2012-03-13 03:42:01 – THABO MBEKI : « Alassane Ouattara est un homme qui n’a ni foi en l’honneur ni parole d’honneur. Je serai toujours surpris de la distance qu’il est prêt à parcourir dans le seul but de contenter ceux qu’il y a seulement 50 ans mettaient son peuple dans les chaines de l’oppression.
Je me sens un peu responsable de la situation ivoirienne dans la mesure où c’est moi qui ai persuadé le Président Gbagbo à permettre à Ouattara d’être candidat. Je n’ai pas assez de mots pour vous dire le dégout que m’inspire cet homme. (AM : Cher Président, vous n’êtes pas le seul, chez Afrique-Monde il n’inspire que dégout et merde, au même titre que son mentor Paul Stéphane Nicolas de nagy bocsa sarkozy) Heureusement que la vie des hommes n’est qu’une petite étoile filante dans l’histoire du monde. La Cote d’Ivoire se retrouvera un jour. »
Par Amar toh Source : Ma Patrie – Carlson pour Afrique-Monde
Politique en Côte d'Ivoire: Un aperçu des enjeux actuels et des perspectives d'avenir
La Côte d'Ivoire, pays situé en Afrique de l'Ouest, est depuis longtemps un acteur clé de la politique régionale. Après des années de turbulence politique et de crises, le pays a progressivement renforcé ses institutions démocratiques et s'est engagé sur la voie du développement. Cet article explore les enjeux actuels de la politique en Côte d'Ivoire ainsi que les perspectives d'avenir pour le pays.
Stabilité politique et réconciliation nationale: Depuis la fin de la crise post-électorale de 2010-2011, la Côte d'Ivoire a réalisé des progrès significatifs en termes de stabilité politique et de réconciliation nationale. Le gouvernement ivoirien s'est engagé dans des réformes pour renforcer les institutions démocratiques et promouvoir la participation citoyenne. Des initiatives de réconciliation, telles que la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, ont contribué à apaiser les tensions et à favoriser l'unité nationale.
Économie et développement: La Côte d'Ivoire est l'une des économies les plus dynamiques de la région. Grâce à sa riche diversité économique, notamment dans les secteurs de l'agriculture, des mines et de l'industrie, le pays a attiré des investissements étrangers et connaît une croissance soutenue. La politique économique axée sur les réformes structurelles et l'amélioration du climat des affaires a permis à la Côte d'Ivoire de diversifier son économie et de stimuler la création d'emplois.
Défis et enjeux: Malgré les progrès réalisés, la politique en Côte d'Ivoire doit encore relever plusieurs défis. La consolidation de la démocratie et la garantie des droits de l'homme restent des priorités. Le pays doit également faire face à des questions telles que la corruption, l'inégalité socio-économique et l'accès limité aux services de base pour une partie de la population. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer l'État de droit et promouvoir la transparence dans la gouvernance.
Perspectives d'avenir: La Côte d'Ivoire a un potentiel énorme pour devenir un acteur majeur sur la scène régionale et internationale. Les réformes en cours dans les secteurs clés tels que l'éducation, la santé et l'infrastructure renforcent les fondations du pays pour une croissance durable. De plus, la Côte d'Ivoire joue un rôle actif dans les initiatives régionales et continentales, ce qui renforce sa position en tant que leader politique en Afrique de l'Ouest.
En conclusion, la politique en Côte d'Ivoire a connu des avancées significatives ces dernières années, marquées par la stabilité politique et les réformes démocratiques. Malgré les défis persistants, le pays continue de progresser vers un avenir prometteur. La Côte d'Ivoire a la possibilité de consolider sa démocratie, de promouvoir le développement économique inclusif et de jouer un rôle de de premier plan sur la scène régionale. En investissant dans les institutions, en luttant contre la corruption et en favorisant la réconciliation nationale, le pays peut renforcer son positionnement politique et attirer davantage d'investissements pour le bien-être de sa population.
