique de réclusion qu’adoptait Gbagbo jusqu’alors. Mais entre temps, le cercle des durs du camp Gbagbo auront réussi à faire intégrer au Chef de l’Etat, les risques à long terme de sa propension à vouloir ‘’ abusivement se faire représenter par Guillaume Soro’’. Donner des gages à Soro oui, mais le faire à tout-va en l’autorisant à parler à la tribune de l’ONU serait la prime suprême à la rébellion en Cote d’ivoire ont fait valoir les caciques du sérail. En fin de compte et pendant que le fantasme onusien était à son paroxysme, le Président Gbagbo a décidé finalement d’allait lui-même plaidé la cause de la Côte d’ivoire en défendant l’Accord de Ouaga. Et pour en rajouter à la désillusion des collaborateurs de Soro, le Chef de l’Etat devrait être présent, à en croire nos sources au sommet Europe-Afrique à Lisbonne alors qu’il a décliné récemment en dernière minute une invitation de l’UNESCO à Paris. Or dans l’ombre, les spins doctors de Soro avaient également misé sur ces deux grands évènements qui devaient ‘’assurer une grande visibilité et une présence diplomatique internationale’’ au leader des Forces Nouvelles. Nonobstant cette déconvenue, un voyage à Paris de Guillaume Soro n’est pas à exclure. Plus confiants sur ce voyage, l’entourage de Soro prédit même un ‘’voyage présidentiel’’ comme ce fut le cas pour Diarra et Banny. Dans le même ordre d’idée, l’on évoque le récent entretien Sarkozy-Ouattara pour se rassurer du fait qu’un ‘’successfull trip’’ sera réservé à Soro à Paris. N’empêche que ce ‘’behaviourisme’’ est tempéré par un fait. C’est que depuis les résultats de Diarra et Banny et aussi avec l’Accord de Ouaga, tout est fait pour montrer que Gbagbo et son pays n’ont nullement besoin de la France pour exister. Et que le soutien de l’Elysée n’est pas un gage de succès dans l’application d’un accord. En vérité, c’est la raison fondamentale de ‘’l’indifférence diplomatique’’ à l’égard de Laurent et Guillaume.
Valéry Foungbé et Ismaël Dembélé
S: L'intelligent

16.11.2007. 15:02

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