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Opposition ivoirienne/ Henri Konan Bedié prend le contrôle

Le président de Pdci se pose de plus en plus comme le leader de l'opposition. Il tient depuis peu, le vrai discours de l'opposant.

Le président du Pdci Rda, Henri Konan Bédié, a décidé de prendre le contrôle de l'opposition regroupée au sein du Rhdp. En quatre sorties à Bocanda, Dabou, Koumassi et Yopougon, il a clairement affiché son intention de mettre fin à l'état de grâce dont bénéficient Laurent Gbagbo et son parti. Du moins, dans le discours car dans les actes l'opposition rassemblée au sein du bloc des Houphouétistes reste les bras croisés. Elle donne le sentiment de ne point se sentir concernée par les faits qui touchent à la vie la nation.

Au moment où mettions sous presse, la ville est secouée depuis deux jours par des manifestations de rue contre la vie chère, et c'est comme si l'opposition n'existait pas. Aucune action pour amener les gouvernants à faire pression sur les commerçants pour faire baisser les prix.

Un discours incisif

L'école est constamment perturbée par des grèves intempestives, cela n'intéresse pas l'opposition. De même, le Congrès national de la résistance pour la démocratie ( Cnrd) a pondu une déclaration la semaine dernière pour inviter le Premier ministre Guillaume Soro, à démissionner de son poste de secrétaire général des Forces nouvelles. Jusqu'à ce jour, nul ne sait la position de l'opposition sur un tel sujet. Bref, dans cette indolence le président du Pdci essaie de sortir la tête de l'eau.

Le discours du président du parti doyen est devenu, au cours de ces derniers mois, celui du vrai opposant. Il a semblé avoir bien compris que tout s'arrache. « La fin de nos souffrances ne peut se faire sans notre détermination et notre ferme engagement à prendre en mains notre propre destin», a -t-il lâché samedi dernier face aux milliers de militants et sympathisants de son parti qui ont fait le plein du complexe sportif de Yopougon. Au cours de ce meeting, N'zueba a fait un procès sans complaisance du régime Fpi, à l'image du traitement que lui réservaient Laurent Gbagbo et les siens quand il était au pouvoir. Bedié a véritablement chargé. Extrait de sa déclaration : « Avec les dirigeants de ce régime qui a exalté la violence, on ne peut ni s'en étonner ni en être surpris. Que pouvait-on attendre de dirigeants qui ont refusé d'apprendre à gouverner? Que pouvions-nous espérer de ceux qui, dans leurs mirages et illusions, rêvaient de gouverner la Côte d'Ivoire autrement et qui, parvenus au pouvoir, continuent de se comporter comme des opposants irresponsables? Que pouvaient-ils apporter de positif à la Côte d'Ivoire avec un catalogue de projets inconsistants et incohérents? Rien Absolument rien! ». Et d'ajouter que : « Le régime Fpi n'aime pas la vérité, il ne respecte pas la vie ». C'est clair, Bédié a décidé de ne point céder de terrain à Laurent Gbagbo. Il se rend partout où le Fpi a fait « campagne ». Lui et ses lieutenants se sont rendus à Koumassi, à Bocanda et dans plusieurs villages Baoulé pour détruire les thèses véhiculées par le parti au pouvoir. Et Bedié de prévenir qu'il ne cessera pas de critiquer les tares de la refondation: « Nous n'abdiquerons jamais dans la dénonciation de ces graves dérives, d'où qu'elles viennent, accoucheuses de situations de désordres aux conséquences sociales et politiques imprévisibles». A force de communiquer, il est en train de faire regretter aux Ivoiriens «le temps du progrès pour tous et du bonheur pour chacun » fort critiqué en son temps. Mais, cette époque telle que comparé aujourd'hui par Bédié « aux soleils de la refondation », c'est le jour et la nuit.

Le regard sur la sortie de crise

Dans son rôle de patron actuel de l'opposition, le président du Pdci ne manque pas de réclamer à cor et à cri des élections transparentes à Gbagbo convaincu que celui-ci « rêve de rééditer les événements malheureux qui ont entaché les élections de 2000 ». Pour lui, un an après le « bilan de l'Apo est mitigé. Sa mise en œuvre est ralentie par des intérêts et mobiles contradictoires, par des manœuvres dilatoires » orchestrées par les dépositaires de cet accord. Il décide qu'à partir de maintenant, il n'a qu'un seul combat : obtenir des élections immédiates, transparentes et crédibles pour la Côte d'Ivoire. La question qui coule est de savoir si Bédié et le Pdci qui , dit-on, n'ont pas la culture de l'opposition sauront maintenir ce cap jusqu'à l'obtention de ces élections.

Mais, pendant que Bedié est au devant de la scène, ses partenaires de l'opposition ont choisi d'être discrets et « civilisés ». Alassane Dramane Ouattara du Rdr, Mabri Toikeusse de l'Udpci, Anaki Kobeana du Mfa ont cessé d'être incisifs contre le parti ou pouvoir. Leur priorité aujourd’hui, c'est construire leur parti, renforcer ses acquis et laisser le Fpi faire et raconter ce qu'il veut sans contradiction. Pourvu qu'au moment de leur réveil, il ne soit pas tard.

S: Nordsud

02.04.2008. 14:58

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