Regain de tension à Bouaké et à Guiglo
Bouaké a encore connu des heures chaudes dans la nuit de jeudi à vendredi.Nous démentons toutes ces accusations infondées et calomnieuses qui visent à présenter M. Ibrahim Coulibaly comme un va-t-en-guerre et à empêcher son retour en Côte d’Ivoire. C’est un complot ourdi contre notre leader». C’est la réaction, en guise d’indignation, qu’a eue Ben Rassoul Timité, chef du cabinet privé du sergent-chef Ibrahim Coulibaly, alias IB. En effet, l’ex-chef supposé de la rébellion ivoirienne, actuellement en exil au Bénin, est accusé par l’état-major des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) d’être l’instigateur des actes «de déstabilisation» qui secouent Bouaké depuis le 19 décembre. Cela, affirment les FAFN, dans l’objectif de remettre en cause le processus de paix consécutif à l’Accord politique de Ouagadougou. «Il n’y a pas longtemps, nous mentionnons dans un communiqué la volonté de certaines personnes de voir le maintien d’Ibrahim Coulibaly en exil. Ce qui se passe actuellement à Bouaké constitue des actes rédhibitoires au retour de M. Ibrahim Coulibaly», soutient celui qui se présente comme «le représentant légal» de l’ex-chef supposé de la rébellion ivoirienne.
Puis, Ben Rassoul Timité de porter des accusations, sans pour autant donner des éléments de preuve: «Je vous informe que, dans la nuit d’hier à aujourd’hui (Ndlr: jeudi à vendredi), 12 personnes soupçonnées d’être des partisans d’Ibrahim Coulibaly ont été abattues froidement à Bouaké. Il y a une épuration de tous ceux qui sont supposés ou taxés d’être des pro-Major dans les zones Forces nouvelles». Le chef du cabinet privé de IB poursuit en accusant la force Licorne: «Ce qui nous inquiète, c’est que ces personnes sont allées chercher protection auprès des troupes françaises et elles se sont vues refoulées». Pour Ben Rassoul, «ce genre d’attitude peut porter atteinte au processus de paix».
Aussi, a-t-il mis en garde: «Tous ceux qui poseront des actes contre le retour de M. Ibrahim Coulibaly en assumeront la responsabilité». A la question de savoir si ces accusations de déstabilisation portées à l’encontre de IB n’hypothéquaient pas son retour annoncé pour le 24 février prochain, Ben Rassoul s’est voulu catégorique: «Nous maintenons son retour!». Il a, par ailleurs, précisé que celui que ses partisans appellent «Major» n’avait «pas encore reçu de convocation de la justice française», contrairement à ce qu’avaient annoncé des agences de presse internationales.
Lcl Conbarieu, Licorne : “Il n’y a rien de vrai...”
Interrogé hier par téléphone sur les accusations portées contre la Force Licorne par le chef du cabinet privé du sergent-chef Ibrahim Coulibaly, le porte-parole de ladite force a été catégorique: «Il n’y a rien de vrai dans ces propos, tenus par je ne sais qui d’ailleurs». De même, le lieutenant-colonel Jacques Conbarieu a précisé, parlant des tueries évoquées par Ben Rassoul Timité, n’avoir aucune information à ce sujet: «Nous n’avons absolument rien là-dessus». Mettant ainsi en doute la véracité de ces faits.
S’agissant de la situation qui prévaut actuellement à Bouaké, le porte-parole de la Licorne a indiqué: «Nous n’avons pas de commentaire particulier à faire», soulignant que les forces françaises «n’ont pas à s’impliquer dans la politique ivoirienne». Et de préciser que leur rôle n’est rien d’autre que «d’être un témoin de l’Accord de Ouagadougou, ce dont nous nous félicitons d’ailleurs».
Michèle Pépé
La journée de vendredi matin a été mouvementée à Guiglo où des jeunes issus des groupes d’autodéfense se sont violemment affrontés.
Deux blessés graves internés à l’hôpital général de Guiglo. Un blessé par balle, un autre à l’arme blanche et 104 interppelés, a précisé le chef de bataillon, commandant du centre opérationnel militaire du Grand ouest Kpan Félix sur ONUCI-FM. Il a par ailleurs exhorté Maho Glofiéï qui est également président de l’ensemble des Forces de résistance du grand ouest (FRGO), à maintenir le calme dans le département et éviter les affrontements.
Selon des entretiens téléphoniques avec des sources en rapport avec l’événement, des jeunes membres des groupes d’auto-défense se sont affrontés, hier matin, à Guiglo. Notamment des éléments du Front de libération du grand ouest (FLGO) de Maho Glofiéï et des éléments du Mouvement ivoirien de libération du grand ouest du Pasteur Gammi.
Joint par téléphone, le président du FLGO, Maho Glofiéï Dénis a confirmé l’information. Toutefois, il a tenu à expliquer les circonstances de cet incident. Deux raisons essentielles expliqueraient ces affrontements. La première, selon Maho, est liée au comportement déplorable des jeunes du MILOCI. Depuis six mois, a-t-il expliqué, ils se livraient à des actes de viols sur les jeunes femmes et à des attaques. Un comportement dénoncé par l’ensemble de la population. Pis, les multiples interpellations et campagnes de sensibilisation organisées par les autorités préfectorales et militaires n’auraient pas fléchi leurs comportements. Mais la goûte d’eau qui a fait déborder le vase, a souligné Maho Glofiéï, c’est le déferlement de 160 éléments du MILOCI en provenance d’Abidjan, qui se sont ajoutés aux 80 autres éléments sur place dans le but de réclamer un filet de sécurité. Le montant demandé serait d’un million pour chaque élément en complément du premier filet reçu et qui était évalué à environ 500.000 Fcfa. Tout ce montant devrait être payé par le Centre de Commandement intégré (CCI). Les jeunes du MILOCI ont profité de la tournée du Programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire à Guiglo pour manifester. Maho Glofiéï a ajouté que son domicile et le camp du FLGO ont été attaqués jeudi nuit. Et c’est en réaction que les éléments du MILOCI ont été délogés violemment, hier matin, des camps qu’ils occupent, par le FLGO et AP-Wê.
Joint également hier, par téléphone, le président du MILOCI, Pasteur Gammi, qui se trouve à Abidjan, a d’abord dit sa surprise avant de confirmer, plus tard, l’information après être entré en contact avec ses hommes. Pour lui, depuis le bûcher de Guiglo, le 19 mais 2007, les jeunes sont désormais à la disposition du PNDDR, aujourd’hui C.C.I. Il a expliqué leur présence à Guiglo par le fait que les enfants avaient besoin d’un peu d’argent pour passer les fêtes de fin d’année mais aussi pour être situés sur leur sort après la phase de démantèlement. Il n’était donc nullement question de demander un million par personne. Il a affirmé que ses éléments ont été attaqués par ceux de Maho Glofiéï.
Paulin N. Zobo (Fratmat)
29.12.2007. 08:13
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