[VIDEO] L’ancien Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Philippe-Henri Dacoury-Tabley, est enfin libre après plus de deux ans et demi de détention arbitraire par le régime dictatorial de Ouattara/Soro. Le vendredi 16 août 2013, ce proche du Président Laurent Gbagbo s’est rendu dans son village natal de Kpapékou dans le département de Gagnoa, où il a été dignement célébré par ses parents.
Politique en Côte d'Ivoire: Un aperçu des enjeux actuels et des perspectives d'avenir
La Côte d'Ivoire, pays situé en Afrique de l'Ouest, est depuis longtemps un acteur clé de la politique régionale. Après des années de turbulence politique et de crises, le pays a progressivement renforcé ses institutions démocratiques et s'est engagé sur la voie du développement. Cet article explore les enjeux actuels de la politique en Côte d'Ivoire ainsi que les perspectives d'avenir pour le pays.
Stabilité politique et réconciliation nationale: Depuis la fin de la crise post-électorale de 2010-2011, la Côte d'Ivoire a réalisé des progrès significatifs en termes de stabilité politique et de réconciliation nationale. Le gouvernement ivoirien s'est engagé dans des réformes pour renforcer les institutions démocratiques et promouvoir la participation citoyenne. Des initiatives de réconciliation, telles que la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, ont contribué à apaiser les tensions et à favoriser l'unité nationale.
Économie et développement: La Côte d'Ivoire est l'une des économies les plus dynamiques de la région. Grâce à sa riche diversité économique, notamment dans les secteurs de l'agriculture, des mines et de l'industrie, le pays a attiré des investissements étrangers et connaît une croissance soutenue. La politique économique axée sur les réformes structurelles et l'amélioration du climat des affaires a permis à la Côte d'Ivoire de diversifier son économie et de stimuler la création d'emplois.
Défis et enjeux: Malgré les progrès réalisés, la politique en Côte d'Ivoire doit encore relever plusieurs défis. La consolidation de la démocratie et la garantie des droits de l'homme restent des priorités. Le pays doit également faire face à des questions telles que la corruption, l'inégalité socio-économique et l'accès limité aux services de base pour une partie de la population. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer l'État de droit et promouvoir la transparence dans la gouvernance.
Perspectives d'avenir: La Côte d'Ivoire a un potentiel énorme pour devenir un acteur majeur sur la scène régionale et internationale. Les réformes en cours dans les secteurs clés tels que l'éducation, la santé et l'infrastructure renforcent les fondations du pays pour une croissance durable. De plus, la Côte d'Ivoire joue un rôle actif dans les initiatives régionales et continentales, ce qui renforce sa position en tant que leader politique en Afrique de l'Ouest.
En conclusion, la politique en Côte d'Ivoire a connu des avancées significatives ces dernières années, marquées par la stabilité politique et les réformes démocratiques. Malgré les défis persistants, le pays continue de progresser vers un avenir prometteur. La Côte d'Ivoire a la possibilité de consolider sa démocratie, de promouvoir le développement économique inclusif et de jouer un rôle de de premier plan sur la scène régionale. En investissant dans les institutions, en luttant contre la corruption et en favorisant la réconciliation nationale, le pays peut renforcer son positionnement politique et attirer davantage d'investissements pour le bien-être de sa population.
EXCLUSIF/ LE GRAND DÉBAT : LES IVOIRIENS PEUVENT- ILS SE RÉCONCILIER?
GRAND DÉBAT : LES IVOIRIENS PEUVENT- ILS SE RÉCONCILIER?
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Soro fustige Dano Djédjé et les cadres FPI
Trois jours durant, le chef du Parlement ivoirien a parcouru le département de Gagnoa. Objectif : tracer les sillons d’une réconciliation vraie et recadrer des faits.
