L’information émane d’une source proche de l’Onuci. Un rapport produit par les observateurs dépêchés par l’Onuci dans le Nord de la Côte d’Ivoire lors du second tour de l’élection présidentielle tenu le dimanche 28 novembre 2010 n’a pas été porté à la connaissance de la communauté nationale et internationale par Young J. Choi dans son bilan de certification du scrutin. Et pour cause, ce rapport est accablant, a-t-on appris, pour Alassane Dramane Ouattara et la rébellion armée agissant pour lui. Bourrage des urnes, violence sur les électeurs soupçonnés de supporter Laurent Gbagbo, viol de femmes, violence sur les observateurs nationaux et internationaux dont ceux de l’Onuci, de l’Union européenne (Ue) et de l’Union africaine (Ua), graves irrégularités, etc., ce rapport serait un véritable brûlot contre les exactions et autres actes anti-démocratiques survenus en zones Cno (centre, nord et ouest) occupées par la rébellion armée. Ce rapport, qui fait clairement mention du «tonnerre de violence» que les rebelles ont fait abattre sur les représentants du candidat Laurent Gbagbo dans les bureaux de vote (certains ont dû fuir pour sauver leur vie), n’épargne pas les observateurs internationaux. Dont il révèle les déboires dans les localités de Bouaké, Korhogo, etc. Au dire de nos sources, ce rapport qui existe bel et bien n’a jamais été rendu public par Young J. Choi, représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire. Choi a visiblement caché ce rapport accablant pour rédiger un compte-rendu personnel sur le second tour de l’élection présidentielle. Dans ce compte-rendu qu’il a remis à l’Onu, Choi ne mentionne pas les violences dans les zones sous occupation des rebelles. Il qualifie les actes de violence de minime. Toujours selon les sources proches de l’Onuci, Abou Moussa, adjoint de Young J. Choi, n’aurait pas apprécié que le rapport sur la réalité du scrutin du 28 novembre ait été totalement ignoré dans le compte-rendu de l’Onuci à l’Onu. Sur cette question, des divergences l’opposeraient à Choi.
CamerPress
Le Cecos rassure: “Le problème d`Abobo sera réglé”
Le commissaire Robé Gogo Joachim, chef des opérations du Cecos, a démenti hier les accusations de meurtres dont ses éléments sont l’objet. “Le Cecos n’a ni tué ni massacré un quelconque individu lors des événements de lundi dernier à Abobo. Les éléments du Cecos sont allés sécuriser les commissariats du 21e et du 14è arrondissement et se sont retirés peu après. Le Cecos est ouvert à tous ceux qui veulent des informations exactes. Et nous respectons les Droits de l’Homme”, a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse à Cocody. Toujours selon lui,
la solution aux mouvements insurrectionnels à Abobo a été identifiée.
“Déloger les criminels à Abobo, c’est facile. Le problème d’Abobo sera réglé. L’état-major a pris la pleine mesure de ce qu’il y a à faire”, a-t-il ajouté sans pour autant dévoiler les stratégies et le moment d’intervention des éléments du Cecos dans les foyers de tension des activistes du RDR à Abobo.
Réaffirmant la mission républicaine du Cecos , le commissaire Robé Gogo a soutenu que les éléments de cette unité d’élite défendront toujours les institutions et les personnalités qui les incarnent . “Nos unités de maintien d’ordre interviennent sur réquisition des autorités légalement reconnues et établies par la Constitution. Le Cecos demeurera toujours le recours des
populations en détresse en agissant avec professionnalisme, efficacité, et vigueur”, a-t-il rassuré. Il s’est dit nullement ébranlé par les menaces de sanctions de l’Union européenne.
