Des Camerounais manifestent en Allemagne Contre la France
Selon le Collectif des organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora camerounaise (Code), le matériel de répression utilisé par les forces de sécurité au Cameroun, était une dotation de la coopération française.“ Paul Biya criminel, Sarkozy complice ” ; “ Paul Biya dictateur, la France complice ” ; “ Sarkozy menteur, Rupture ou es tu ? ” ; “ Francafrique, on ne veut pas ” ; “ Tchad, Côte d’Ivoire, la France est-elle maudite ? ” Ce sont là quelques slogans que scandaient vigoureusement les activistes africains et allemands rassemblés vendredi dernier, 28 mars, devant le consulat de France à Hambourg, la grande ville portuaire du nord de l’Allemagne. L’objectif de cette manifestation, selon Tene Sop, porte parole des protestataires rassemblés sous la bannière du Collectif des organisations démocratiques et patriotiques des Camerounais de la diaspora (Code), était de “ protester contre la complicité des autorités françaises dans les massacres de la fin février au Cameroun et d’appeler le président Sarkozy à mettre immédiatement fin, comme promis, à la Francafrique avilissante, criminelle, pilleuse et antidémocratique ”.
C’est à 14h que les manifestants constitués de Camerounais, Ivoiriens, Allemands, Sénégalais, Nigériens, Soudanais, Gabonais et Nigérians, ont commencé à se rassembler par petits groupes, munis de pancartes, banderoles et mégaphones à la gare de Dammtor, à un jet de pierre de l’Université de Hambourg. L’endroit est très fréquenté. Sur une grande pancarte sont collées, sur les deux faces, des images dégoûtantes de personnes tuées au cours des violences de février au Cameroun. Les passants peuvent y lire : “ Es sind keine Tiere, aber Menschen ! ” (Littéralement : ce ne sont pas des animaux, mais des hommes !) ; “ Es ist mit der Komplizitaet Frankreichs passiert ” ! (Ça s’est passé avec la complicité de la France !). Une Allemande d’un certain âge, courbée sur sa canne, et qui passait par là, en a été scandalisée.
Déclaration de Hamburg
Au Heimuder Strasse 55 où est logé le consulat de France, les manifestants scandent de plus en plus haut et fort des slogans hostiles à la France et des chants patriotiques. Le meeting devant le consulat commence par l’hymne national camerounais, puis une minute de silence pour les “ martyrs de la liberté et de la démocratie ”. Guillaume Tene Sop, secrétaire général du Conseil national pour la résistance (Cnr) et du Code, ouvre le bal des allocutions. Il lit la “Déclaration de Hambourg” qui exhorte la France à “ cesser tout soutien politique et militaire au régime liberticide et criminel de Paul Biya ”. Les manifestants appellent le président Sarkozy à “ agir dans l’urgence pour demander à son suppôt Paul Biya, au pouvoir au Cameroun, de renoncer définitivement à son projet funeste de tripatouillage constitutionnel au Cameroun ”. Ils demandent ensuite au gouvernement français “ d’assumer pleinement le passé colonial de la France au Cameroun, en cette année du cinquantenaire de l’assassinat de Um Nyobè, en encourageant la mise sur pied d’une Commission indépendante d’enquête sur les massacres de l’armée coloniale française au Cameroun entre 1955 et 1970 ”.
Veillée politique
André-Désiré Wehiong, le président de ABK e.V, une organisation culturelle camerounaise, demande à Nicolas Sarkozy de “ rompre avec la Françafrique comme il avait annoncé au lieu de continuer à soutenir des tyrans sanguinaires comme Paul Biya, Idriss Déby Itno, Sassou Nguessou, et Omar Bongo”. Benjamin Leumni, membre du bureau politique de l’Upc, “ encourage les jeunes à militer et à s’engager politiquement pour défendre les causes justes ”. Il se dit heureux de constater que la grande majorité des protestataires de ce jour, sont des jeunes de moins de 30 ans. Senfo Tonkam, le porte-parole de la “Black community” à Hambourg, met en garde contre “ la tentation de penser que c’est l’Occident qui va nous libérer, nous devons nous libérer nous-mêmes de l’oppression impérialiste et la suprématie blanche qui nous exploite ”. Les représentants des organisations amies invitées par le Code, notamment Evariste Tahou, représentant du Cojep de Blé Goudé, Claude Gbocho, directeur général de Akonda e.V, une organisation de défense des immigrés, Mme Achi Aline, représentante de la section Fpi de Hambourg et Mme Aline Gauss, représentante d’une association de réfugiés, ont tous clamé leur solidarité avec le “ peuple frère du Cameroun menacé dans sa survie par un agent de la France ”. Malgré une météo particulièrement défavorable avec des températures de l’ordre de 2°C, la manifestation du 28 mars s’est achevée avec l’annonce d’une grande veillée politique à Hambourg, dans les prochains jours, sur la situation politique au Cameroun, avec la participation, selon l’activiste Diffo Martial, de “ toute la classe politique allemande et les organisations de défense des droits de l’Homme ”.
S: Le Messager
02.04.2008. 14:47
Aucun commentaire pour cet article. Soyez le premier a le commenter.
International









Ecrire un commentaire
* = mention obligatoire