Meeting final. La place Laurent Gbagbo de Gagnoa a été le point d’encrage de la visite de trois jours, effectuée par Soro Guillaume, dans le département de Gagnoa. Le samedi 17 août dernier, le président de l’Assemblée nationale s’est longuement lâché sur bien de sujets. Comme partout où il est passé avant cette rencontre-bilan, Soro a souligné le courage du Conseil des chefs de village, promoteur du périple qui l’a conduit à Gnabodougnoua, Ouaragahio et Guiberoua. Avec les intermèdes de Gnaliépa, Mama et d’autres bourgs du département. Partout, il a parlé «vrai et réconciliation », motif du voyage qui a fait couler tant de salive et d’encre. « Les chefs sont courageux, ils ont subi des injures, des menaces de mort », a ressassé l’hôte des gardiens de la tradition locale. Malgré tout, se réjouit-il, la visite a eu lieu. C’est pourquoi, Soro Guillaume tance publiquement ceux qui, à l’en croire, ont tout mis en œuvre, en vain, pour empêcher sa tournée. Sans gants, il brocarde « les soi-disant cadres, dont le Pr Sébastien Dano Djédjé, figure de proue du FPI dans le département. « Dano Djédjé dit qu’il m’interdit d’aller à Gnaliépa et à Mama. Il dit, si je vais à Gnaliépa et à Mama, il va me tuer, lui qui a été ministre de la Réconciliation. Je comprends pourquoi on ne s’est pas réconcilié. Il n’y a pas de principautés en Côte d’Ivoire, a vivement protesté Soro. Très remonté, il fait noter à l’assistance que « Gagnoa ne peut pas être le bastion castique d’un parti. Gagnoa appartient à tous les partis politiques, sans exclusion. Je n’avais pas parlé depuis, puisque je n’avais pas terminé ma tournée, je ne savais pas ce qu’il pouvait me faire. Mais puisque c’est fini aujourd’hui, je peux parler un peu. » Place donc aux révélations. Et d’un : «Je venais avec mes enfants et mon épouse, mais puisqu’on dit qu’on va me tuer, je leur ai dit de rester à Abidjan, parce qu’on ne sait jamais. Grâce à l’opposition de Dano Djédjé, toute la presse internationale est venue, pour voir si on va me recevoir. Et puisqu’il prône la conciliation nationale, Soro demande au chef de Ferké, Koné Mamourou, venu le soutenir avec une forte délégation, d’inviter Dano Djédjé dans son fief, « on le recevra. »
‘’Je suis choqué’’
Et de deux, l’ex-Premier ministre de Laurent Gbagbo tient à mettre le holà à une idée largement répandue, selon laquelle il aurait trahi son chef, à l’issue de la Présidentielle de 2010. Soro nie avoir joué contre son patron d’alors, puisque, jure l’ancien petit séminariste, « Gbagbo a perdu les élections. Celui qui a gagné, s’appelle Alassane Ouattara. » Pour lui, et à la joie de ses supporteurs de Gagnoa, le temps est venu de tourner la page, et se tourner vers le développement. Au demeurant, « ceux qui disent que je suis traître, je leur dis que je suis un bon traître. Un traître qui donne une école à Gnabodougnoua, qui donne des chaises à Gnaliépa où je vais réhabiliter le préau, et construire des latrines pour l’école. » Allusion faite aux dons faits dans les contrées où il est passé les jeudis et vendredi derniers. Il a répondu avec diligence aux doléances des populations. « Je dis au peuple Bété de ne pas parler comme Dano Djédjé. Allez dans la réconciliation, allez dans la paix, pour qu’on trouve le salut ensemble. » Soro Guillaume qui entendait « parler vrai », s’est élevé contre ceux qui accusent le pouvoir d’avoir envoyé l’ex-Président à la Haye. « On me dit, ‘’libérez les prisonniers, on m’a aussi demandé, ‘’où est Laurent Gbagbo ?’’ C’est la CPI qui l’a envoyé », soutient l’ancien leader syndical, sans doute pour dégager la responsabilité du pouvoir, et enrayer tout espoir de la libération de l’ex-numéro un Ivoirien. Il poursuit, relatant brièvement son récent passé de chef du MPCI. Juste pour marquer sa reconnaissance à ceux qui, tels Louis-André Dacoury Tabley, et Abel Djohoré, cadres de Gagnoa, qui l’avaient suivi à Bouaké, en 2002. Depuis quelques temps, ils sont tous devenus députés. Dans la foulée, et parlant toujours du scrutin suprême de 2010, Soro note que «certaines personnes continuent de donner l’illusion et de mentir aux populations. » Sur sa lancée de « parler vrai », Soro marque son indignation, sur une attitude de ses interlocuteurs. «J’ai été choqué qu’à Ouragahio, on n’ait parlé de tout le monde, sauf de Benoît Dacoury-Tabley qui a été criblé de balles à Abidjan, le jour où Louis-André Dacoury a déclaré qu’il est avec nous, numéro deux du MPCI. Benoît n’est pas un fils de Gagnoa ? Quand on a voulu l’enterrer, les gens ont jeté son cadavre, disant qu’ ‘’il a eu ce qu’il a cherché’’ », se souvient l’élu, avec amertume. « C’est au nom de tout cela qu’il faut qu’on aille au pardon. Je demande aux chefs d’aller demander pardon à la famille de Dacoury-Tabley », recommande-t-il.
