Coups de feu à Bouaké lors d'une manifestation de soldats
Une centaine de soldats de l'ex-rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN) ont manifesté mardi devant leur état-major à Bouaké (centre) pour exiger le paiement de primes, en tirant des coups de feu en l'air, a-t-on appris auprès d'un témoin contacté par l'AFP. Les soldats réclamaient le versement de leurs primes alimentaires pour pouvoir fêter l'Aïd El-Kébir (fête musulmane du sacrifice), qui a lieu mercredi en Côte d'Ivoire, a indiqué une source militaire ivoirienne sous couvert de l'anonymat. Ils ont commencé à manifester vers 13H00 (locales et GMT), tirant des coups de feu qui n'ont pas fait de blessés, a relaté un témoin joint par téléphone, ayant requis l'anonymat. Les rues de Bouaké se sont alors vidées de leurs habitants, a-t-il ajouté, précisant qu'il n'y avait pas eu de tirs de riposte. La manifestation d'une heure avait lieu devant l'état-major des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN), ainsi que devant le secrétariat général des FN qui abritent les bureaux de leur leader, Guillaume Soro, également Premier ministre de l'actuel gouvernement de transition. En l'absence de leurs chefs militaires à l'état-major, les soldats ont séquestré brièvement quelques officiers avant de quitter les lieux à bord de véhicules confisqués à des civils, a précisé anonymement la source militaire ivoirienne. Cette manifestation intervient à quelques jours du redémarrage des opérations de regroupement des ex-combattants, de stockage des armes et du démantèlement des milices en Côte d'Ivoire, fixé d'ici le 22 décembre, selon le troisième accord complémentaire de paix signé fin novembre. Le désarmement des ex-combattants était déjà prévu dans l'accord de paix de Ouagadougou signé en mars entre le président Laurent Gbagbo et les FN, mais il n'avait pas été mis en oeuvre. Depuis la tentative de coup d'Etat des FN en 2002, la Côte d'Ivoire est coupée en deux entre le Nord, tenu par les ex-rebelles, et le Sud, sous contrôle des forces loyalistes. Le processus de paix a déjà connu des soubresauts tel l'attentat à la roquette qui a visé, le 29 juin à Bouaké, l'avion qui transportait Guillaume Soro et sa délégation, faisant quatre morts et plus d'une douzaine de blessés.Avec AFP
18.12.2007. 15:57
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