Crise postélectorale ivoirienne : les propos troublants de l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU
Conséquence de son incompétence ou formidable aveu lâché sous le coup d’une argumentation passionnée ? En tout cas, Susan Rice, ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, en première ligne dans le dossier ivoirien, a prononcé des propos assez troublants sur la nature de la crise postélectorale ivoirienne. C’était le 8 mars dernier, à l’occasion d’une interview sur le plateau de la chaîne américaine MSNBC. Elle s’expliquait sur l’incapacité des Occidentaux à obtenir une résolution onusienne pour accentuer la pression sur la Syrie, ou plus clairement pour renverser Bachar El Assad. Critiquant vertement la position de Moscou et de Pékin, elle a dit : «La Russie et la Chine voient d’un mauvais œil la propension de plus en plus poussée de la Communauté internationale à intervenir dans les pays. La Russie plus particulièrement s’oppose à toutes démarches venant de l’extérieur tendant à orchestrer un changement de régime. Ils considèrent que c’est une immixtion dans les affaires intérieures de ces Etats. Et ils vont jusqu’à retourner en arrière en parlant même de la Côte d’Ivoire, alors que le cas de la Côte d’Ivoire est totalement différent. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, le peuple avait élu effectivement un Président mais l’ONU s’est impliquée et a vu que ces élections ne s’étaient pas passées dans des conditions convenables et que les votes étaient manipulés et donc a décidé de s’impliquer afin d’installer la personne appropriée. Et cela a été fait à l’aide de moyens militaires.»
Ces propos particulièrement ambigus peuvent laisser penser que Gbagbo a été élu et que l’ONU a contesté ces résultats pour installer Alassane Ouattara. Français et Américains ont pourtant affirmé pendant longtemps que c’est Gbagbo qui s’est opposé aux résultats des élections, et non l’ONU ! Visiblement, Susan Rice, qui passe du traitement d’un conflit à un autre, ne maîtrise pas bien les fiches que lui concoctent ses services. La confusion dans laquelle Susan Rice est plongée quand elle évoque le dossier ivoirien milite a posteriori en faveur du recomptage des voix par une Commission composée notamment des différents membres du Conseil de sécurité, Russie y compris. Ce recomptage aurait mis tout le monde d’accord.
De plus, les propos de l’ambassadrice américaine trahissent une réalité. Près d’un an après le renversement du président Laurent Gbagbo camouflée derrière une résolution 1975 violée sans scrupules par les Occidentaux, les Russes n’ont toujours pas digéré de s’être fait «avoir» sur le dossier ivoirien. Et continuent de reprocher très clairement à la France et aux Etats-Unis leur comportement. Pareil à propos de la Libye. C’est au nom de ces précédents fâcheux que Moscou ne veut plus faire le moindre compromis sur la Syrie, alors que les Occidentaux présentent leur résolution sur ce pays comme un simple texte de condamnation sans volonté d’intervention. Ne dit-on pas que chat échaudé craint l’eau froide ?