Secret familial
Puis, de trois, Soro livre une nouvelle info. «Moi-même, j’ai vécu l’intolérance, l’injustice, la violence dans mon couple. Il s’agit du père de Tagro Sylvie, ma femme, chef du village de Zakoua (Daloa). La veille de l’élection de 2010, un émissaire a réuni les chefs pour leur dire d’aller voter tel candidat. Il a répondu que ‘’mon beau-fils Soro Guillaume, Premier ministre, m’a dit que chacun est libre d’aller voter qui il veut.’’ Quand il a quitté la réunion, on a envoyé un véhicule le cogner, il est mort. Est-ce que j’en ai parlé aux Ivoiriens ? J’ai géré tout cela, seul. J’ai dit à ma femme que je sais que c’est à cause de moi qu’il est mort, et que sa famille me pardonne », livre-t-il ce secret familial, concédant que c’est une raison supplémentaire d’aller à la réconciliation. Aussi, le chef du Parlement ivoirien s’étonne et s’offusque-t-il qu’une frange de la classe politique ivoirienne « refuse de demander pardon. » Alors que, à l’en croire, le chef de l’Etat, lui-même, et les Yacouba, qui ont perdu leur leader, feu Rober Guéi, se sont adonné à cet exercice de catharsis. Pour Soro Guillaume, le temps est à la reconstruction. C’est pourquoi, relevant la misère des populations visitées, il entend s’impliquer, pour une prochaine visite présidentielle. Objectif : permettre à Alassane Ouattara de prendre le pool de la situation, et œuvrer au développement de la région du Gôh.
Guillaume KOUASSI
Reportage exclusif sur la cherté de la vie en Côte d’Ivoire (vidéo)
Côte d’Ivoire/ Enquête exclusive: De graves révélations sur l’opération militaire française de 2004
Le 6 novembre 2004, deux Sukhoi ivoiriens bombardaient une base française dans le nord du pays, faisant dix morts. Mais pourquoi? Qu’avait à y gagner le président Laurent Gbagbo? Enquête sur l’un des secrets les mieux gardés de la françafrique.
J’ai entrepris toutes les démarches pour avoir des explications sur ce bombardement incompréhensible. Par qui? Pourquoi? Sur ordre de qui? Mais aucune réponse n’est possible, car il faudrait lever le secret-défense.» Ces mots sont ceux de Djamel Smaidi, et c’est à François Hollande qu’il les adresse. Neuf ans après le raid mené par l’armée ivoirienne sur un campement de la force Licorne à Bouaké, ce militaire rescapé, réformé pour invalidité en 2010, se bat toujours.
‘ » Quatre jours après le raid. C’est le mess des officiers qui a été pris pour cible.
pour connaître la vérité sur un événement que l’on peut classer parmi les plus obscurs de la Françafrique. La vie de Djamel, comme celle de ses compagnons en poste ce jour-là, a basculé le 6 novembre 2004 en début d’après-midi. Deux Sukhoi 25 ont décollé de l’aéroport de Yamoussoukro. Aux manettes, deux pilotes biélorusses (Barys Smahine et Yomi Souchkine), secondés par deux copilotes ivoi riens (le lieutenant-colonel Ange Gnanduillet et le lieutenant Patrice Gueï).
Vers 13 h 20, ils effectuent un premier passage de reconnaissance au-dessus du lycée Descartes, où se sont installés les Français. Puis l’un d’entre eux plonge en piqué, et lâche ses roquettes sur l’objectif, un gymnase abritant le mess des officiers. Bilan: dix morts (neuf militaires français et un civil américain) et 39 blessés. Une enquête judiciaire est ouverte un an plus tard par le tribunal des armées de Paris. Elle est toujours en cours. « J’accuse le pouvoir politique de l’époque d’avoir saboté par tous les moyens cette enquête, s’emporte Jean Balan, l’avocat de 22 parties civiles. Les victimes ne sont rien d’autre que les dommages collatéraux d’un jeu très dangereux et mal maîtrisé de la présidence française pour régler ses comptes avec Laurent Gbagbo.» Balan, chapeau de cow-boy vissé sur le crâne, nœud texan autour du cou et santiags aux pieds, est une figure bien connue du tribunal des armées. Réputé tenace, ce pénaliste défend depuis trente ans les militaires dont les droits ont été bafoués.
