BCEAO : Bohoun Bouabré, pourquoi des ténors du régime FPI s`en méfient
Le ministre d'Etat, Paul Antoine Bohoun Bouabré, a été proposé par le Président Laurent Gbagbo pour succéder à Charles Konan Banny au poste de gouverneur de la BCEAO. Mais apparemment, il n'y a pas que les chefs d'Etat des pays membres de cette union monétaire qui s'opposent au choix du chef de l'Etat ivoirien. Car, au sein même du régime de la refondation, précisément au FPI, la candidature de l'ex-argentier de l'Etat ne bénéficie pas de l'adhésion de tous les barons. Explications. Les chances pour Bohoun Bouabré d'accéder aux hautes charges de gouverneur de la BCEAO semblent s'effriter à mesure que passent les jours. Malgré le soutien déclaré de Laurent Gbagbo, chef de l'Etat du pays qui pèse 42% sur la balance financière de l'Union, l'actuel ministre d'Etat, chargé de la planification du développement, est en ballottage. Le consensus n'est pas encore réalisé autour de sa candidature. Les usages, qui ont toujours été appliqués depuis la naissance de l'institution, sont du coup contestés. Et des pays qui ne pèsent pas un clou au sein de l'Union commencent à manifester des appétits surprenants. Mais, comme si cela ne suffisait pas, la candidature de M. Bohoun Bouabré est confrontée à des réticences, pour ne pas parler d'indifférence, au sein même du régime FPI. En effet, le régime de M. Gbagbo ne fait pas de l'accession de Bohoun Bouabré à la tête de la BCEAO un souci encore moins un objectif politique. A en croire des sources bien renseignées au sein du régime, cette attitude passive, cette indifférence n'aurait pas d'autre justification que la guerre de succession à Gbagbo qui a déjà commencé au FPI. Permettre en effet à Bohoun Bouabré d'accéder à cette fonction, c'est le placer en position d'avant-centre par rapport à la succession de Koudou Laurent Gbagbo. Il prendrait une sérieuse option sur les autres prétendants à la succession en accédant à ce poste qui augmentera à coup sûr son prestige, son assise financière, 45 millions de Fcfa par mois (déjà consistante, après son passage au ministère de l'Economie et des finances), et surtout ses relations avec les chefs d'Etat africains, d'une part, et le monde de la finance internationale, d'autre part. Or, dans le starting-block de la succession à Gbagbo, il y a des figures de proue du FPI qui se surveillent comme du lait sur le feu : Simone Ehivet Gbagbo, Mamadou Koulibaly et Pascal Affi N'guessan. En politique, on ne fait pas de passe à l'adversaire et les ténors du régime FPI qui pensent déjà à leur avenir politique après le règne finissant du roi Koudou, n'ont pas l'intention de déroger à la règle.Akwaba Saint Clair (le nouveau réveil)