Philippe Brou
Dans la Côte d’Ivoire « restaurée », Un deuil national de « purification » annoncé pour le 17 mars
Nous savons ce qu’est un deuil, ce qu’est marquer le deuil ; nous savons aussi ,spirituellement, ce que signifie la purification, mais dans le jargon pseudo religieux du nouveau gouvernement qui veut instaurer un deuil national de purification le 17 mars prochain, on découvre une spiritualité de ténèbres, une spiritualité de vaudou, toute imprégnée de magie, à laquelle manque l’essentiel : en effet, comment passer directement au stade de la purification, si on n’a pas constaté que l’on est sale, que l’on est coupable ? Pourquoi se laver quand on n’est pas sale ?ou alors est-ce encore toujours le même discours, celui du gouvernement, blanc comme neige, propre et pur, qui n’a pas besoin de purification ; et c’est donc lui qui va, encore et encore, demander un Nième mea coulpa aux sympathisants du Président Gbagbo, en leur imposant de reconnaitre des fautes imputables aux seuls rebelles et associés… Enfin cette commission réconciliation et vérité, que fait elle ? Très concrètement on nous parle d’échéances, fin juillet, fin aôut, dernier trimestre ; c’est ce moquer des ivoiriens ! J’imagine que le Président Banny, même s’il a la volonté d’orienter positivement sa commission, manque totalement de moyens, et ne rencontre personne, dans son camp, prêt à dire, « nous avons fauté gravement, nous avons du sang plein les mains, nous avons renversé l’état et nous sommes en pleine illégitimité ! »
Rappelons encore, que cette date s’inscrit presque jour pour jour, un an après le grand rassemblement des 15-16 mars 2011,qui a mobilisé 2 millions de personnes à Abidjan, à l’appel de la Galaxie patriotique et de son Leader, Charles Blé Goudé .J’ai pu suivre tous les discours, toutes les interventions,car en Israël, la RTI n’était pas censurée comme en France.Je me souviens du discours impressionnant de cet imam dont je ne connais pas le nom, citant les Écritures, et qui a dit sept fois, « Écoute Côte d’Ivoire, notre Seigneur est Un ! » et trois fois « Le peuple périt, faute de connaissance ! »
Enfin, cette année la portion d’Ecritures pour le Shabbat du 17 mars est justement la parachah de la « vache rousse », (Nombres 19 1 –22, avec en parallèle, Ézéchiel 36 16-36 ), la purification, quand il y a eu contact avec un mort ! Étrange coïncidence encore !, Mais voilà, les milieux maçonniques jouent et surfent sur les évènements, empruntant ce qu’ils veulent, rejetant ce qui ne leur convient pas, embrouillant tout le monde …mais D.ieu saura en son temps les rétribuer comme il convient ! Et honorer le petit peuple qui est resté fidèle, n’en doutons pas ! Pâque est proche : Les esclaves seront libérés et le Préfet-Pharaon et ses cavaliers s’embourberont fatalement et définitivement !
Shlomit Abel, ce 8 mars 2012
Recrudescence des dérives des Frci : La hiérarchie militaire en difficulté
Le chef d’état-major général des Forces républicaines de Côte d’Ivoire ( Frci), Soumaïla Bakayoko, a perdu son équilibre dans son fauteuil, face à la montée en puissance de la délinquance militaire depuis quelques jours. Il ne se passe plus de jours sans qu’une bavure, voire une tuerie plus ou moins gratuite dans laquelle est impliquée un ou plusieurs éléments des Frci ne soit enregistrée. Le jeudi 1er mars 2012, des supplétifs des Frci se sont encore tristement illustrés, tuant 3 personnes, notamment, à Séguéla et à Abobo, dans une commune d’Abidjan. Dans le dernier cas, il s’est agi d’une tentative de racket qui a mal tourné. Les populations écœurées s’en sont pris, avec une violence inouïe, à la caserne des Frci qu’elles ont saccagée. Quatre mois après les tueries de Vavoua, qui avaient amené le chef de l’Etat, Alassane Ouattara à prendre des mesures d’urgence, avec, en point de mire, la mise sur pied d’une police militaire, la situation n’a guère évolué dans le sens de l’amélioration. Bien au contraire, les choses vont de mal en pis. Aujourd’hui, le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, chef suprême des armées et sa hiérarchie militaire sont une situation bien pénible. Le président de la République, transit de colère face aux dérives et exactions des Frci, avait convoqué une réunion d’urgence à l’issue de