Didier Kei
Arthur Boka gravement blessé

ArthurBoka
Le latéral gauche ivoirien s’est gravement blessé mardi avec la Côte d’Ivoire qui affrontait le Mali en amical à Valence. La saison du joueur de Stuttgart est d’ores et déjà terminée.Si la Côte d’Ivoire a battu mardi le Mali en amical, les Eléphants ont cependant payé une note salée à la sortie de ce succès. Les Eléphants ne sont en tout cas pas sortis indemnes de leur combat avec les Aigles maliens. Ils ont enregistré deux blessés dans leur rang. Il s’agit de Didier Ya Konan, le buteur du jour et Arthur Boka. Le cas du dernier cité se révèle être très sérieux. Sévèrement touché au genou et sorti avant la fin de la rencontre, Arthur Boka souffre d’une déchirure du ligament interne du genou droit. Une grave blessure qui met la suite de la saison du sociétaire de Stuttgart en danger.
L’ex-Académicien sera indisponible pendant plusieurs semaines. Sinon, il pourrait simplement tirer un trait sur le reste de la saison. Cette grave blessure d’Arthur Boka est un gros coup dur pour Stuttgart qui se débat actuellement pour sauver sa place au sein de l’élite allemande. La blessure de l’international ivoirien met d’autant plus les dirigeants du club allemand en colère que Boka est un élément important de son entraineur. A ce jour, il a disputé 17 rencontres de Championnat et inscrit deux buts. A Stuttgart, tout le monde croise les doigts pour le petit latéral gauche ivoirien.
Avec Diasporanews
Augmentation de salaires en Côte d’Ivoire
Des salaires seront augmentés
A la rentrée budgétaire 2011, le mercredi dernier 9 février, le Gouvernement Aké N`Gbo a proné le développement de la Côte d`Ivoire avec des ressources propres.
« Il est dit de la Côte d`Ivoire qu`elle est un Pays pauvre très endetté, en abrégé Ppte, mais je dis que le monde entier doit retenir qu`elle est un Ppta, entendez Petit pays très ambitieux. Telle est la foi du Président Laurent Gbagbo, le Premier ministre Aké N`Gbo. Tout le Gouvernement de Côte d`Ivoire partage cette foi qu`elle professe dans ce budget 2011 ». C`est avec ce message solennel que Justin Katinan Koné, ministre délégué auprès du ministre de l`Économie et des Finances chargé du Budget, a introduit la rentrée budgétaire 2011, le mercredi 9 février 2011 en présence des agents économiques du privé et du public, à l`auditorium de la Caistab au Plateau. Au nom du ministre de l`Économie et des Finances, Katinan Koné a rassuré tout le monde sur la situation actuelle de la Côte d`Ivoire. « La Côte d`Ivoire n`est pas le premier pays qui connaît ce type de situation et elle n`est pas à sa première expérience », a-t-il déclaré. Rappelant qu`avant la Côte d`Ivoire, le Liban, la France, l`Afrique du Sud, etc., « ont dû combattre pour obtenir plus de souveraineté ». Aussi, pour ce combat, le budget 2011 donne-t-il le ton. Pour cette année, le budget s`établit en recettes et en dépenses à 2907,3 milliards de francs Cfa et est légèrement en hausse de 0,4% par rapport au budget 2010 (2897,0 milliards de francs Cfa). Selon les explications des premiers responsables des régies financières de l`État (M. Kessé Feh des Impôts, Mme Djédjé Mama de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique / Dgtcp, Colonel-major Alphonse Mangly de la Direction générale des Douanes et M. Pokou Abo Guillaume de la Direction générale du Budget et des Finances / Dgbf), le budget 2011 est caractérisé par plusieurs réformes. Ainsi, au niveau fiscal, malgré un environnement socio-politique délétère, on accorde beaucoup d`importance à l`impact des mesures fiscales nouvelles de l`annexe fiscale 2011. Selon le Directeur général des Impôts, « certaines mesures, en particulier en matière de Tva (ndlr : taxe sur la valeur ajoutée), auront un effet négatif sur les recettes de 2011 : extension du droit de déduction, réduction du taux de Tva sur les activités hôtelières et de tourisme ». Parallèlement, des nouveaux impôts sont créés. Il s`agit notamment de l`institution d`une taxe sur les télécommunications et de l`institution d`une autre sur le caoutchouc granulé. Sans oublier que la taxe relative à la contribution de sortie de crise est reconduite pour 2011. Évoquant les recettes 2010 de la Dgtcp, Mme Djédjé Mama a révélé que les objectifs n`ont pas été atteints aussi bien pour les recettes fiscales que pour les non fiscales. C`est le contraire des emprunts sur les marchés monétaire et financier qui ont engrangé 677,9 milliards de francs Cfa grâce essentiellement aux émissions de bons du trésor à très courte durée. Représentant 24% du budget, cette entrée de ressources est pourtant assujettie directement à la crise post-électorale.