Après des années d’investigation, il s’est forgé des certitudes. Selon lui, les dirigeants français (le président Jacques Chirac, Michèle Alliot Marie, sa ministre de la Défense, Dominique de Villepin, à l’Intérieur … ) ont joué avec le feu. Selon plusieurs témoignages de militaires et de diplomates versés au dossier d’instruction, Paris savait parfaitement que Laurent Gbagbo avait l’intention de reconquérir le nord du pays. Le 2 novembre, Gildas Le Lidec, l’Ambassadeur de France, et le général Poncet, le patron de Licorne, tentaient encore de l’en dissuader.
Le lendemain, c’était au tour de Jacques Chirac de décrocher son téléphone. Réponse du président ivoirien:« Je ne peux plus tenir mes militaires. » À Yamoussoukro, les Français suivent minute par minute le pilonnage des positions rebelles par les deux Sukhoi et les va-et-vient de l’Antonov qui les réapprovisionnent en munitions depuis Abidjan. Selon les pièces versées au dossier, Paris avait obtenu du colonel Mangou, chargé des opérations militaires à Yamoussoukro, qu’il l’informe à l’avance des cibles qui allaient être frappées pour permettre à ses soldats de se mettre à l’abri.
Selon l’avocat des familles des victimes, paris a joué avec le feu. Et s’est brûlé les doigts.
ERREUR.
Alors que s’est-il passé? Un mercenaire français au service de l’armée ivoirienne, le pilote Jean-Jacques Fuentes, affirme que les pilotes des Sukhoi ont été induits en erreur par une source élyséenne qui leur aurait fait croire qu’une réunion de chefs rebelles se déroulait dans le mess des officiers. Mais ce témoignage est sujet à caution compte tenu de l’identité du témoin. Le général Poncet a, de son côté, formulé plusieurs hypothèses quant à l’origine du raid, dont celle de la« bavure manipulée ».« Du pur délire », selon Michèle Alliot -Marie. Peut-être. Mais pour Me Balan, la France devait penser qu’il n’y aurait pas de victimes, le mess étant exceptionnellement fermé ce jour-là. S’ il y a eu des morts, c’est parce que des militaires s’étaient réfugiés sous les auvents du bâtiment à l’approche des Sukhoi – ce que Paris, toujours selon l’avocat, n’avait pas prévu. Mais, dans cette hypothèse, que cherchait la France? À justifier un coup d’État en préparation contre Laurent Gbagbo, continue Jean Balan.
BLINDÉS.
Le 7 novembre, dès le lendemain du bombardement, une colonne de blindés français encercle la résidence de Gbagbo, dans le quartier de Cocody, à Abidjan, avant de se replier. Les militaires affirment qu’ils se sont trompés de route, Alliot-Marie, qu’il s’agissait de protéger l’Ambassade de France située juste à côté. D’autres témoignages mentionnent la présence du chef d’état-major, Mathias Doué, dans l’un des véhicules blindés. Aurait-il eu l’intention de renverser Gbagbo avant de se raviser devant le nombre des pro-Gbagbo descendus dans les rues? Ce qui est sûr, c’est que Doué a aussitôt été limogé, et qu’après un long exil à l’étranger, il coule désormais des jours tranquilles à Abidjan. Mais il y a plus troublant encore.