laquelle des chefs militaires devraient immédiatement retourner dans leurs bases d’origine pour procéder à l’encadrement et au désarmement de leurs éléments, avant d’éventuels regroupements. Il avait élégamment décidé de la création d’une Police militaire pour procéder sous 48 heures à l’inspection et à la traque dans les rues d’éléments incontrôlés et de tous véhicules et motos estampillés Frci inconnus dans les fichiers du parc automobile de l’Armée afin que ces voitures et motos ne circulent plus». Selon le ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, le président de la République avait exigé «la tolérance zéro» en matière d’inconduite vis-à-vis de la discipline militaire. Le chef de l’Etat, avait, par ailleurs, enjoint tous les chefs militaires et les différents ministres en charge de la défense et de la sécurité, de prendre toutes leurs responsabilités «afin que de tels actes ne se reproduisent plus». Ces mesures prises sur le vif, suite aux tueries de Vavoua, les 17 et 18 décembre 2012, au cours desquelles 5 personnes avaient trouver la mort, se révèlent aujourd’hui, comme de simples placebos. De fait, la tolérance « zéro » a fait place une « licence » de la délinquance militaire. Les faits d’Arrah, où il y a eu des morts sont là pour mettre en difficulté la hiérarchie militaire qui a de plus en plus du mal à faire respecter l’ordonnance du chef de l’Etat. Le regroupement sur des sites d’accueil a donné lieu, ces derniers jours, à une crise larvée entre les chefs d’unité. Ainsi, a-t-on frôlé un affrontement, en début de semaine à Yopougon Km 17. Avant-hier, jeudi à Abengourou, un gang appartenant à un élément des Frci a été démantelé. Le phénomène des coupeurs de routes a repris de plus bel, avec un réseau bien armé des éléments des Frci. S’il est vrai que quelquefois des accusations injustes ou infondées circulent sur le compte des Frci, il reste que 90% des faits portés à leurs charges sont vrais. Une situation qui met Alassane Ouattara dans une posture embarrassante et qui lui donne du tournis. La Côte d’Ivoire, après la crise post-électorale, connaît une autre tragédie, qui se nomme « Frci ». Comment mettre un holà à cette délinquance militaire ? Devant la faillite de la hiérarchie à mettre de l’ordre dans les rangs des éléments des Frci, va-t-il, comme il l’a promis « mettre de l’ordre au niveau de la hiérarchie militaire » ? D’ailleurs le rapport N°83 de l’organisation non gouvernementale International Crisis Group (ICG), publié la veille des tueries de Vavoua le 16 décembre 2011, dépeint cette triste réalité : «Les principales menaces sécuritaires qui pèsent sur le régime actuel ne proviennent plus des pro-Gbagbo, qui ne disposent pas des moyens militaires nécessaires à un coup de force, mais de l’appareil de sécurité issu du conflit postélectoral. Le président n’a qu’un très faible contrôle sur une armée dont il est formellement le chef suprême. (…) L’état actuel de l’appareil de défense et de sécurité implique, pour son régime et pour le pays, une série de menaces à court terme mais aussi à moyen terme ». Ce rapport ajoutait : « La hiérarchie militaire n’est pas toujours respectée au sein d’un appareil de sécurité qui est traversé par plusieurs chaînes de commandement ». Le chef de l’Etat devrait prendre le taureau par les cornes pour mettre au pas toutes ces brebis galeuses qui ternissent l’image de la grande muette.
Armand B. DEPEYLA
Bédié a accepté de ne pas être présent au 2ème tour – LES PROPOS REVELATEURS DU DIPLOMATE FRANÇAIS
L’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Son Excellence Jean-Marc Simon a été reçu le jeudi 1er mars 2012, en audience par le Président du PDCI, Henri Konan Bédié. «Je viens d’etre reçu par Son Excellence M. Henri Konan Bédié, le président du PDCI-RDA. C’est une audience de congé, de départ. Je tenais naturellement, avant de quitter mes fonctions et ce pays, à venir saluer l’ancien chef d’Etat, le président du PDCI. Qui a joué un rôle si important dans toute la crise qu’a connue la Côte d’Ivoire, aussi bien pendant la crise préélectorale que la crise postélectorale. Nous avons tous beaucoup apprécié son attitude tout à fait digne des loges démocratiques après le 1er tour où il a accepté de ne pas être présent au 2ème tour et apporter