D`où l`inquiétude de la Dgtcp qui a affirmé ne pas savoir « si la situation du pays pourra permettre que l`objectif (2011) soit atteint ».
Les priorités 2011
Pour 2011, en plus des recettes à réaliser, le trésor a décidé de s`attaquer à l`institution d`impôts parallèles par des ministères. Au titre de la Dgbf, il faut retenir que les priorités du budget 2011 sont la poursuite de la normalisation de la situation socio-politique; la gestion de la salubrité urbaine; le renforcement de la politique d`insertion des jeunes dans le tissu économique; l`entretien routier; la poursuite des actions de lutte contre la pauvreté; le développement des infrastructures économiques de base. Selon les explications de la Dgbf, la hausse sensible du budget se justifie par le niveau important de remboursement des titres publics et des charges salariales. En effet, la masse salariale 2011 se répartit entre les mesures acquises (798,2 milliards de francs Cfa) et les mesures nouvelles (84 milliards de francs Cfa). Les mesures nouvelles prenant en compte l`impact des mesures de revalorisations salariales entrant en vigueur en 2011 et l`incidence financière des recrutements et des changements de situations administratives. « Ce ne sont pas tous les fonctionnaires qui sont concernés. Ce sont les nouveaux fonctionnaires, les techniciens supérieurs et les ingénieurs, les secrétaires, les greffiers, les greffiers en chef, les fonctionnaires du corps diplomatique et les fonctionnaires qui n`ont pas de statut particulier», a précisé, en substance, le ministre du Budget. Et de souligner que pour la plupart, ces fonctionnaires ne verront des changements sur leurs salaires qu`à partir de juillet 2011. Intervenant sur son département, le Colonel-major Alphonse Mangly a révélé que les recettes douanières 2010 s`élèvent à 938,58 milliards de francs Cfa, soit une hausse de 18,2% par rapport à 2009 (793,84%). Pour 2011, bien que 904,00 milliards de francs Cfa sont attendus comme recettes douanières, le patron de la Dgd compte enregistrer les 1000 milliards de recettes. Aux différents acteurs du budget 2011, le ministre Katinan Koné a exhorté au respect des réformes pour le bonheur des populations ivoiriennes même si « la tâche ne sera pas facile ».
Avec Soir Info
Gbagbo-Sarkozy: Les dessous d’un duel à mort
Entre Laurent Gbagbo-reçu pourtant à l’Elysée en juin 2001 par Lionel Jospin, sous la cohabitation avec Jacques Chirac- et la France- ça n’a jamais été la parfaite entente. Le dernier coup de Nicolas Sarkozy vient enrichir la chronique ou l’héritage d’une relation politique jamais franche. De Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy, la France a toujours porté Gbagbo, « ce rebelle antifrançais », dans le nez. « Depuis l’élection du président Gbagbo en octobre 2000, la France ne l`a jamais accepté, ni celle de Chirac, ni celle de Sarkozy où il avait cru, trop tôt pouvoir dormir… », avait fait remarquer, récemment, Laurent Dona Fologo, président du Conseil économique et social. Et le destin de celui-ci va basculer en septembre 2002, avec la tournure dramatique que prennent les choses, avec, un coup d’Etat qui se mue en rébellion et qui ceint le pays en deux. La France de Jacques Chirac, prétextant sa nouvelle politique de « ni ingérence, ni indifférence » refuse d’activer les accords de défense que Gbagbo était en droit d’attendre de l’ancienne puissance colonisatrice. La table ronde de Linas Marcoussis, où des masques sont tombés, achève de convaincre Gbagbo que le complot dont son régime est l’objet tire ses racines dans l’Hexagone. A Marcoussis, son pouvoir a été mis en pièces. Pour Gbagbo et les siens, l’ombre de la France est derrière le complot… piloté depuis l’Elysée et qui vise à le neutraliser. En France, notamment, le discours politique du nouveau dirigeant ivoirien, tourné vers « l’indépendance totale et la souveraineté », dérange. « C’est la France qui est derrière cette guerre », avait accusé Laurent Gbagbo. Va naitre alors une rhétorique contestataire contre l’ancienne puissance colonisatrice.
