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Visite de Gbagbo à Bouaké

Le président de la République, Laurent Gbagbo, est annoncé, en début de semaine prochaine à Bouaké. Cette autre visite dans la capitale de Vallée du Bandama revêt un intérêt important, aussi bien pour le Front populaire ivoirien dont il est le candidat officiel à la présidentielle que pour lui-même en tant que chef de l’Etat. La raison avouée de ce voyage c’est le chef de l’Etat lui-même qui le donne. « C’est normal qu’un président de la République soutiennent son Premier ministre, sinon je ne l’aurait pas nommé (...) Cette fois-ci je ne vais pas en meeting. Je vais discuter des conditions des gens à qui on a dit ‘‘ laissez les armes et aller à la maison ! ’’ Quand on dirige un pays et qu’on veut la paix , on discute avec ces jeunes. Il faut pouvoir leur dire ‘‘ je ne peux pas vous donner un jaguar mais je peux donner un vélo pour partir à la maison’’ », a expliqué le chef de l’Etat Laurent Gbagbo. C’était lors de la cérémonie d’ouverture du premier salon ivoirien des métiers au Golf hôtel d’Abidjan. Ces propos de Laurent Gbagbo placent au cœur de son voyage à Bouaké la question non moins délicate du désarmement des combattants de la rébellion armée. Le chef de l’Etat se rend donc à Bouaké au moment où la députée d’Abobo et deuxième vice-présidente du Fpi, Simone Ehivet épouse Gbagbo, par ailleurs Première dame, achève dans cette région une tournée politique. Tournée au cours de laquelle elle a ouvertement remis au goût du jour le problème du désarmement. Dans un langage direct et franc, elle a demandé que les Forces nouvelles déposent les armes afin d’épouser l’ère de la paix et de la réconciliation prônées par tous en Côte d’Ivoire. Cette exigence de Mme Gbagbo a provoqué l’ire des Forces nouvelles et a donné lieu à une séance d’explication entre elle et les hommes du Premier ministre, Soro Guillaume, secrétaire général des Forces nouvelles. Le sujet du désarmement est donc si brûlant que Laurent Gbagbo a décidé d’en parler avec les jeunes ex-combattants. Il notera leurs préoccupations et tentera de les rassurer et de les convaincre. Sûrement que cet échange mettra fin aux manifestations incessantes de revendication des jeunes combattants. Si le chef de l’Etat réussit cette mission, il gagnera sûrement de bons points auprès non seulement de ces derniers mais aussi auprès de leurs parents, potentiels électeurs. Ce voyage de Gbagbo à Bouaké est vu par ailleurs comme une autre occasion pour lui de tester sa cote de popularité et son autorité dans cette région en cette période de pre-campagne électorale inavouée. Pour bien d’observateurs de la vie politique en Côte d’Ivoire, la face cachée de la visite de Gbagbo à Bouaké, n’est autre que la volonté de Gbagbo et de son parti d’origine d’effacer absolument les traces laissés par Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci). En effet, du 24 au 31 août 2008, Bédié a parcouru les différentes localités de la région. La particularité de cette tournée politique a été la grande mobilisation enregistrée à chaque meeting. Devant les foules de militants et de sympathisants, Bédié ne s’est pas fait prier pour dénigrer son principal adversaire qu’est le Front populaire ivoirien (Fpi) dont est issu le camp présidentiel, l’accusant de mal gouvernance et le qualifiant d’incompétent quant à conduire les destinées du pays. Dans la tentative de faire oublier à tous cette visite de Bedié, la vice-présidente du Fpi, Simone Gbagbp s’y est rendue, réussissant à focaliser l’actualité politique autour d’elle. Comme si cela ne suffisait pas, ce sera autour de Gbagbo d’aller « arracher » la sympathie et l’estime des populations de Bouaké. En vérité Bouaké, quartier général de l’ex-rébellion armée est de plus en plus convoitée par des partis politiques aspirant au pouvoir d’Etat. Ils mènent alors, chacun allant de sa stratégie, des opérations de charme dans cette région. La Vallée du Bandama est une zone importante en terme d’électorat. Tous veulent, alors, convaincre les votants de cette partie du pays. Les Forces nouvelles qui occupent encore la capitale du centre du pays ne présenteront pas de candidat à l’élection présidentielle. D’autant plus que leur leader Soro joue un rôle d’arbitrage entre les candidats déclarés, chargé qu’il est de conduire la politique générale de sortie de crise devant aboutir à l’élection présidentielle. Ainsi, l’électorat de Bouaké est comme mis aux « enchères » et votera pour qui le rassurera.
S: soir info

13.09.2008. 12:03

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