un soutien sans faille à celui que les Ivoiriens ont ensuite désigné, le président Alassane Ouattara. Cette attitude a parfaitement fonctionné et je crois qu’il n’y avait pas d’issue possible pour cette crise(…) », a-t-il déclaré. Poursuivant, il a relaté les moments «difficiles et dangereux »passés par le Président du présidium du RHDP (Rassemblement Démocratique des Houphouétistes pour la paix) au Golf hôtel en compagnie des autres membres du RHDP. Quant aux chantiers en cours pour ramener définitivement la paix en Côte d’Ivoire, le diplomate français estime que « la réconciliation est déjà de fait dans les esprits » car depuis la fin de la crise, beaucoup de progrès ont été réalisés. « Il faut que la justice passe, qu’il y ait repentance de la part de tous ceux qui ont eu une conduite répréhensible durant la crise puis viendra le pardon et la réconciliation définitive », a t-il souligné. Jean-Marc Simon, qui part « avec le sentiment du devoir accompli et beaucoup d’émotions de quitter ce pays (NDLR Côte d’Ivoire) », a avoué qu’il pourrait revenir en Côte d’Ivoire. Car, croit-il, on finit toujours par revenir en Côte d’Ivoire. Avant son départ pour la France, le président de la République, Alassane Ouattara, lui a offert un dîner au palais présidentiel, au cours duquel il a été fait commandeur dans l’ordre du mérite
K .Hyacinthe (In L’intelligent du 02 Mars 2012)
La CPI expose au grand jour les insuffisances de l’Avocat de Gbagbo
CPI/ 2eme demande d’aide judiciaire de Gbagbo :
-La CPI déshabille son avocat et lui dit niet !
-Les compétences juridiques de Me Altit mises en cause !
-Un simple Greffier renvoie l’avocat de Gbagbo à ses cours de droit.
« Vu l’absence d’une décision du Greffier portant sur une demande de moyens financiers supplémentaires par M. Gbagbo, la juge unique considère que la Chambre n’est pas compétente pour décider sur le fond de la requête présentée par la Défense concernant l’étendue de l’aide judiciaire…Déclare la requête de la Défense irrecevable en ce qui concerne l’étendue de l’aide judiciaire…Ordonne à la Défense de présenter au préalable au Greffier toute requête concernant l’étendue de l’aide judiciaire, ainsi que toute requête relative aux bureaux, au service de communication sécurisé et au matériel informatique fournis à l’équipe de défense par le Greffe…» a décidé, le 27 janvier 2012, Mme Silvia Fernandez de Gurmendi, juge unique de la Chambre préliminaire III de la Cour pénale internationale, en charge du jugement de l’affaire « Le procureur contre Laurent Gbagbo » à la CPI, suite à une deuxième demande d’aide judiciaire en date du 13 janvier 2012 motivée par la Défense de Gbagbo et directement adressée à la Chambre préliminaire III.
Mais avant de nous étaler sur les dessous d’une telle décision de la CPI, il nous apparait important d’en situer le contexte pour une meilleure compréhension.
Arrivé à la Haye le 30 Novembre 2011, le président Gbagbo est présenté en audience de comparution initiale le 5 décembre de la même année devant les juges de la CPI. Le lendemain, son avocat principal, Me Emmanuel Altit transmet une demande d’aide judiciaire auprès du bureau du Greffe de la CPI. Cette dernière sera relancée le 13 décembre 2011 puis appuyée par les juges lors de la toute première audience de mise en état, le 15 décembre 2011 demandant au Greffe « de prendre une décision aussi vite que possible et d’informer la Chambre dans deux semaines ». Le 28 décembre 2011, le Greffe décidait que « M. Gbagbo est considéré éligible au titre de l’aide judiciaire totale à titre provisoire à compter de la notification de la présente décision (…) Les dépenses engagées pour la défense du Demandeur à compter du 6 décembre 2011 seront prises par le système d’aide judiciaire de la Cour en vigueur » ;
Aussi poursuit la décision du bureau du Greffe à l’époque : « Cette aide recouvre :
-les honoraires du conseil principal, ceux d’un assistant juridique et ceux d’un gestionnaire de dossier ;
-Une somme forfaitaire de 76 000 euros destinée à payer et défrayer les enquêteurs et les différents experts pendant toute la durée du procès ;
-Un montant forfaitaire de 4000 euros mensuels destiné à rembourser les frais exposés par les membres de l’équipe de défense, y compris les DSA (per diem) ».
