Graves émeutes hier à Bouaké
La ville de Bouaké a connu ce jeudi 08 novembre 2007 une journée très chaude, suite à un soulèvement de la société civile face à la décision des agents de la Cie et de la Sodeci de procéder à l’enlèvement des compteurs d’eau et d’électricité sans préavis.La population exacerbée par cette pratique qui sent la « complicité et la trahison » des Forces nouvelles, n’est pas passée par quatre chemins pour crier son indignation. Très tôt ce matin comme par une action savamment concertée, elle a ciblé les points sensibles de la ville que sont la gare routière, les locaux de l’état-major des Forces armées des Forces nouvelles et la direction de la Cie. Arrivés de partout, les marcheurs ont incendié des pneus sur les artères principales de la ville, paralysant la circulation. Les commerçants, pris de panique ont fermé boutique. Bouaké avait l’allure d’une ville en guerre. Les Forces nouvelles étaient alors en alerte maximale sans toutefois ébranler le courage des marcheurs qui, armés de morceaux de bois et de pierres, entendaient d’en découdre avec les agents de la Cie et les éléments des Forces nouvelles qui les protègent dans la conduite des opérations d’enlèvement des compteurs sur le terrain. C’est dans ce contexte très surchauffé que des coups de feu ont commencé à retentir faisant trois blessés graves dans les rangs des manifestants. Il ressort des informations recueillies sur place que la population ne s’est jamais opposée au paiement des factures, que c’est la brutalité et le non respect de la procédure de suspension de la prestation de fourniture d’eau et d’électricité qui est à la base de ce soulèvement populaire .C’est donc face à ces griefs que le colonel Bamba Siniman a tenu à inviter la population au cours du point de presse qu’il a organisé ce jeudi même, dans les locaux du secrétariat général des Forces nouvelles, en vue d’observer une trêve, en attendant de discuter avec les responsables des compagnies Cie et Sodeci . « La présence de nos éléments auprès des agents de la Cie et de la Sodeci au cours de leur mission, ne traduit pas notre complicité ; il s’agit d’une mauvaise utilisation de nos forces que nous mettons à la disposition des personnels redéployés », a-t-il martelé pour rejeter la culpabilité des Forces nouvelles .Il a par la suite appelé les manifestants « à bannir tout comportement pouvant compromettre la paix, en attendant une organisation pour un paiement acceptable par tout le monde ».Cet appel semble avoir été compris par les manifestants car la ville de Bouaké retrouve son calme, même si des regroupements des forces de l’ordre sont perceptibles dans la ville. L’identité des blessés admis aux urgences n’a pu être révélée
Mouvement contre la CIE à Bouaké
La direction réagit
Face à l’ampleur des informations concernant un mouvement de protestation contre la compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), nous avons joint le directeur régional de la compagnie à Bouaké, M. Alexis Bessekon pour donner la version de la direction. « C’est vrai que des populations ont manifesté contre nous, a-t-il indiqué. Mais cette protestation est menée par les populations qui refusent de payer leurs factures d’électricité ». Et à M.Bessekon d’expliquer que depuis la crise, la CIE a continué à fournir de l’électricité sans contrepartie financière. Avec le retour progressif à la normale, la direction générale en accord avec les autorités de forces nouvelles, a mené une sensibilisation pour le paiement de la facture. Malgré les nombreuses charges de la société et les pertes enregistrées, la Cie a consenti à annuler les consommations de 2002 à 2005. Mieux, dira-t-il, il sera appliqué un montant forfaitaire à payer par les usagers sur les factures de 2006 et 2007. « C’est donc sur cette base que plusieurs campagnes de sensibilisation ont été menées », a-t-il ajouté. Selon lui, la population a été largement informée que la CIE procédera dès le lundi 5 novembre à un contrôle qui sera suivi soit d’une interruption de la fourniture de l’électricité soit d’un enlèvement du compteur. C’est donc cette action qui a engendré le soulèvement d’une partie de la population qui refuse de payer les factures.
ADOMON Sika (soir info)








