Après son débarquement Gnamien Konan « C’est Soro qui m’a fait limoger »
Costume bleu-nuit, cravate orange, chemise bleu-roi, le visage barré par des besicles noires, le sourire jusqu’aux oreilles… Il est 11 h 40 mn, quand en compagnie de Joseph-Martial Ahipaud ( ancien leader de la Fesci), Gnamien Konan, le nouvel « artilleur » du champ de guerre politique ivoirien a fait son entrée à la salle Anoumabo. Il est tout de suite porté par les flots des vivats de ces quelques 5 mille jeunes, regroupés au sein d’une soixantaine d’associations de soutien à sa candidature, qui ont pris d’assaut le palais de la culture ce samedi 5 avril 2008. « Jeunesse masculine pour Gnamien » ( JMG), Conférence des jeunes pour le démocratie ( CJD), Cœur blanc nouvelle patrie ( Cbnp), les Colombes de Gnamien ( CDG), JFSAG ( Jeunesse féminine), Jeunesse Unie pour Gnamien ( JUG) ACGK ( Association des clubs Gnamien Konan), Gnamien ton pied mon pied ( Gtpp), pour ne citer que celles-là, ont fait, pour ainsi dire, « assez de bruits » pour le candidat, devant un parterre de chefs traditionnels et religieux. Retour en fanfare pour l’ancien patron des Douanes dont les nombreux partisans ont été interdits d’accès à l’aéroport à cause des mesures sécuritaires prises par le gouvernement suite aux violentes manifestations contre la vie chère les lundi et mardi derniers à Abidjan. Mais, le colonel-major a eu droit « aux honneurs d’une fanfare » à la descente de son avion. Deux prières, l’une dite par un pasteur « Boucantier », l’autre par une griotte, Diabaté Mathia, trois discours qui rendent un véritable culte à l’ex-Dg et la salle « Anoumabo » « s’enflamme littéralement. « Gnamien Konan reste et demeure notre espoir. C’est pourquoi, nous investissons en lui notre espoir. Aucun acte, aucun comportement ne pourra altérer ou émousser notre engagement », a dit Alokré, président de la « Conférence des Jeunes pour la Démocratie » dans son intervention. Pour sa part, Essy Pélagie estime que « notre paradis, c’est votre accession à la magistrature suprême du pays. Vous ne marcherez plus seul. Nous sommes là, devant vous avec notre volonté et notre engagement encore décuplée pour exprimer notre indéfectible soutien au président Gnamien Konan », a-t-elle insisté. Soulignant que « aujourd’hui plus qu’hier, nous sommes avec vous… Les manœuvres de Soro « Car, le vrai défi de la Côte d’Ivoire ne réside pas uniquement dans l’alternance politique, parce que nous sommes suffisamment convaincus qu’avec vous, les problèmes socio-économiques connaîtront une solution heureuse ». Pour sa part, c’est au pas de course que Josehp-Martial Ahipaud est monté à la tribune, lui qui affirme avoir rejoint Gnamien Konan « pour imposer l’alternance dans ce pays ». « On s’en fout de la direction générale des Douanes. Après la Direction générale des Douanes, il y a la présidence de la République », s’est exclamé Dr Ahipaud, qui à avoir gardé la tonalité de ses discours estudiantins venimeux. Le président de l’Union pour le développement et les libertés ( UDL) a invité les Ivoiriens « à ne plus avoir affaire à des gens qui ne pensent qu’à leur ventre et à manger ». « Il faut aujourd’hui des jeunes comme Gnamien Konan pour sortir le pays du bourbier et impulser un vrai développement » affirme Martial Ahipaud. Dans des propos clairement allusifs aux dirigeants du parti au pouvoir, le Fpi, et à un degré moindre, aux pontes des Forces nouvelles, Joseph-Martial Ahipaud a dit avoir une aversion pour les personnes sans scrupule. « Je ne suis pas d’accord avec les malhonnêtes, je ne suis pas d’accord avec les bandits et je ne supporte pas les voleurs. Gnamien Konan et moi, nous allons faire une bonne équipe. Nous allons imposer une vraie alternance dans ce pays. Il y a donc de l’espoir dans le désespoir », a-t-il sèchement martelé, avant de mettre sur le compte de la mauvaise gouvernance, les manifestations contre la vie chère qui ont fait vaciller le pouvoir de Gbagbo en début de la semaine dernière. Le discours de Gnamien Konan n’a pas varié, gardant une constance honorable envers le chef de l’Etat. Mais cette fois, il a donné l’impression de vouloir régler ses comptes, surtout avec Guillaume Soro, le chef de gouvernement, qu’il a livré à la vindicte de ses partisans. L’ex-Dg, qui garde un arrière-goût très amer de son limogeage, intervenu alors qu’il était en mission en Belgique pour le compte des Douanes ivoiriennes, a révélé que tout a été planifié par Soro Guillaume. « Mon limogeage est venu directement de Soro Guillaume. C’est lui qui a entrepris des démarches auprès du président de la République Laurent Gbagbo », a-t-il souligné, avant de minimiser ce qu’il appelle « un non événement ou encore un auto-limogeage »,. Car, dit-il « j’ai demandé au ministre de l’Economie et des Finances, Charles Diby, après l’annonce de ma candidature, de prendre la décision qui lui semble la meilleure pour le pays ». Du bout des lèvres, Gnamien Konan a distribué des « remerciements » au chef de l’Etat ( mon cœur est rempli de reconnaissances à son égard parce qu’il m’a permis de servir mon pays), au Premier ministre et à tous les ministres de tutelle ainsi qu’aux agents des douanes à qui il a demandé de garder le cap. Gnamien Konan a affirmé que, désormais, dans la galaxie politique ivoirienne, « il faut compter avec lui ». Présenté comme le lièvre de Gbagbo pour casser l’électorat baoulé, Gnamien est resté muet sur cette question où beaucoup de ses partisans attendaient des clarifications. Sur les événements violents contre la vie chère qui ont fait deux morts, il s’est coupé la langue. Certains observateurs pensent sérieusement que, pour sa première sortie politique, Gnamien n’a convaincu que ses partisans… Toutefois, pour ceux qui voient en sa candidature une opposition à Charles Konan Banny, l’ex-Premier ministre qui l’avait « humilié » dans l’affaire des déchets toxiques, il répond que sa candidature n’est dirigée contre personne. Et que « notre seul et unique ambition, c’est que nous aimons notre pays et nous voulons le servir. Nous ne menons ce combat contre personne. Nous n’avons rien contre personne », a-t-il insisté.. Le candidat s’est venté d’avoir permis à la Côte d’Ivoire de renouer avec la Banque mondiale. « C’est grâce à notre travail que nous avons renoué avec la Banque mondiale ». Gnamien a réclamé le désarmement des rebelles, soulignant que son limogeage n’est pas la solution aux problèmes ivoiriens. Pour lui, il faut « un nouveau casting politique dans ce pays » et « qu’il n’est pas normal que les taxes du sud continuent d’entretenir les Forces nouvelles ». Il dit ne pas croire en la démocratie dans ce pays, la qualifiant « de leurre, et d’illusion ». « A présent, je suis libre, je vais me consacrer au changement ». Dans la foulée, il a annoncé deux géants meetings à Yamoussoukro le 26 avril 2008 et deux à Abidjan au mois de mai. Il s’est dit « prêt à donner sa vie pour la Côte d’Ivoire ».07.04.2008. 02:59









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