Me Altit dit oui et non à la fois !
Cinq semaines après (6 décembre 2011-13janvier 2012), alors qu’il se garde de déclarer ses honoraires ainsi que ceux de son équipe, aussi, alors qu’aucun bilan financier concernant les dépenses déjà effectuées sur cette certes courte période malgré la disponibilité de ce premier fonds, n’est disponible, Me Emmanuel Altit revient à la charge sur le fallacieux prétexte qu’il existe au regard de ce premier fonds, « une disproportion flagrante entre les moyens alloués à son équipe et ceux dont disposent l’équipe du procureur ». Tout en fustigeant la décision du Greffe de ne pas prendre en compte l’étendue de l’aide du 30 novembre au 28 décembre 2011.
Voici les arguments de Me Altit pour avoir plus et plus d’argent !
Pour lui, en demandant une aide supplémentaire, « il s’agit pour la cour de faire respecter à la phase pré juridictionnelle comme à la phase juridictionnelle, le principe de l’égalité des armes ». Car rappelle-t-il « s’il n’y a pas égalité des armes au début du processus, c’est alors l’ensemble de la procédure qui sera déséquilibrée de ses débuts jusqu’à la fin ».
Autrement dit, selon l’avocat du président Gbagbo « il ne peut y avoir de procès équitable si l’égalité des armes n’est pas assurée à tout moment ». C’est pour ces motifs évoqués ci-dessus qu’il demande mais une fois encore maladroitement à la Chambre préliminaire III, le 13 janvier 2012 :
« –D’ordonner au Greffe d’attribuer à la Défense du président Gbagbo au titre de l’aide judiciaire une somme forfaitaire comprenant les honoraires mensuels d’un Conseil principal, d’un Conseil associé, de trois assistants juridiques et d’un gestionnaire de dossier ;
–D’ordonner si les frais induits par ce dossier devraient être imputés sur le budget de 4000 euros par mois, au Greffe d’attribuer à la Défense du président Gbagbo au titre de l’aide judiciaire une somme mensuelle de 6000 euros couvrant les frais à rembourser hors DSA, y compris le remboursement de matériel informatique ou de télécommunication ;
–D’ordonner au Greffe d’attribuer à la Défense du président Gbagbo au titre de l’aide judiciaire une somme forfaitaire correspondant aux DSA (per diem) de chacun des membres de l’équipe si besoin était ;
–D’ordonner au Greffe d’attribuer à la Défense du président Gbagbo au titre de l’aide judiciaire l’allocation d’une somme couvrant le coût de deux enquêteurs jusqu’à la fin de l’audience de confirmation des charges, le 28 juin 2012 sous réserve d’un éventuel report : soit la somme de 290 000 euros, étant rappelé que ce budget ne couvre même pas la prise en charge (honoraires et frais) d’experts ou de personnes ressources. Somme à laquelle il convient d’ajouter les DSA destinées au Conseil principal affectées à la procédure des enquêtes soit la somme de 8000 euros (un séjour de deux semaines sur place une fois tous les deux mois) ;
–D’ordonner au Greffe d’attribuer l’aide judiciaire à partir du 30 novembre 2011 ;
–D’ordonner la mise à disposition d’un second bureau attenant équipé d’un coffre-fort ;
–D’ordonner la mise à disposition d’un service de communication sécurisé ;
–D’ordonner au Greffe d’attribuer à la Défense du président Gbagbo au titre de l’aide judiciaire la somme mensuelle de 8000 euros couvrant les frais de traduction ;
–D’ordonner au Greffe d’attribuer à la Défense un montant forfaitaire de 7000 euros permettant d’acheter quatre ordinateurs portables et matériels afférents (logiciels ect) ».