Qui est en passe de pervertir l’image et l’influence de la France dans son pré-carré en Afrique ! Il faut, au plus vite, lui clouer le bec, pour éviter un effet domino en Afrique. Depuis, tous les moyens sont mis en œuvre pour mettre hors d’état de nuire ce chef d’Etat africain « qui refuse d’être traité comme un sous-préfet de la France ». « Je ne suis pas un sous-préfet français nommé en Côte d’Ivoire. Je suis un chef d’Etat élu », avait lâché Laurent Gbagbo, face aux entrepreneurs français exerçant en Côte d`Ivoire, au sujet de ses relations tendues avec la France depuis son arrivée au pouvoir.
Point de non-retour
Aussi bien à Gauche, dans le camp de ses amis socialistes qu’à Droite, dans le camp de l’Ump, Laurent Gbagbo n’a toujours pas trouvé chaussure à son pied. Bien que divisés idéologiquement tous ont fait chorus pour l’abattre, notamment après le scrutin du 28 novembre dernier. Le Parti socialiste reconnaît, avec la communauté internationale, la victoire d`Alassane Ouattara, et demande au Président sortant de l`accepter. M. Jean-Christophe Cambadélis, l`un de ceux qui ont fait le voyage d`Abidjan pendant la campagne électorale pour soutenir Gbagbo, a déclaré ceci : « Il faut donc obtenir que Laurent Gbagbo reconnaisse le résultat favorable à son rival Ouattara, car je ne vois pas bien comment, la Côte d`Ivoire peut s`en sortir ». Jack Lang qui, lui aussi, avait fait campagne avec Laurent Gbagbo, a écrit une lettre à son « cher Laurent » pour qu`il accepte le résultat du vote cautionné par l`ONU et favorable à Ouattara. Nicolas Sarkozy avait mis en demeure Laurent Gbagbo « de quitter le pouvoir », le menaçant de sanctions. Le dernier coup du président français contre Laurent Gbagbo se présente, une fois de plus, comme le symbole achevé de la volonté de la France de « couler » le régime du « Woody » de Mama. Un voyage programmé de députés UMP en Côte d`Ivoire a avorté, au dernier moment, suite à une opposition de l`Elysée. Le patron des députés UMP, Christian Jacob, a confirmé mardi qu`il n`avait pas jugé « opportun » que des députés de son groupe se rendent à Abidjan. Sur place, les trois députés UMP devaient rencontrer le président Laurent Gbagbo. « Je m`en suis expliqué avec eux parce qu`il y avait un risque évident d`exploitation de leur déplacement », a dit Christian Jacob à la presse. Au fond, la tête de Gbagbo ne plait pas à la France, tout simplement parce qu’il est en train d’inculquer un nouvel esprit aux nouvelles générations africaines. La France, qui travaille à l’isolement total de Laurent Gbagbo au plan international, est en première ligne, notamment en ce qui concerne les sanctions financières, après avoir accrédité un Ambassadeur nommé par Alassane Ouattara. Elle remue ciel et terre à l’Onu pour faire partir Gbagbo. Pourtant, quoiqu’on dise, en dehors de son discours politique, Laurent Gbagbo n’a pas rompu les amarres avec le pays de Sarkozy. La France reste le premier partenaire économique de la Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo a attribué d’importants gisements de pétrole au groupe français Total, renouvelé les contrats de Bouygues ( Telecom, électricité et eau) cédé le terminal à conteneurs du port autonome d`Abidjan port à centenaires à Bolloré. Poussé à bout, il a dû, récemment, appliquer le principe de réciprocité, en retirant à l’Ambassadeur français en Côte d’Ivoire, son accréditation.
