by Le Magazine de la Diaspora Ivoirienne et des Ami(e)s de la Côte d’Ivoire | 9 juillet 2026 2 h 56 min
Alors que la sélection argentine, l’Albiceleste, vient d’arracher son billet pour les quarts de finale de la Coupe du Monde 2026 dans des conditions rocambolesques, la joie de la victoire est ternie par deux affaires qui secouent les fondements du football argentin. D’un côté, le FBI enquête sur des soupçons de blanchiment d’argent impliquant la Fédération Argentine de Football (AFA). De l’autre, la fédération égyptienne crie au scandale après une défaite qu’elle juge arbitralement volée. Retour sur une polémique qui dépasse largement le cadre du terrain.
L’information, révélée par le quotidien argentin La Nacion, a fait l’effet d’une bombe : le Federal Bureau of Investigation (FBI) et le Département de la Justice des États-Unis auraient ouvert une enquête préliminaire sur les opérations financières de l’AFA . Les autorités américaines cherchent à déterminer si des transactions estimées à près de 300 millions de dollars (environ 1,55 milliard de réais), effectuées par la fédération via le système bancaire américain, pourraient constituer des crimes financiers tels que le blanchiment d’argent ou la fraude bancaire .
Le cœur de l’enquête porte sur la société TourProdEnter LLC, basée en Floride. Selon les documents analysés, cette entreprise, détenue par le producteur de théâtre Javier Faroni, agissait comme agent de recouvrement pour les contrats internationaux de l’AFA, notamment avec des géants comme Adidas et Warner. Les enquêteurs se penchent sur des flux d’au moins 260 millions de dollars passant par plusieurs banques majeures, dont Citibank, Bank of America et JPMorgan.
Les investigations, qui ont débuté en 2025 et sont menées par des procureurs fédéraux spécialisés, se concentrent sur un point particulièrement sensible : la redistribution de 57 millions de dollars à diverses sociétés et bénéficiaires dont la justification économique ne serait, à première vue, pas clairement établie. Certaines de ces entités seraient liées à des personnes percevant des aides sociales en Argentine, ce qui renforce la suspicion.
Il est crucial de souligner qu’il ne s’agit pour l’instant que d’une enquête préliminaire. Le FBI n’a pas officiellement confirmé l’existence de ces investigations, et aucune charge n’a été retenue contre l’AFA, son président Claudio « Chiqui » Tapia, ou tout autre dirigeant . Cependant, l’affaire intervient à un moment délicat pour Tapia, déjà sous le feu des critiques en Argentine et en conflit avec le président Javier Milei . Le quotidien espagnol El Debate rappelle d’ailleurs que cette enquête fait suite à une alerte transmise en 2024 par l’ex-ministre argentine de la Sécurité, Patricia Bullrich, aux autorités américaines .
Parallèlement à ce feuilleton judiciaire, un autre scandale secoue le monde du football. La victoire de l’Argentine face à l’Égypte (3-2) en huitièmes de finale est entachée par des décisions arbitrales que les Égyptiens jugent « injustes » et « discriminatoires » .
Leur colère est à son comble. Menés 2-0, les Argentins ont bénéficié d’un penalty accordé (marqué par Messi) et d’un but égalisateur signé de la star. Le coup de grâce est venu dans le temps additionnel sur une contre-attaque fatale . Mais pour l’Égypte, l’issue du match a été scellée par deux décisions clés de l’arbitre français François Letexier .
Un but refusé : Alors que Mostafa Ziko porte le score à 2-0, la VAR intervient pour signaler une faute de Marwan Attia au début de l’action. L’arbitre annule le but. Les Égyptiens crient à l’injustice, estimant que le contact sur Lisandro Martinez était anodin. Cette décision a été jugée « incorrecte » par un expert en arbitrage du The Athletic, qui a estimé qu’il n’y avait « aucune faute digne d’une intervention de la VAR » .
· Un penalty non sifflé : Dans les dernières secondes du temps additionnel, Mohamed Salah s’effondre dans la surface argentine. L’arbitre ne siffle pas et la VAR ne demande pas de visionner les images. Sur la contre-attaque qui s’ensuit, l’Argentine inscrit le but de la victoire .
L’entraîneur égyptien, Hossam Hassan, a été incapable de contenir sa colère après le match. Il a déclaré qu’il ne regarderait « plus jamais un match de la Coupe du Monde » et a laissé entendre que la pression de l’Argentine sur l’arbitre avait « influencé le résultat » . « Il semble qu’il y ait eu des pressions du côté argentin sur l’arbitre », a-t-il lancé, ajoutant que les décisions visaient peut-être à garder Lionel Messi en compétition . La Fédération Égyptienne de Football (EFA) a officiellement déposé une plainte auprès de la FIFA, demandant l’exclusion de l’arbitre et de son équipe du tournoi .
La sélection argentine se retrouve ainsi au cœur d’une tempête parfaite. Son exploit sportif est occulté par une double polémique : une enquête criminelle aux États-Unis qui menace de révéler des zones d’ombre dans la gestion de sa fédération, et un scandale arbitral qui jette un doute sur la légitimité de sa qualification. Si le volet sportif reste entre les mains de la FIFA, le volet judiciaire, lui, pourrait avoir des conséquences bien plus profondes et durables sur l’image et la gouvernance du football argentin. L’avenir nous dira si ces « affaires » ne sont que des coïncidences ou le signe de maux plus profonds.
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