Après la réception de la demande de Me Altit par la Chambre préliminaire III le 13 janvier 2012, cette dernière en respectant la procédure de la CPI en matière de transmission des dossiers, va la renvoyer au bureau du Greffe le 16 janvier 2012 comme le dit les textes de la Cour avec un courriel adressé par lequel la Juge unique (Silvia Fernandez de Gurmendi) demandera au Greffe de « soumettre ses observations à la requête de Me Altit au plus tard le jeudi 19 janvier 2012. »
Le Greffe déshabille Me Emmanuel Altit
Sur la recevabilité de cette deuxième requête de Me Altit, le Greffier notera dans ses observations d’emblée que la requête a été introduite auprès de la Chambre par le Conseil de la défense qui a omis de préciser la base juridique de cette saisine. Ensuite, le Greffier rappellera à Me Altit qu’il a rendu le 28 décembre 2011 sa décision sur l’aide judiciaire aux frais de la Cour déposée par M. Laurent Gbagbo par laquelle il accorde provisoirement l’aide judiciaire totale durant la phase préliminaire, en attendant les conclusions de l’enquête sur ses biens et avoirs. En vertu de cette décision, poursuit le Greffier dans sa note d’observation en date du 19 janvier 2012 « l’équipe de la défense s’est vue allouer en conséquence toutes les ressources prévues par le système d’aide judiciaire de la Cour à toutes les équipes de Défense des personnes indigentes intervenant dans les procédures devant la Cour, telles que prévues dans l’ensemble des documents définissant le cadre dudit système. » Et d’ajouter : « C’est pourquoi, en dépit de l’absence de spécification relativement à sa base juridique, la requête sur le champ de l’aide judiciaire formulée par la Défense doit être considérée, aux vues de son contenu, comme une demande de moyens financiers supplémentaires en vertu de la norme 83-4 du Règlement de la Cour. La norme 83-3 du Règlement de la Cour prévoit que la personne qui bénéficie de l’aide judiciaire aux frais de la Cour peut présenter une demande au Greffier en vue d’obtenir des moyens financiers supplémentaires. Or, en l’espèce, le Conseil de la Défense a directement déposé sa requête sur le champ de l’aide judiciaire devant la Chambre et s’est abstenu de la présenter préalablement au Greffier aux fins qu’une décision approuvée soit rendue ».
Et de conclure sur rien que « la forme » de la demande de l’avocat de Gbagbo : « Agissant de la sorte, le conseil de la défense a manifestement agi en violation de la procédure clairement à la norme 83-3 sus indiquée et de ce fait, la requête doit être déclarée irrecevable et rejetée dans sa totalité ».
Après la forme, le Greffier attaque le fond.
Sur le « fond » la copie du deuxième devoir de Me Altit souffrira également de graves insuffisances.
D’abord au niveau des considérations préliminaires sur le système l’aide judiciaire aux frais de la Cour. Pour le Greffe, les ressources allouées à l’équipe de la Défense à ce stade en vertu de sa décision du 285 décembre 2011, sont prévues comme telles par le programme d’assistance judiciaire de la Cour adopté par les Etats Parties de la Cour, et qui est régi par le principe du procès équitable. « Les textes pertinents de la Cour présentent suffisamment de garanties pour permettre, sur la base d’éléments objectifs, d’ajuster les ressources allouées aux équipes en fonction de la nature de l’affaire » précise, le Greffier.