De retour dans la capitale ivoirienne, les deux pilotes biélorusses se posent sans difficulté sur les pistes de l’aéroport, pourtant surveillé par les Français, et sont exfiltrés vers le palais de Yamoussoukro. Dans l’après-midi, les soldats français détruisent les avions à la hache (Paris les couvrira, mais Poncet sera vertement réprimandé par sa hiérarchie). À Abidjan, tout s’accélère. Des éléments de Licorne prennent l’aéroport, et arrêtent 15 techniciens russes, biélorusses et ukrainiens chargés de l’entretien des Sukhoi. Ils les retiennent durant quatre jours, avant de les remettre au consul de Russie, le 11 novembre, en présence d’un délégué du Comité international de la Croix-Rouge -le tout sur instruction de l’état – major à Paris. « Je n’avais pas du tout envie de relâcher ces personnes, a témoigné le général Poncet. On m’a répondu: tu exécutes! »
Cinq jours plus tard, huit Biélorusses, dont l’un des deux pilotes, sont de nouveau arrêtés à la frontière du Togo alors qu’ils se présentent comme « mécaniciens
agricoles ». Le ministre togolais de l’Intérieur, François Boko, fait immédiatement le lien avec les événements de Bouaké et décide de les placer en garde à vue. Son audition ne manque pas de sel. Il assure avoir appelé le lieutenant-colonel Velseder, de la DGSE (les services de renseignements extérieurs de la France), qui était également conseiller de Gnassingbé Eyadéma, pour savoir s’il devait l’avertir. Son interlocuteur lui aurait répondu que sa « direction parisienne ne l’avait pas autorisé à informer [le chef de l’État togolais] ». « Nous avons sollicité aussi le SCTIP [Service de coopération technique internationale de police] et un autre canal au ministère de l’Intérieur pour demander à Paris la conduite à tenir, ajoute Boko. Les instructions étaient de ne rien faire.
Devant l’attitude de la France, qui m’a beaucoup étonné, j’ai été amené à prendre des arrêtés d’expulsion. » Interrogé lui aussi, Dominique de Villepin, à l’époque chargé de l’Intérieur, a déclaré ne pas avoir été informé de cette affaire. Pour Alliot- Marie, il n’y avait pas de base légale, faute de mandat international, pour interroger les suspects. Faux, rétorque Me Balan. « L’autorité judiciaire était parfaitement en mesure d’établir en urgence une demande d’entraide pénale internationale aux fins de faire entendre les suspects par les autorités togolaises qui faisaient preuve d’une bonne volonté manifeste. » D’ailleurs, les mercenaires de l’Est avaient déjà été entendus, mais par les Forces spéciales françaises à Abidjan, si l’on en croit le général Thonier, adjoint de Poncet à Abidjan. Des demandes de décalcification liées à l’arrestation des mercenaires slaves, ont été demandées. En partie acceptées, leurs noms, photos, métiers figurent au dossier mais, curieusement, il n’y a aucune trace de leurs interrogatoires, et 26 pages sont classées« secret défense ». Et le mystère continue. Aucune autopsie n’a été réalisée sur les corps alors que la loi en fait l’obligation en cas de crime. Réponse d’Alliot -Marie: « L’autopsie des militaires en opération ajoute inutilement du chagrin aux familles. »
En fait, les corps furent enterrés à la hâte. Une erreur réparée en 2006. L’exhumation de ces corps, pour qu’ils retrouvent leur sépulture, a montré qu’ils avaient été jetés dns un sac mortuaire couverts de sang, les vêtements déchirés, sans avoir été ni lavés ni habillés. « Toute éventuelle preuve devait disparaître, en conclut Me Balan. Dans quel but?»
ABERRATION.
L’avocat n’a pas réussi à obtenir que Michèle Alliot -Marie soit poursuivie devant la cour de justice de la République. La commission des requêtes a estimé que les déclarations de « Mme Alliot-Marie ne constituaient pas une altération volontaire de la vérité ». Une aberration, pour Balan, qui a du coup envoyé un dossier complet sur l’affaire à une soixantaine de députés et de sénateurs français en espérant la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire. Payé par la caisse d’assurance des militaires, il n’est pas prêt à lâcher le dossier, soumet régulièrement ses découvertes à la juge Khéris (le quatrième chargé de l’affaire depuis le début de la procédure), et demandera prochainement l’audition de nouveaux témoins. Parmi eux, les conseillers d’Alliot-Marie et de Villepin, Robert Montoya, un ex-gendarme élyséen installé au Togo, qui avait livré les deux Sukhoi à Gbagbo, puis participé à l’exfiltration des mercenaires biélorusses. Quant aux rescapés et aux familles des victimes, ils sont de plus en plus enclins à médiatiser leur histoire pour que la vérité éclate au grand jour. « Ignorer ce qui s’est passé à Bouaké, c’est faire mourir nos compagnons d’armes une deuxième fois », a prévenu l’un d’eux.
