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Contrat de 50 milliards de Fcfa avec la SAGEM: Grosse colère à l’Union européenne

Le coût des prestations de la société française Sagem security suscite quelques mécontentements au sein de l’Union européenne qui s’est engagée à financer l’identification et le recensement électoral en Côte d’Ivoire.

La société française, Sagem security, a reçu le 22 février 2008 son cahier de charges des mains du Premier ministre Soro Kigbafori Guillaume. Un acte qui a officialisé ainsi le choix de cette entreprise en qualité d’opérateur technique privé aux côtés de l’Institut national de la statistique (INS) pour l’identification et le recensement électoral dans la perspective des élections générales dont l’élection présidentielle prévue en juin 2008. Mais depuis, un malaise couve au sein des représentations diplomatiques des pays membres de l’Union européenne (UE) en Côte d’Ivoire. Selon une source diplomatique, certains pays membres de l’Union européenne conduit par un des principaux bailleurs de fonds de l’UE pestent contre Sagem security dont ils trouvent le coût des prestations trop élevé. Le magazine Jeune Afrique a parlé, dans une récente parution de 50 milliards de fcfa que l’Etat ivoirien versera à Sagem security pour l’identification et le recensement électoral. Dans le milieu diplomatique occidental à Abidjan, on parle plutôt de 80 milliards de fcfa. Des pays de l’Union européenne trouvent cette somme faramineuse. D’autant plus que c’est du financement que l’UE apportera à la Côte d’Ivoire dans le cadre du soutien à l’organisation de l’élection présidentielle que l’Etat ivoirien puisera les 50 ou 80 milliards de fcfa. Ils estiment qu’il est possible de faire le recensement électoral avec un financement largement inférieur et des moyens techniques sobres. Ils prennent pour exemple, l’élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), un pays sorti de crise comme la Côte d’Ivoire. En dépit des arguments de la France selon lesquels le choix (quasi imposé) de Sagem security était nécessaire pour “éviter que des Ivoiriens soient spoliés de leur droit de vote”, certains pays donateurs de l’UE continuent de percevoir l’option Sagem security comme un délit d’initié qui ne dit pas son nom. “cela parce que SAGEM est une société française et le système qui lui a permis d’avoir le marché du recensement électoral et de l’identification en Côte d’Ivoire date de cinq ans. Sagem security n’avait pas encore réussi à le vendre nulle part ailleurs. C’est donc la Côte d’Ivoire, son premier marché. Pour les pays européens en colère, cela devrait incliner Sagem security et la France à revoir le coût de l’opération”, précise notre source. Joint hier au téléphone afin de donner la position de la délégation de l’Union européenne sur cette série d’informations, un responsable de cette structure a déclaré sous le couvert de l’anonymat : “On ne saurait vous dire si des pays membres de l’Union européenne sont opposés au décaissement du financement en faveur de Sagem security. Il faudra peut-être les interroger individuellement pour le savoir. Mais ce que nous pouvons vous dire, c’est qu’on ne peut pas donner un chèque en blanc à qui que ce soit dans le cadre du financement des élections. Il faut un minimum de contrôle et de connaissance du dossier. C’est valable pour le SAGEM Sécurity”. Pour ce responsable à la délégation de l’Union européenne, “UE est engagée pour le financement du processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire. Le financement des élections est disponible depuis 2005. Nous attendons que les choses se précisent pour la tenue de l’élection présidentielle de juin 2008 et le décaissement sera fait. Il n’y a pas d’opposition à financer telle ou telle projet dans le cadre du processus de sortie de crise si les conditions de réalisation sont clarifiées et si les ressources existent”. La synthèse des actions de coopération de la délégation de la Commission européenne en Côte d’Ivoire de 2003 à 2007 est contenue dans une brochure d’information tenue à la disposition de tous les observateurs, soutient notre interlocuteur. “Tous ces efforts se sont concrétisés dans plus de 300 projets totalisant 400 millions d’euros, soit 270 milliards de fcfa. La quasi-totalité du territoire a été couverte, l’ensemble du pays ayant été profondément affecté par la crise, à des degrés divers (…)Depuis le début de la crise, la Commission européenne s’est en effet résolument engagée dans des programmes d’urgence visant, en premier lieu, à soutenir financièrement les principales composantes politiques des accords de paix : désarmement et démobilisation, identification des populations, recensement électoral et préparation des élections”, écrit dans la préface à la brochure d’information, M. Michel Arrion, chef de délégation de la Commission européenne en Côte d’Ivoire. Une façon, sans doute, d’affirmer que l’Union européenne demeure aux côtés de la Côte d’Ivoire durant cette période difficile de l’histoire des Ivoiriens.

S: Fratmat

15.03.2008. 06:08

kouhon le 26.03.2008. 17:52

Nous sommes d'accord que la société française SAGEM chiffre ses services dans le cadre de l'établissement des documents en vue des élections en Côte d'Ivoire, à 80 milliards de fcfa. Il est aussi discutable que l'UE principale bailleur de fonds pour ces élections reste sur ses gardes. la question que nous nous posons, c'est bien que dit l'état de Côte d'Ivoire, ou que propose la Côte d'Ivoire à la Sagem? Peut-on encore dire qu'après le ralentissement du processus électoral du en partie au non décaissement à temps des institutions de Breton woods de leur promesse, le non paiement de la Sagem peut-il constituer un second blocage pour l'organisation des élections en Côte d'Ivoire? C'est bien pour cela la date de juin 2008 pourrait-être rangée dans les tiroirs? Finalement, pourquoi l'UE s'inquiète du montant à alouer à la Sagem si ce montant peut permettre la tenue des élections en Côte d'ivoire? Qui tirerait les ficelles au niveau de l'UE voire au niveau des bailleurs de fonds internationaux?
Le ministre ivoirien de l'économie devrait ouvrir grand les yeux!

KOUHON Philippe le 26.03.2008. 17:58

Pour terminer, nous souhaiterions savoir le montant aloué à l'INS, la CEI et autres organismes impliqués dans l'organisation effective de ces élections?

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