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"TOUT CE QUI CONCOURT AU …RALENTISSEMENT ET AU REFUS DES ÉLECTIONS SERA DÉNONCÉ"

On l’attendait sur le dossier des dernières sorties de l’ex-rébellion, qui accusent son parti de saboter le processus de paix initié par l’accord de Ouagadougou. Cet matin, à Koumassi, quartier au sud d’Abidjan, où il était en meeting ce samedi, le chef du PDCI n’a pas mis du temps à aborder ce sujet. De front.

«Tout ce qui concourt au blocage, au ralentissement et au refus des élections sera dénoncé vigoureusement par le PDCI-RDA», a déclaré Henri Konan Bédié. A la grande joie de plusieurs milliers de ses militants (35 à 40 milles selon les organisateurs)rassemblée sur une place publique. L’ancien Chef de l’Etat, passé dans l’opposition depuis le coup d’Etat militaire du 24 décembre 1999, a prévenu dans le même temps que son parti «ne se laissera ni infantilisé, ni distraire».

Considérant l’annonce d’un futur remaniement comme un «chantage», le président du PDCI a d’ailleurs invité les ex-rebelles à «réfléchir plus d’une fois», au nom de «l’idée de gouvernement de réconciliation nationale». «Peuvent-ils oublier que l’accord de Ouagadougou reprenant les dispositions de tous les accords de paix antérieurs entérine la participation de droit de tous les partis ivoiriens signataires de l’accord de Ouagadougou ?», s’est interrogé M. Konan Bédié. Soutenant que «dans une démocratie, on ne saurait exclure les partis politiques légaux de l’action politique…».

Réponses à Guillaume Soro

Le président du PDCI a saisi l’occasion de son meeting de Koumassi pour donner son avis sur la durée du processus de paix. «Peut-on raisonnablement parler de "fétichisme des dates" quand on s’est librement donné des tâches à accomplir dans un temps dont on a, soi-même, fixé les limites, en toute responsabilité et en toute connaissance de cause» ?, a-t-il demandé. Faisant ainsi allusion à une phrase récurrente du Premier ministre Guillaume Soro mentionnant qu’il n’y aura pas de «fétichisme des dates», parlant de la fin du processus initié à Ouagadougou.

De même, la notion de «petite paix» utilisée dernièrement à Gagnoa, par le chef du gouvernement, a eu une réaction de la part de Henri Konan Bédié. «Peut-on raisonnablement demander aux Ivoiriens de se contenter de "la petite paix" quand on s’est engagé dans un accord qui prévoit le retour du pays à une vie normale dès janvier 2008 ?», a-t-il questionné.

«L’accord de Ouaga aura vécu…»

Pour le Chef de l’ancien parti au pouvoir, «le constat est clair : l’accord de Ouagadougou aura vécu; car initialement prévu pour durer dix mois, sa mise en exécution est à peine entamée huit mois après». Henri Konan Bédié a donc affirmé que «dans deux mois, cet accord sera caduc». Avant de s’interroger sur l’avenir du processus.

Le président du PDCI propose en tout cas une nouvelle intervention onusienne. «Le PDCI-RDA souhaite qu’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU soit adoptée en sa prochaine séance de janvier 2008». Précisant que «celle-ci devra prendre de nouvelles mesures destinées principalement à accélérer la préparation de l’organisation des élections en menant de front l’ensemble des opérations qui doivent y concourir».

Notons que, comme à Dabou le 22 septembre dernier, le président du PDCI s’est attaqué également à la gestion du FPI, lors de son meeting de ce samedi. Henri Konan Bédié a notamment dénoncé ce qu’il appelle «l’importation des déchets toxiques», «les détournements honteux de deniers publics» et « la spoliation des paysans».

Barthélemy KOUAMÉ barthelek@fratmat.info

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