Source « Jeune-Afrique » du lundi 12 aout 2013
Eyadéma: « Frappez à l’heure de la sieste! »
L’aviation ivoirienne a été anéantie par les Français dans les jours suivant l’attaque sur Bouaké, mais un autre plan était en préparation pour détruire cet arsenal depuis le Togo. Quelques mois avant le raid du 6 novembre 2004, le président Gnassingbé Eyadéma et l’un de ses fidèles généraux, avaient reçu à Lomé le colonel Bakayoko, le responsable militaire de la rébellion de Guillaume Soro, aujourd’hui chef d’état-major de l’armée ivoirienne. Bakayoko leur avait demandé de l’aide pour détruire la flotte d’hélicoptères ivoirienne, abritée sous les hangars du Groupement aérien de transport et de liaison (GATL), à Abidjan, afin d’empêcher une action contre les positions rebelles.
Pour accomplir cette mission, quatre Français vivant au Togo (un ancien saint-cyrien, un ex-gendarme du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale, le GIGN, un pilote et son assistant) furent approchés. Ils effectuèrent des repérages à Abidjan et envisagèrent d’utiliser un avion privé de type King-Air 90 pour cette attaque éclair. Son décollage était programmé à 12 heures pour arriver à destination après une heure cinquante. Il existait un plan B pour se débarrasser des hélicoptères ivoiriens. Et il passait par le Togo. Le vol – à l’heure où les militaires en faction ont l’habitude de faire la sieste, avait précisé Eyadéma en fin connaisseur des mœurs locales.
PAYABLE D’AVANCE.
Une fois la porte arrière de l’avion ouverte, un tireur d’élite devait réaliser un premier tir de RPG 7 sur les stocks de munitions suivi d’un deuxième pour détruire les hélicoptères d’attaque MI-24. L’opération au sol ne devait pas durer plus de cent quatre vingt secondes. Coût de l’opération payée par les rebelles; 2 millions de dollars (soit 1 milliard de Fcfa) pour les pilotes, deux autres ( 1 milliard) pour le tireur et son assistant, dont la moitié payable d’avance. Pour des raisons mystérieuses, l’opération a finalement été abandonnée.
Eyadéma n’avait jamais caché sa sympathie pour Guillaume Soro, dont la témérité lui rappelait sa jeunesse, mais aidait aussi Laurent Gbagbo à se réarmer. Il avait notamment permis au président ivoirien d’acquérir deux hélicoptères MI-24 et divers types de munitions entre le 29 octobre et le 12 décembre 2002 via la société Darkwood Ltd de Robert Montoya. Cet ancien du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), reconverti dans la vente d’armes et le gardiennage privé, avait ficelé le contrat avec Moïse Lida Kouassi, alors ministre ivoirien de la Défense.
Le choix de Jacques Chirac
COMMENT SORTIR DE L’IMPASSE :
Après les événements de novembre 2004. Dans une note datée du 3 décembre 2004, Michel de Bonnecorse, chef de la cellule africaine de l’Élysée, et le général Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major particulier du président, proposent trois scénarios à Jacques Chirac: le retrait du dispositif militaire Licorne; un deal avec Gbagbo pour le laisser remporter les élections; ou un renforcement de la présence onusienne pour imposer les accords de Linas-Marcoussis et d’Accra III. C’est la troisième option qui sera retenue par Chirac.
Après avoir obtenu le feu vert des États Unis, la France demandera le renforcement de la mission de l’ONU pour alléger le dispositif français à Abidjan et éviter un face-à-face avec les forces ivoiriennes. Pourtant, la relation franco-ivoirienne restera tendue jusqu’à la fin du mandat du président français, en 2007. « Depuis que Chirac n’est plus là, je dors mieux », confiera Gbagbo peu après l’élection de Nicolas Sarkozy. Lors de leur dernier entretien téléphonique, le 4 décembre 2010, Sarkozy suggéra pourtant à Gbagbo d’accepter le verdict des urnes afin de devenir « un héros de la démocratie ». Il lui proposa aussi de lui trouver une haute fonction dans une organisation internationale … avant de tout mettre en œuvre pour le faire partir.
Source: civox.net
L’armée française a été manipulée à Bouaké en 2004 (vidéo)
L'armée française a été manipulée à Bouaké en… by legrigriinternational