Mais celui-ci est toujours solidement à son poste à Abidjan. Laurent Gbagbo et ses partisans ne ratent aucune occasion pour fustiger l’ingérence de la France dans les affaires politiques ivoiriennes aux fins d’imposer « Alassane Ouattara ». En tout état de cause, entre la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo et la France de Sarkozy, l’on semble avoir franchi le rubicond. Qui aura le dernier mot ? Les prochaines semaines nous situeront.
Armand B. DEPEYLA (L’Inter)
Des Avocats du Tpi répondent au Procureur de la Cpi : «Vous avez un parti pris scandaleux»
Nous sommes un groupe d’avocats près le Tribunal pénal international pour le Rwanda (Tpir), basé à Arusha en Tanzanie, et également près la Cour pénale internationale basée à La Haye, aux Pays- Bas.
Nous sommes interpellés par les évènements qui se déroulent en Côte d’Ivoire et qui ne laissent aucun Africain indifférent. Notre appartenance au système de la Justice internationale, nous conduit à nous étonner des propos tenus par le procureur près la Cpi, M. Moreno- Ocampo. Lesquels propos s’apparentent clairement à des menaces contre une des parties à ce litige, et plus précisément contre le camp du Président Laurent Gbagbo
Cette immixtion intempestive du procureur de la Cpi dans ce litige tente à montrer le dessein de celui-ci à transformer cette auguste Cour en une arme politique au service exclusif des puissances occidentales.
On est en droit de se demander à quel moment M. le Procureur de la Cpi a mené ses enquêtes pour indexer un camp comme étant le responsable des crimes qui ont pu se commettre en Côte d’Ivoire après les élections.
Cette position qui est le reflet de celle annoncée au lendemain des élections par certaines puissances occidentales nous conduit à redouter que M. Moreno-Ocampo ne montre qu’un parti pris proprement scandaleux. Et si c’est le cas, nous sommes bien aux antipodes du noble esprit qui a prévalu à la mise en place de la Cour dont il est le procureur.
En effet, M. Moreno- Ocampo semble vouloir utiliser l’opportunité des poursuites qui est son privilège, à des fins politiques, et semble très clairement dire au Président Gbagbo : « Quittez le pouvoir, cédez votre place à M. Ouattara, sinon nous vous poursuivrons pour crimes contre l’humanité etc. »
On se souvient que récemment, M. Moreno- Ocampo n’a pas hésité à pointer du doigt et citer nommément le ministre Charles Blé Goudé comme devant faire l’objet de poursuites devant la Cpi.
Et ce faisant, le procureur a désigné un suspect avant même de déterminer le crime commis, ce qui montre un parti pris proprement scandaleux !
Le procureur Moreno- Ocampo est-il dans l’esprit qui a prévalu à la mise en place de cette Cour pénale internationale quand il agit de la sorte ?
Il apparaît que non, et une telle attitude si elle persiste va retirer toute sa crédibilité à cette Cour
Ce faisant, le procureur Moreno- Ocampo viole un principe fondamental de droit et même les règles de la Cpi :
Violation d’un principe fondamental de Droit :
– Moreno-Ocampo qui à notre connaissance n’a pas mis les pieds en Côte d’Ivoire a décidé de là où il se trouve que s’il y a exactions, celles-ci proviendraient forcément du camp du président Gbagbo. Il y a manifestement violation du droit à la présomption d’innocence tel que prévu par l’article 64 des statuts de la Cpi qui impose le principe d’objectivité dans la recherche de la vérité, (le procureur enquête d’ailleurs à charge et à décharge, et non pas seulement à charge comme il semble le faire dans le cas de la Côte d’Ivoire).
