Un nouveau gouvernement en janvier :Gbagbo donne son O.K. à Soro
Le Premier ministre, Guillaume Soro, prépare sans bruit son nouveau gouvernement. La nouvelle équipe devrait être sur pied, si tout se passe comme prévu, en janvier prochain. Le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, et les principaux leaders approchés ont donné leur accord.
La démarche est discrète.
Les intentions sont claires.
Guillaume Soro veut changer son équipe.
Le Premier ministre veut remodeler le gouvernement.
Sans doute pour donner une nouvelle impulsion au processus de sortie de crise.
Selon une indiscrétion au sein de l’exécutif ivoirien, le chef du gouvernement veut attaquer l’année électorale avec du sang neuf.
Ce remaniement, au stade de projet, devrait se réaliser en janvier 2008.
Et Guillaume Soro a déjà entamé ses consultations.
Le chef de l’Etat, selon une autre source proche du palais du Plateau, a été le premier à être saisi.
Laurent Gbagbo, auprès de qui Guillaume Soro a « vendu » l’idée de revoir la configuration de son gouvernement, a donné son accord.
Cela ne représente pas, en soi, une surprise.
En effet, des sources proches de la Primature ont, depuis longtemps, prêté à Désiré Tagro, ministre de l’Intérieur, la volonté de voir le gouvernement remanié et purgé de ses ministres issus des partis non signataires de l’accord de Ouagadougou.
Autrement dit, sur la question, la Présidence était déjà devant la Primature.
Fort donc de l’aval du chef d’Etat, Guillaume Soro a fait le tour des leaders dont les partis sont concernés par ce mouvement.
Le vendredi 7 décembre dernier, il était à Yamoussoukro.
Dans la cité des Lacs, Guillaume Soro a rencontré le président du PDCI, Henri Konan Bédié, en marge des assises de l’UPF, Union de la presse francophone, et de l’anniversaire du décès du président Félix Houphouët-Boigny.
Il est allé signifier au patron de l’ancien parti unique, membre du CPC, son désir de relooker le gouvernement.
Leader du RDR et également membre du CPC, Alassane Dramane Ouattara, est lui aussi au fait de la nouvelle.
A tous ces leaders, le Premier ministre a argumenté son projet.
De sources bien introduites, celui qui conduit actuellement le processus de sortie de crise ne souhaite plus avoir à ses côtés des ministres « trop marqués » politiquement durant la période conduisant aux élections.
Comme on le voit, Guillaume Soro, neuf mois après son premier gouvernement, a repris à son compte les exigences du chef de l’Etat.
Mais il y a mieux.
Dans le nouveau gouvernement, certains leaders de partis politiques connus tels que Albert Toikeusse Mabri pour l’UDPCI et Mel Eg Théodore pour l’UDCY, candidats potentiels à l’élection présidentielle sont les premiers visés.
C’était une autre exigence de Laurent Gbagbo aux premières heures de la constitution du gouvernement du 7 avril que Guillaume Soro a remise sur la table.
Le cas du ministre du Transport, Albert Toikeusse Mabri, passé au crible des accusations de mauvaises gestions à travers une campagne médiatique acharnée semble être réglé.
De lui et d’autres ministres Guillaume Soro, n’en veut plus.
L’information, gérée avec délicatesse, n’est évidemment pas confirmée par la Primature.
Joint hier pour en savoir un peu plus sur ce remaniement attendu, le porte-parole de la Primature, Sindou Méité, nous a confié simplement que “le Premier ministre n’était pas au courant” de l’information.
Encore une fois, la délicatesse du sujet requiert une attitude de prudence chez le Premier ministre, déjà échaudé par les déclarations tonitruantes de Sidiki Konaté, qui, il n’y a pas longtemps, revendiquait, au nom des Forces nouvelles, une nouvelle équipe gouvernementale, délestée de « tous ceux qui ne soutiennent pas l’accord de Ouaga ».Hervé Akaché
23.12.2007. 12:21
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