Côte d’Ivoire : le broyage de cacao en légère hausse en mars, selon les exportateurs

by Le Magazine de la Diaspora Ivoirienne et des Ami(e)s de la Côte d’Ivoire | 23 avril 2026 17 h 34 min

Abidjan, 23 avril 2026 – Le broyage de cacao en Côte d’Ivoire a connu une légère progression au mois de mars, enregistrant une hausse d’environ 1,4 % par rapport à la même période de l’année précédente, selon les données communiquées par l’Association des exportateurs de cacao (GEPEX). Cette évolution marque un timide signe de reprise de l’activité de transformation locale après plusieurs mois difficiles pour le secteur, dans un contexte mondial encore marqué par la volatilité des prix et une demande hésitante.

Le broyage de cacao, qui correspond à la transformation des fèves en produits semi-finis tels que la pâte, le beurre et la poudre de cacao, est un indicateur clé de la santé industrielle de la filière. La progression observée en mars intervient après une période prolongée de repli, au cours de laquelle de nombreux broyeurs avaient réduit leur activité en raison de la flambée des cours mondiaux du cacao, des tensions sur l’approvisionnement et des difficultés financières rencontrées par certains opérateurs locaux.

Selon des sources du secteur citées dans la presse internationale, cette légère amélioration s’explique notamment par une disponibilité temporairement meilleure des fèves et par un certain ajustement des prix, après le recul enregistré sur les marchés internationaux ces dernières semaines. À cela s’ajoute la reprise prudente de commandes de la part de transformateurs et de clients étrangers, qui avaient auparavant ralenti leurs achats face à la hausse du coût des matières premières et au fléchissement de la consommation mondiale de chocolat.

Les chiffres publiés par GEPEX concernent six des plus grands acteurs du broyage opérant en Côte d’Ivoire, parmi lesquels figurent Barry Callebaut, Olam et Cargill. Ces entreprises concentrent l’essentiel des capacités industrielles du pays, estimées entre 712 000 et 750 000 tonnes par an. Grâce à ces infrastructures, la Côte d’Ivoire demeure non seulement le premier producteur mondial de cacao, mais aussi l’un des principaux centres de transformation, rivalisant avec les Pays-Bas pour la place de premier broyeur mondial.

Malgré cette position stratégique, les défis restent nombreux. Les industriels continuent de composer avec une qualité parfois inégale des fèves, en particulier lors de la campagne intermédiaire, ainsi qu’avec des marges de transformation réduites. La baisse de la consommation de chocolat observée ces derniers mois en Europe, en Amérique du Nord et en Asie pèse également sur les perspectives, incitant les broyeurs à la prudence dans leurs achats et leurs investissements.

Pour l’économie ivoirienne, l’évolution du broyage revêt une importance particulière. Les autorités ont fait de la transformation locale du cacao un pilier de leur stratégie de développement, dans le but d’augmenter la valeur ajoutée créée sur place, de générer davantage d’emplois et de renforcer les recettes d’exportation. Dans un pays où le cacao représente une part majeure des revenus agricoles et une composante essentielle de l’économie nationale, toute progression de la transformation locale est scrutée de près par les acteurs publics et privés.

Même si la hausse enregistrée en mars demeure modeste, elle est perçue comme un signal encourageant par les professionnels du secteur. Beaucoup espèrent que cette tendance pourra se consolider avec l’arrivée de la grande récolte, attendue à partir du mois d’octobre, à condition que les conditions climatiques soient favorables et que l’accès au financement s’améliore pour les industriels. À court terme toutefois, les exportateurs restent prudents et estiment que la reprise du broyage pourrait rester irrégulière en 2026, tant que la demande mondiale de produits chocolatés ne retrouvera pas un rythme plus soutenu.

Encadré – Quel impact pour les producteurs de cacao ivoiriens ?

La légère hausse du broyage de cacao observée en mars peut avoir des retombées indirectes, mais importantes, pour les producteurs ivoiriens, même si celles-ci ne sont ni immédiates ni automatiques. Lorsque l’activité de transformation locale progresse, cela signifie en principe que les fèves trouvent plus facilement preneur sur le marché intérieur, ce qui peut contribuer à une meilleure fluidité des achats et à une réduction des stocks chez les acheteurs. À moyen terme, une activité de broyage plus soutenue peut donc aider à stabiliser la demande locale et à limiter certaines tensions vécues par les producteurs pendant les périodes de ralentissement industriel.

Toutefois, cette augmentation reste modeste et intervient dans un contexte où les revenus des planteurs ont déjà été fortement affectés par la baisse des prix bord champ décidée pour la campagne intermédiaire. Pour de nombreux producteurs, la progression du broyage ne se traduit pas encore par une amélioration tangible du revenu, d’autant que les marges des industriels demeurent contraintes par les prix internationaux et la qualité parfois inégale des fèves. En pratique, les broyeurs privilégient souvent les lots répondant à des critères stricts de qualité, ce qui peut conduire au rejet d’une partie de la production, notamment lors de la petite récolte.

Sur le long terme, le développement de la transformation locale reste néanmoins un enjeu clé pour les planteurs. Une industrie de broyage plus forte et plus régulière pourrait permettre à la Côte d’Ivoire de moins dépendre des exportations de fèves brutes, tout en créant un environnement plus compétitif pour l’achat du cacao. Les organisations de producteurs espèrent ainsi qu’une montée en puissance durable de la transformation locale, accompagnée d’investissements et de politiques de soutien adaptées, contribuera à terme à une meilleure valorisation du cacao ivoirien et à une plus grande stabilité des revenus des ménages agricoles.

Par Serge Daniel

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