Violation des règles de la Cpi
– Luis Moreno- Ocampo a sauté une étape importante dans la saisine de la Cpi, qui est que c’est seulement lorsque les juridictions nationales n’ont pas la volonté ou la compétence pour juger de tels crimes que la Cpi est saisie et il faut démontrer cette lacune des juridictions nationales.
– La Cpi est saisie soit par les Etats parties, soit par le Conseil de sécurité de l’Onu, ou alors le procureur peut décider d’ouvrir une enquête de sa propre initiative, mais avant de décider cela il doit en demander l’autorisation à la Chambre préliminaire.
Ces observations étant faites, il convient de rappeler ici que tout en ayant signé le Statut de Rome, , la Côte d’Ivoire n’a pas encore ratifié ce Statut et n’est donc pas à ce jour Etat membre de la Cpi.
La Côte d’Ivoire n’est pas le seul Etat dans cette situation, en Afrique, nous avons notamment le Cameroun, en Amérique, les Etats –Unis, en Asie, la Chine qui n’ont pas ratifié ce Statut
Il est d’ailleurs intéressant de s’arrêter sur les motifs invoqués par la Chine pour refuser la ratification :
– La Cpi va contre la souveraineté des Etats Nations
– Le principe de la complémentarité donne au Tribunal la capacité de juger le système de tribunal d’une Nation (à savoir si les juridictions nationales sont compétentes pour juger de tels crimes)
– La juridiction des crimes de guerre couvre à la fois des conflits internes et internationaux
– Enfin, et c’est le plus important des griefs contre ce Tribunal, la Chine estime que le droit du procureur à déposer des accusations peut placer la cour sous une influence politique.
L’on peut se rendre compte que cette crainte de la Chine est avérée face à ce qui se passe en Côte d’Ivoire, où le procureur est en train de brandir la menace de poursuites comme épouvantail pour obtenir du président Gbagbo qu’il cède son siège de président de la République de Côte d’Ivoire à la personne choisie par la « communauté internationale » , cette nébuleuse.
Lorsque l’on suit l’histoire de la Côte d’Ivoire on se pose la question de savoir pourquoi la Cpi n’a pas brandi la même menace à l’encontre des rebelles lorsqu’ils se sont livrés à toutes sortes d’exactions à partir de septembre 2002, alors même que cela rentre dans les compétences du Tribunal, fonctionnel depuis juillet 2002,
Comment la Cpi entend elle asseoir sa crédibilité si elle se laisse entrainer dans des manipulations politiques comme c’est le cas en Côte d’Ivoire ?
Comment expliquer que la Cpi s’immisce dans un conflit de politique interne et menace une des parties en cause en restant complètement silencieuse depuis de nombreuses années sur les agissements de l’autre partie
Comment la Cpi peut-elle expliquer que soudainement elle est devenue soucieuse de la protection des populations ivoiriennes qu’elle a ignorées hier, et continue à ignorer car de toute évidence, ce n’est pas l’intérêt du peuple ivoirien qu’elle protège.
Comment comprendre que la Cpi, n’a émis et continue à ne pas émettre de menaces contre les soldats français qui avaient tiré sur la foule aux mains nues à Abidjan en 2004 ?
Cas du préfet d’Abengourou, attaqué le 25 ou le 26 janvier par les jeunes du Rhdp …Les exactions de Duékoué, Daloa etc.
Et la liste est longue…….
Tout cela doit nous amener à nous demander si la Cpi n’est pas une nouvelle arme mise entre les mains des pays occidentaux pour menacer et asservir les pays du Sud par d’autres voies masquées sous des aspects de légalité etc…
Me Josette Kadji (avocat au Barreau du Cameroun et près le Tpir et la Cpi)
Me Jean de Dieu Momo (avocat au Barreau du Cameroun et près le Tpir)