Concernant les considérations liées aux ressources à la disposition de l’équipe de la Défense, défendues par Me Altit sur la base de la complexité de l’affaire « le Procureur contre Laurent Gbagbo », le Greffier révèle que « le fait d’alléguer de nombreuses et diverses questions à débattre durant la phase préliminaire ne démontre pas non plus le caractère justifié des ressources complémentaires demandées, dès lors que toutes les affaires déférées devant une juridiction internationale, y compris tous les cas traités par la Cour, sont par principe complexes. Cette complexité s’explique notamment par la nature des crimes en cause, l’implication des victimes dans la procédure, les considérations liées aux enquêtes sur le terrain, les divers aspects de la coopération, ect. C’est dans ce sens d’ailleurs que cette complexité intrinsèque aux affaires traitées par la Cour a été l’un des facteurs essentiels dûment pris en compte dans la détermination des ressources importantes allouées aux équipes en vertu du système d’aide judiciaire de la Cour. »
Sur les enquêtes et les arguments relatifs à la procédure de récolement et qui motive la Défense à demander une allocation d’un montant de 290 000 euros, soit environ 4 fois le montant prévu dans le système d’aide judiciaire, le Greffe rappelle « qu’il appartient à chaque conseil de gérer les ressources affectées à la représentation légale de son client d’une façon propre à assurer la défense adéquate de celui-ci devant la Cour, y compris du point de vue des enquêtes …Aussi, les dépenses : billet d’avion, documentation requise si cela est justifiée, frais de déplacement et de guide sur le terrain lorsque les coûts afférents sont raisonnables, invoquées par le Conseil étant, pour l’essentiel, inhérentes à la nature de toute enquête concernant les procédures judiciaires devant une juridiction pénale internationale, le budget des enquêtes prévu dans le système d’aide judiciaire est défini sur la base de cette réalité.»
Sur la période couverte par l’aide judiciaire, le Greffier soutien que la lecture de la norme 123-3 du Règlement du Greffe faite par le Conseil de la Défense est erronée. « Cette norme ne fait aucune mention d’un droit à l’aide judiciaire dès le transfert de la personne concernée ni n’en consacre même un principe allant dans le sens prétendument avancé. Le droit à l’octroi de l’aide judiciaire à titre temporaire, dans l’attente de l’examen de la demande, ne saurait être reconnu qu’à compter du dépôt de la demande d’aide judiciaire.»
Concernant les bureaux, le système de communication, le matériel informatique et les frais de traduction, le Greffier note d’emblée qu’il n’existe pas dans les textes de la Cour de disposition consacrant un droit aux équipes de la Défense de se voir attribuer d’office un bureau au sein de la Cour. « L’attribution de bureau à la Cour n’est pas un droit mais un plus qu’il faut nécessairement considérer à la lumière de la disponibilité de bureaux ».
Enfin, les arguments de Me Altit relatifs à la nécessité de faire preuve de diligence et d’agir de façon opérationnelle ne remettront pas en cause la conclusion du Greffier sur le point examiné. Au contraire, note le Greffier « elle la conforte dès lors que la diligence et l’efficience sont des qualités nécessaires attendues en tout temps de tout Conseil intervenant devant la Cour pénale internationale, et de surcroit remplissant les critères de qualification hautement élevées prévues à la norme 67 du Règlement de la Cour et la Règle 22 du Règlement de la procédure et de preuve ».
La CPI expose au grand jour les insuffisances de Me Altit
Malgré la réplique de l’avocat du président Gbagbo en date du 24 janvier 2012 dans laquelle, après avoir fait à son tour des observations sur l’irrecevabilité de sa demande soumise à la Chambre par le Greffe, il demandait le rejet de la requête du Greffe qui cette fois-ci visait à rendre publique la présente procédure, la CPI a ordonné le 27 janvier 2012 à la Défense de présenter, au plus tard le mercredi 1er février 2012 à 16heures, une version publique expurgée de sa requête et de ses observations ; et au Greffier de présenter, au plus tard le vendredi 3 février 2012 à 16heures, une version publique expurgée de ses observations prenant en compte les expurgations effectuées dans les documents de la Défense.»
Questions : Me Emmanuel Altit connait-il les procédures de la CPI ? Est-il compétent pour défendre un si complexe dossier, qui a à la fois un caractère politique mais aussi juridique ? Les avocats ivoiriens, la famille biologique du président Gbagbo, le FPI, la galaxie patriotique et le président Laurent Gbagbo lui-même sont avertis. Sinon vous avez dit audience de confirmation des charges le 28 juin 2012 ? Mieux vaut tard que jamais dirait l’autre.
PK/ Eventnews.fr














