Retour au pays (1)
Bonjour à tous.S'il y a un sujet qui attire bien notre attention en tant que membre de la diaspora ivoirienne, c'est bel et bien celui du retour au pays. Mais les véritables questions qui méritent d'être posées face à cette préoccupation tout a fait légitime est de savoir pourquoi et comment je retourne. Quels sont mes plans ? Ai-je évalué le facteur risque de mon retour. Quelles sont les moyens dont je dispose pour faire face à toute situation.
Autant de questions qui devraient au préalable trouver une tentative de réponse.
Le frère N'Zi que je remercie pour avoir relancé ce débat, nous as donnés plusieurs témoignages issus des expériences des uns et des autres.
Ces différentes expériences montrent que le retour doit se préparer non seulement financièrement mais aussi moralement face aux difficultés en perspective dont malheureusement beaucoup font fi pour ne voir que la prospérité de leurs affaires.
L'expérience a révélé que beaucoup de nos compatriotes malgré un capital financier insuffisant et un projet d'action non clairement défini retournent au pays parce qu'un autre ami est retourné y vit une prospérité relative.
Il ne faut pas faire du retour au pays un effet de mode. Un retour mal préparé conduit à un échec qui écroule toute une vie de labeur faite d'abnégation. C'est pourquoi, il est important avant tout retour, que le candidat fasse des voyages de prospection en vue de s'imprégner de toute la réalité socio-économique du pays. Le danger à éviter est celui des compte rendus de voyage des amis qui nous font miroiter ou celui de la famille qui nous propose des secteurs d'activité pour l'investissement. Il faut se faire sa propre idée et cibler des secteurs d'activités prometteuses et non plus faire du << suivisme d'affaire >> à savoir j'investis dans la vente d'automobile parce que mon ami est rentré et travaille dans ce secteur.
L'histoire des cabines téléphoniques qui jalonnent les rues de la ville d'Abidjan est un fait probant du suivisme d'affaire avec pour résultat des cabines qui ferment.
Pour histoire personnelle, je porte moi-même sur la conscience le fait d'avoir encouragé un ami à investir au pays sans aucune étude au préalable de la réalité mais plutôt sur la base des informations reçues du pays. Résultat un échec alors qu'il était bien parti ici au Canada dans les activités immobilières où il s'était lancé.
En définitif, le retour au pays ne doit pas s'inscrit dans la perspective d'un défi qui faut coûte que coûte réalisé mais plutôt celle d'un rêve.
Un rêve qui peut-être réalisable tout comme ne pas l'être. Dans ce sens, l'on ne vivra pas ce retour non réalisé comme un échec personnel, un drame pouvant conduire à une résignation et une frustration permanente mais comme un parcours de la vie qui nous impose parfois ses réalités.
Parmi ces réalités, il faut signaler la question de l'adaptation de sa famille avec laquelle on rentre, les moyens financiers.
Le retour au pays exige un réalisme aigu. C'est un projet qu'on ne doit pas imposer à tous ceux qui nous accompagnent, mais leur en parler de façon permanente. Je propose à votre lecture une étude faite sur le retour de certains marocains, intitulée << Retour difficile. >> http://www.bladi.net/15674-retour-maroc.html
Fraternelle salutation
Jean-Luc Djigo ( Goutoyou)
Montréal, Canada
02.05.2008. 01:50
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